‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 366 sur 764 · MiGNE, t. CXXVI, col · texte numérisé non relu

MiGNE, t. CXXVI, col

3. MiGNE, t. CXXVI, col. 181, dans une lettre écrite au pape Adrien en 871, Charles le Chauve déclare : « Reges Francorum ex regio génère nati, non episcoporum vice domini sed terrae domini hactenus fuimus computati. » C'est Hincmar, sans aucun doute, qui a tenu la plume. (Delalande, Concilioriim antiqiiorum Gallise siipplementa, p. 266, col. 2.)

l\. Hincmar rapporte d'abord des propos que lui ont tenus, à Reims, des clercs et Jes laies, « ecclesiastici et saecularis ordinis viri » (Migne, ibld., col. 179); mais un peu plus loin, ce sont d'autres interlocuteurs qui entrent en scène : « ut quidam dicunt, — dicitur a quibusdam ». Et ce qui prouve bien que ce sont des laies, c'est la réponse qu'ils font à Hincmar, qui leur parlait du droit que possèdent le pape et les évêques de lier et de délier : « El vos ergo solis orationibus veslrls regnum contra Normannos et alios impotentes defendite, et nostram dcfensionem nolite quserere. » Des hommes d'église n'auraient pas tenu ce langage. Il est vrai que c'est peut-être une habileté d'Hincmar, qui tenait à ce que le pape ne découvrît pas la supercherie dont il se rendait coupable en faisant parler des interlocuteurs imaginaires.

3()i LA LOURAI.NE PARTAOKK ENTUK l.V FRANCE ET l'aLLEMAG.NE (8G9-879).

preiulre pour roi un lioiiuiic cin»al)le de le protéfjer contre les attaques des Normands' ; toutefois, le principe de l'élection n'est pas opposé k celui de l'hérédité pour la transmission du pouvoir royal, et Hincmar ou ceux (pi'il met en sctne ne disent nullement (pi'im peuple soit dans tous les cas autorisé à choisir son souverain ni (pi'il puisse le prendre en dehors de la famille carolingienne.

Les lettres de (Charles le (Chauve et d'Hincmar [)roduisirent certainement une grande impression sur le pape et sur l'empereur. Adrien ne mit pas h. exécution ses menaces, et Louis II ne quitta pas l'Italie pour aller disputer la Lorraine h ses oncles. Il avait fini par connaître le traité de Meerssen : du moment que Louis le Germanique s'était entendu avec Charles le Chauve pour le partage de la Lorraine, quelle espérance l'empereur pouvait-il conserver ? Il lui fallait, semble-t-il, renoncer au royaume de son frère, et la résignation devait lui tUre d'autant plus facile qu'il n'avait point de fils, et que ses Etats étaient destinés à tomber un jour entre les mains de ses oncles ou de leurs enfants. Pourtant, Louis n'altandonna pas ses prétentions, et nous le verrons en 872 revenir à la charge. En attendant, il avait subi un grave échec moral.

Mais la papauté était encore plus atteinte dans son prestige. xVdrien avait donné des ordres ; on ne les avait pas écoulés. Il avait proféré des menaces, mais c'étaient là de vaines paroles, qu'aucun effet n'avait suivies. Il n'en allait pas ainsi sous le pontificat de Nicolas, qui savait, lui, contraindre les récalcitrants à l'obéissance. La royauté prenait sur Adrien sa revanche des humiliations qu'elle avait subies du fait de Nicolas, et la papauté perdait une partie du terrain qu'elle avait gagné quelques années auparavant. Charles le Chauve et Hincmar sortaient triomphants île leur conllit avec le Souverain Pontife. Celui-ci pourtant ne leur en garda pas rancune, et plus tard même il se rapprocha du roi de France^.

Louis le Germaaicpie avait reconnu k son frère une moitié de la Lorraine. Mais, tandis que lui-même occupa sans résistance les contrées que lui avait assignées le traité de Meerssen, Charles fut contraint de recourir à la force pour se mettre en possession de la Provence. Dans ce pays, après la mort de Lothaire, on s'était partagé entre Charles le Chauve et Louis II. Si Gérard semble s'être déclaré pour ce dernier qui, ne l'oublions pas, était son cousin, par contre, les archevêques de Lyon et de Vienne s'étaient prononcés en faveur du roi de France, comme le prouve leur présence au concile tenu à Attigny le 20 juin 870, par suite, avant

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