‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 369 sur 764 · D'AcHERY, Spicilegiuni, t. III, p. 36o · texte numérisé non relu

D'AcHERY, Spicilegiuni, t. III, p. 36o

3()4 LA LOUUAI.NE I'AUTAGÉE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (869-879).

Adon se fût rallié h Charles le (Chauve, il n'avait pas voulu ou pas osé, par crainte de Gérard, dater la charte des années de règne de Charles le Chauve.

On trouve au contraire celles-ci à la lin d'une charte de Clunj ; c'est une précaire en faveur de Warnel'rid et d'Erlulf pour des terres situées dans \e par/us ]'fennensis, ([ui est rendue « die mercori mense novend)ri, anno 1° re(|nante donujo nostro Karolo rejje post nepoti suo Lotario régnante ' ». Elle serait (hnic de novembre HOg. En voici une pour Saint-Maurice de VieniH> ([ui [)arait être de mars 870 ; le chorév(?que Constance fait à la cathédrale de cette ville une donation ([u'il ^date : « nonas Kal. marcii, anno 1° régnante doniiio nostio Karolo in rcgnuin condam nepotis sui^».

On le voit, en Provence et dans le Viennois même, les uns reconnai.ssaient le roi de France, les autres, à la tète des({uels se plaçait le comte Gérard, refusaient de se soumettre à son autorité. Charles le Chauve entendait mettre fin à cette résistance le plus tôt possible. Les négociations avec son frère et la visite des légats l'avaient occupé jusqu'alors. Une fois les représentants du pape et de l'empereur congédiés et ses propres ambassadeurs partis pour l'Italie, le roi, malgré la saison déjà un peu avancée, se dirigea vers la Provence. Son fils Carloman l'accompagnait. Ce prince turbulent, entré bien malgré lui dans le clergé, et constamment en état de révolte contre son père, avait été quelque temps interné à Senlis. Charles, alors qu'il était à Saint-Denis, lui avait rendu la liberté, mais en lui enjoignant de le suivre. Cette demi-captivité pesait à Carloman, qui, arrivé à Lyon, trouva le moyen de s'échapper et de gagner la Belgique, qu'il mit ;i feu et à sang 3.

La fuite de son fils n'empêcha pas le roi de poursuivre sa route ; il arriva sous les murs de Vienne dans le courant de novembre, certainement avant le 24 de ce mois 4. Gérard, laissant à sa femme Berthe le soin de défendre la ville, s'était retiré dans une autre forteresse. Vienne était une place presque imprenable et Charles vit bien qu'il lui serait très difficile de s'en emparer. Il noua des intrigues avec les habitants, et par ses promesses il finit })ar les gagner en majorité. Peut-être l'archevêque Adon, s'il se trouvait dans la ville, travailla-t-il en faveur du roi de France. Les dispositions des Vieimois inquiétèrent Berthe, qui se décida à faire connaître la situation ii son mari. Gérard, comprenant que la résistance devenait impossible, se rendit auprès de Charles le Chauve

Page 1