‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 367 sur 764 · Mir.NK, t. CXXVI, c-oll. 17G cl · texte numérisé non relu

Mir.NK, t. CXXVI, c-oll. 17G cl

2. Une Icllre du i3 juillet 871 (.1. K. 3(j/|0, Mionk, t. CXXII, col. i3o5) i-ontient encore d'anicrs re|>roc)u's à l'adresse de Cliarles, pour la fac^on inlmniaine dont il traite son fils (jarloinaii ; Adrien lui rappelle en outre ([u'il d(-lietil injustement le l)i<Mi d'aulrui. Mais une lettre de la fin de 871 est déjà d'un style plus doux (J. E. uy4(>, AIki.nk, coll. 131.')i3i7); el une dernière, écrite en 872, contient, outre de (jrandes louanijes pour le roi de F'rance, la promesse de lui donner la couronne inipériale à la mort de Louis II (.1. K. iiyîji, I\Ii(;nk, coll. i3i8-i3y(>).

GÉRARD REFUSE DE RECONNAITRE CHARLES LE CHAUVE. 3q3

le traité de Meerssen'. On trouve même à ce concile Bernier, évêque de Grenoble, dont la ville épiscopale appartenait à Louis II depuis 803*. Adon et Reml ont en outre signé la lettre qu'Hincmar écrivit à Louis le Germanique en faveur de Bertulf 3. On ne s'étonnera pas de voir Adon rallié à Charles le Chauve, avec lequel il entretenait peut-être des intelligences du vivant de Lothaire ; dans sa chronique, il accable le i*oi de France d'éloges souvent très peu mérités.

Quant aux chartes rendues en Provence, elles ne nous donnent que des renseignements contradictoires. Quelques-unes sont datées de la première année après la mort de Lothaire. C'est le cas de deux actes concernant l'abbaye française de Cluny. Dans l'un, qui est du 6 mars 870, il s'agit d'une vente de biens situés à Royer, dans \e pagiis Cabilonensis, par conséquent dans le royaume de Charles le Chauve, mais il est daté de Bruailles, qui faisait partie du royaume de Lothaire, peut-être du pagiis Lugdunensis^. Le second est une donation à Cluny faite un mardi d'avril, à Vienne même, dans un plaid que présidait le comte Gérard5. Cette charte, qui n'est pas datée de la première année du règne de Louis II dans le royaume de son frère, constitue le plus sérieux argument en faveur de l'opinion qui veut que Gérard ait songé alors a se rendre indépendant^. Mais il ne suffît pas à nous convaincre. Pourquoi Gérard, qui n'avait pas de fils, aurait-il cherché à se créer un royaume ? Pouvait-il espérer avec ses seules forces tenir tête k Charles le Chauve ou à Louis II ? Evidemment non, il devait s'appuyer sur l'un des deux princes, et le reconnaître comme roi, pour être en mesure de s'opposer à l'autre. Remarquons enfin qu'après sa défaite il se retira dans les États de Louis II. On objectera peut-être que l'empereur ne l'a pas soutenu, mais le siège de Bari absorbait aloi's Louis II, et ne lui permettait ni de revendiquer luimême ses droits sur la succession de son frère, ni de soutenir ses partisans.

D'autre part, nous avons une charte rendue dans un synode tenu à Vienne par l'archevêque Adon en faveur de l'abbaye de Saint-Claude, et qui est ainsi datée : « Actum Vieunte publiée mense aprilis, episcopatus domni Adonis anno X, indictione III 7. » L'acte est d'avril 870. Quoique

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