BnuEi., l. I
•j. Ui.YSSK CiiEv.vi.iEH, ( !iirlu/(iiri's (Imiphiiiois, t. I, a[)[ifiulic(" 1, 11" (V, et appciulire 11, a" loO'. On trouve dans le carlnlaire de Saint- .Maurice, imnu'diateinent après la donation de Constance, une charte du prêtre Bertrand ainsi datée : « XIII kal. aprilis anno (iuO(iue |lacune] succedente dotnno noslro Karolo in re(|nuni (inondani nepotis sui Lolharii. » (lli.YssK Cni:v.\LiKi«, ihiil., app. 1, n» 7', et app. Il, 11" 107'). Gel acte est peut-être de 870, comme le suppose l'abbé Chkv.vi.ikii.
.3. Ann. lierl. 870, pp. \il\-\\ït\ et'. Fi.ddoahh, //. H. h'., Ii\ . III, cli. 18, ('-d. Lkjkunk, t. Il, p. 17;}.
/(. La pri''si'M((' (lu i\\\ scuis les murs de VIciuk' à celte date est attestt-e par un iliplome piiiir le prieur- de (IduiIcI (dodil) [I!. ii7i|.
GÉRARD REND VIENNE, QUE CHARLES DONNE A BOSON C870). SqS
et se soumit à lui. Sur son ordre, Berthe ouvrit les portes de Vienne au roi de France, qui y fît son entrée le 24 décembre 870 et y célébra la fête de Noël. Les autres forteresses que détenait le comte furent remises aux délégués de Charles, qui avait pris au préalable la précaution de se faire livrer des otages par Gérard. Celui-ci, une fois cette garantie de sa bonne foi donnée à son vainqueur, fut libre de partir avec sa femme et tout ce qu'il possédait en biens meubles ; il en chargea trois bateaux avec lesquels il descendit le Rhône ^ C'est très probablement dans le sud de la Provence, peut-être en Avignon, ville soumise à Louis II, qu'il se retira ; il y serait mort le 4 ou le 5 mars de l'année 877, quelques années après sa femme ^.
La légende devait s'emparer de Gérard et lui attribuer des exploits qu'il n'avait jamais accomplis. Le rôle qu'il a joué dans l'histoire n'a ni l'importance, ni l'éclat que lui donnent les chansons de gestes, mais il n'en est pas moins très honorable. Courageux et fidèle, Gérard a servi Lothaire P'' et ses trois fils, sans que son zèle et son dévouement se soient démentis un seul jour. C'est grâce à son influence probablement que d s conflits ont été évités en 85G, lors du règlement de la succession de Lothaire, et en 803, après la mort du petit Charles de Provence ; en 861, il a su protéger contre les attaques du roi de France l'Etat dont il était le régent, et, s'il n'a pas conservé Vienne à Louis II en 870, la faute en est en partie à ce prince, qui ne fit rien pour venir en aide a son cousin, en partie aux habitants de la ville, que Charles le Chauve avait gagnés.
Le roi, désirant confier sa nouvelle conquête à un homme sûr, la donna a son beau-frère, Boson 5, qui sut établir assez solidement son autorité dans la région, pour pouvoir au bout de quelques années s'y constituer un royaume indépendant.
Eu 871, Louis et Charles furent occupés à combattre les révoltes de leurs fils ; le premier se trouva en lutte avec les deux plus jeunes, Louis et Charles, mécontents que leur père eût avantagé à leur détriment leur frère aîné 4. Le roi de France avait affaire à Carloman, qui, nous l'avons dit, s'était enfui en Belgique. A la tête d'une troupe de brigands il ravagea le pays et pilla en particulier la ville lorraine de Mouzon. Son père se décida à envoyer contre lui une armée, qui le pourchassa à travers la Lorraine ; et Carloman, après avoir dévasté les contrées qui se trouvaient sur son passage, fut en fin de compte obligé de se réfugier de l'autre côté du Jura, dans les Etats de son oncle 5.
1. Ann. Bert. 870-871, p. ii5 ; cf. Albkric de Trois-Fontaines, Chronlca (SS., t. XXIII, p. 73yJ, dont, le récit, en ([rande partie légendaire, est tiré des chants consacrés à Gérard. Nous ne savons pas au juste à quelle date Cliarles quitta la Provence, mais ce fut probablement en janvier, car le Libellas eœposfalationis d'HiNCM.vii, cli. 17, signale la présence de ce prince à Compiègne en février (Migne, t. GXXVI, col. 687).