Voir sur cette question V Appendice III
2. II va voir Charles le Chauve à Péronne en 849, à Saint-Quentin en 852, à Attigny en 8Ô4, et Louis le Germanitiue à Osnigwald (Westphalie) en 800, et peut-être à Francfort en 854. We>-ck, p. 214, remaniue (jue Lothaire et Charles résident presque toujours dans la partie franque de leurs États.
3. A moins qu'il ne faille identilier Gherniacum (diplôme du 12 septembre 802 pour l'écjlise de Lyon, B. M. 1121) avec Gergy (Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, Verdunsur-Doubs); mais Gergy est situé sur la rive droite de la Saône, par suite dans le royaume de Charles le Chauve.
4. Les diplômes rendus par Lothaire depuis le traité de Verdun, montrent ce prince séjournant à Aix pendant les années 843, 844, 845, 846, 848, 85 1, 852 et 855.
5. On le trouve trois fois dans chacune des villes de Remiremont, de Gondreville et de Thionville, deux fois à Mecrssen, une fois à Verdun, à Valenciennes, à Liège, à Dûren, à Nimègue, à Cologne et à Cohlenz. — Nous donnerons encore souvent à la rive gauche du Rhin, à la contrée qu'arrosent la Moselle et la Meuse, ce nom de Francia, qui avait été le sien jusqu'alors, et qu'en bonne justice elle aurait dii conserver.
6. Exactement 20 sur 5g. Nous ne comprenons pas dans ces chiffres les capitulaires, ni les actes complètement faux. De ces vingt diplômes, il n'y en a pas moins de neuf qui concernent l'abbaye de Priim ; en voici l'énumération. Le 25 mai 844» Lothaire, sur la prière de l'abbé ISIarcward, confirme à Priim l'exemption des péages dïyis ses Etats ; le i^' janvier 845, il confirme, à la demande du même Marcward, un échange entre l'abbaye et rarchevè(iue de Trêves Hetti ; puis ce sont des donations de terres respectivement faites le 6 décembre 846, le 25 février 854, le iG janvier 855 et le 19 septembre 855, la deuxième et la troisième à la prière d'Eigil, successeur de Marcward ; par deux autres actes, l'un du 20 mai 85i, rendu sur l'inlcrcession de Marcward, l'autre du 10 juillet 854, accordé
'iS LK HKCiNE DE LOTIIAIRE 1'' (8/,;}-855).
continue Lien de compter dans ses actes les années de son règne en Italie, mais il a soin, depuis la mort de son p^re, d'y ajouter ses années de
à la (li-maiule d'Kiciil, Latliairc confirme A Priiin la possession de (piel(nies domaines ; enfin, à la prière d'Eiijil, il remet aux (jens de la uilla d'Awans, (pii api>arlenait à l'riim, l'ameiule A la<nielle ils avaient été condamnés en punition d'un meurtre (B. M. 1081, loS:?, \o(f>, iK?.), 1137, ii3i,, un, ii3i, 1182; MH. un., t. I, nos -;{^ ^r,^ ^g^ gg^ y^^ (|i, 8;!, 87 et 88). Le 21 octobre 843, l'empereur restitue à l'ahhaye de Saint-Denis celle (le Sainl-iMiliiel, an dioci-se de Verdun, sur l'intercession du comte Matfrid, de l'abbé Louis et du chancelier Hilduin (B. M. 1075, R. H. Fv., t. VIII, p. 874). Le 11 septembre 844, 'l conlirme à l'abbaye de (llièvremoiit, au diocèse de Lièi|e, l'imimmité et l'ensemble de ses propriétés sur la prière de l'abbé Lotliaire (B. M. 1082, Quix, Cudea- diplomaficiis Aqui-nnis, t. I, pars i, p. 2). Le iG janvier 855, il donne à ré(|lise Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle la chapelle du domaine royal de Sinziij (B. M. ii36, Quix, ihid.,\t. 3). Enfin, il y a huit diplômes (pii concernent des particuliers, clers ou laies, habitant la Fninriii. Le 17 février 844, Kulcrad, fidèle de l'empereur, reçoit de ce dernier, à la prière du comte Matfrid, la jjossession, en toute propriété, de biens qu'il tenait auparavant en bénéfice (B. M. 1080, MR. UB., t. I, n» 71); le iC janvier 845, Lothaire fit une donation à Bcrard, chorévècpie du diocèse de Toul (B. M. 1084, R. H. Fr., t. VIII, p. 3Si); le 7 mai 84C, il en fait une à Roger, vassal du comte Matfrid, sur la demande de ce dernier (B. M. 1090, MR. Uli., t. I, n" 77); le 19 avril 85i, l'empereur affranchit Doda (celle-là même dont il fit sa concubine après la mort de sa femme Ermenrjarde) et lui concède un domaine (B. M. 11 10, MR. UB., t. I, n» 81); le 7 mai 852, donation an clerc et médecin Ossard, sur l'intercession de Berthe, fille de l'empereur (B. M. 1117, Dl'vivieh, Recherche.^ sur ]e Hainimt ancien, p. 3oo) ; le 3 juillet 853, donations à deux vassaux du comte Adalard, Sigfrid et Heriric, à la prière d'Adalard lui-même (B. M. II25 et 112G, MR. L'B., t. I, n9^ 84 et 85); le 9 juillet 855, donation au vassal Ebroin, à la demande de Doda (B. M. ii38, Martène,' Amp. Coll., t. I, col. i38). Tout ce (|ui avait été donné ;\ ces personnages passa un peu ]ilus tard entre les mains de dift'érentes abbayes. Priim eut ce (ju'avaient reçu Roger, Doda, Sigfrid et Heriric ; Saint- Maximin, Saiiit-Mansny et \Vaulsort, ce ipii avait été concédé respectivement à Fulcrad, à Bérard et à Ebroin.
Passons maintenant aux évèchés et aux abbayes des territoires non francs qui ont fait partie du royaume de Lothaire II. Le 21 mars 845, l'évèché frison d'Utrecht se vit confirmer, à la prière de son chef, Eggihard, l'immunité (B. M. io85, Mulleh, llet oiulsle (Idrtuhiriiim van het Stickt Ulrecht, p. 22). Le i5 mai de la même année, Lothaire rendit, en faveur de l'abbaye Saint-Etienne de Strasbourg, un diplôme qui, entre autres dispositions, confirmait l'immunité dont jouissait ce monastère (B. M. 1086, Wiegaxd, Sir. UB., t. I, p. 19); MiJHLBACHER, Re(j. Kar., p. 417, rejette complètement ce privilège ; FuiTz, tout en admettant avec MChloacher que le prétendu original du diplôme de Lothaire 1er, conservé aux archives départementales de la Basse-Alsace, a été fabriipié au XI* siècle, essaie de prouver i(ue le faussaire a utilisé une copie de l'acte rendu par l'empereur en faveur de Saint-Etienne {Ist (lie Urkunde Lothars I fur St. Stephan eine FiPlschunij ? dans la Zeitschrift fur die Geschichte des Oberrlieins, neue Folge, t. \\, 1891, j)p. 6G3 et suiv.). W. Wiegand, (jui est revenu sur cette (luestion {Die wltesten Urkunden fiir St. Sephnn in Strasburg, dans la Zeitschrift fiir Geschichte des Oberrheins, neue Folge, t. IX, 1894, pp. 889 et suiv.), croit les dijilômes de Lothaire et de Louis le Germani([ue fabriqués vers iiGs, en même temps ([ue la charte de l'évêipie W'erner. D'après lui, le faussaire aurait eu sous les yeux un iliplôme authentii[ue de Lothaire l"^ pour Saint-Etienne, ]iar le([uel l'empereur faisait à l'abbaye une simple donation de terres. Le 25 août 849, Lothaire, à la prière du comte Liutt'rid (son beau-frère), conlirme l'immunité et la i)rotection royale à l'abbaye de Mouliers-Granval, au diocèse de Bàle (B. M. 1 io3, Sciukpfi.ix, .Als. dipL, t. I, p. 83); le 0 septembre de la même année, il fait une donation à l'abbaye d'Erstcin (B. M. iio4, R. H. Fr., t. VIM, p. 386); le 4 août 854, •! la prière de Louis, abbé de Saint-Denis, l'empereur conlirnu' au prieuré de !-iiepvre en .'ysace, (pii dépendait île Saint-Denis, la possession d'un domaine royal (B. M. ii33, Sc.iKKPFi.iN, .l/.v. difil., t. I, p. 84). Mentionnons pi>ur terminer une donation du 21 octobre 84'"), faite au fidèle Suitqer dans le piu/us Parlensis (B. M. logS, F. I). G., t. IX, p. 409).
Le plus souvent, ceux, clercs ou laies, (|ui désiraient obtenir une faveur du prini'e, s'adressaiiMil direcleinenl à ce dei'uier, mais parfois aussi ils priaient un puissant persou-
POLITIQrE qu'aurait DU SUIVRE LOTHAIRE. 2 0)
règne en Francia. Ainsi, la terre franque, toute mutilée qu'elle est, n'en conserve pas moins sa glorieuse prééminence'.
Quelle conduite Lothaire devait-il tenir, une fois la paix signée ? Pour l'instant, il n'avait qu'à panser les plaies de la guerre civile, à rétablir l'autorité royale sur les fonctionnaires, à réprimer enfin et à prévenir les incursions des Normands. Telle était la tâche multiple et difficile qui réclamait toute l'activité et toute l'énergie de l'empereur : l'exécution loyale des clauses du traité de Verdun s'imposait donc à Lothaire. Mais cela ne l'empêchait pas cependant de conserver ses espérances. Il s'était vu enlever les deux tiers de l'empire de Charlemagne et du pays franc proprement dit ; les Etats qu'on lui avait laissés présentaient une configuration anormale, et, autre inconvénient, se trouvaient placés entre ceux de ses frères. Lothaire avait le droit, pour modifier à son avantage cet état de choses, non pas de recourir aux armes, c'eût été de sa part une criminelle folie, mais de mettre habilement à profit toutes les circonstances. Et si elles ne lui permettaient ni de reconstituer le regmim Francornm, ni d'arrondir ses Etats, ni de recouvrer les territoires francs dont l'avaient dépouillé Louis et Charles, il devait au moins prendre en mourant ses dispositions pour que son fils aîné eût les moyens de réaliser un jour l'un ou l'autre de ces trois desiderata. Non seulement Lothaire n'améliorera en aucune manière la situation qui lui avait été faite, mais il rendra impossible à Louis II l'exécution du programme que nous venons d'indiquer.
Le traité de Verdun marque en effet pour Lothaire la fin de la période active et militante. Pendant les douze dernières années de sa vie, les intrigues et les négociations prendront la place des luttes à main armée. Il serait téméraire d'affirmer que ce prince se fût définitivement résigné à la situation que lui avait faite le traité de S/jS. Si, en juin 844, il obtient du pape Sergius II qu'il confère à l'archevêque de Metz Drogon, fils naturel de Charlemagne, la dignité de vicaire du Saint-Siège
nage d'appuyer leur requête auprès de l'empereur. Cette intervention est mentionnée dans les diplômes, et l'on peut ainsi connaître les grands qui avaient de l'influence à la cour. L'archichancelier Hilduin, par exemple, intercède deux fois pour Saint-Denis (B. M. 1075 et logS, R. H. Fr., t. VIII, pp. 874 et 384), et deux fois aussi pour l'église de Lyon (B. M. 1122 et ii23, R. H. Fr., t. VIII, p. 890). Le comte Matfrid, fils du feu comte d'Orléans, obtient une faveur pour Roger, un de ses propres vassaux (B. M. 1090), et, de plus, il intervient pour l'abbaye de Saint-Denis avec l'abbé Louis et l'archichancelier Hilduin, pour les fidèles du roi Immon et Fulcrad, enfin une seconde fois pour l'abbaye de Saint-Denis avec Hilduin (B. M. 1075, 1079, ^080 et 1098). Berthe, fille de Lothaire, intercède pour Ossard et pour l'église de Lyon (B. M. 11 17 et 1122). Drogon, archevêque de Metz et oncle de l'empereur, intervient dans un diplôme pour Lyon (B. M. 1122); l'abbé Hubert, que nous retrouverons plus tard, dans l'acte qui concerne Roger, le vassal de jNIatfrid (B. M. 1090); le comte Liutfrid, dans le privilège accordé à Moutiers-Granval (B. M. iio3) ; et Doda, dans celui qui fut octroyé à Ebroin (B. M. ii38). Les deux personnages qui jouissent du plus grand crédit auprès de l'empereur sont donc l'archichancelier Hilduin et le comte Matfrid, deux hommes de race franque, le point est à noter.
1. Wenck, p. 2i4, estime que la préséance des Francs est moins grande dans les Etats de Louis le Germanique que dans ceux de ses frères.
'An Li: UKd.NE DE l.OTlI.vmK 1^"^ i«/i:}-sr)r>i.
en Gaule et en (Iciinanie ', c'est sans tloute ilans le secret espoir que, par l'intermédiaire île son oncle, il pourra intervenir dans les affaires religieuses et politiques des royaumes de Louis et de Charles, et regagner ainsi, au moins en partie, la suzeraineté que lui avait reconnue jadis l'acte de 817*. Mais la tentative n'eut aucun succès. En octobre 84^, lorsque les trois frères se réunirent ii Tliionville, les évoques qui les accompagnaient, s'étant constitués en concile, déférèrent, il est vrai, la présidence h Drogon'». Ce n'était là toutefois qu'un acte de pure courtoisie, motivé par la haute naissance de Drogon. En réalité, ni les deux rois d'Allemagne et de France, ni leurs évéqucs n'étaient disposés à tolérer une ingérence qui se serait exercée au profit de l'empereur. Deux mois après la réunion de Thionville, un concile d'évéques franç^ais, réuni à Ver 4, aborda la question des pouvoirs de Drogon. On décida que la solution d'une affaire aussi grave devait être réservée à un concile général des évêques de Oaule et de Germanie >'. C'était une fin de non-recevoir polie, mais très claire, opposée aux prétentions du vicaire du Saint- Siège et de son souverain. Ni l'un ni l'autre n'insistèrent ; Drogon se contenta d'un titre honorifique, et Lothaire, désormais fidèle à l'esprit et à la lettre des traités, ne forma plus de projets destinés à étendre son influence ou ses Etats aux dépens de ses frères^. Qu'il soit resté
1. .T. E. 2r)86 (cf. 2607); Ann. Bert. 84A» P- 3o. Droçjon, sans èlre méiropolitaiii, portait le titre d'archevêque, parce ipie le pape lui avait conféré le pallium. Sur les métropolitains et les archevêques, leur oriqine, la différence qu'il y avait entre eux, voir Thomassin, Ancienne et nouvelle discipline de l'Eglise, t. I, liv. I, ch. 3, 3o à 33, 3() à 43 ; sur le pallium, ch. 53 à 56.
2. C'est l'opinion de Gfrcerek, t. I, pp. 58 et i3i, de Wexck, pp. loo et suiv., de ScHRŒRs, Hinknidr von Reims, pp. 5o et 5i, de Dummler, t. I, pp. 202 et 253 (cf. pp. 25() et 257). Waitz, D. VG., t. V, p. i4, estime que la nomination de Droçjon ((pi'il (jualilie à tort d'archevêipic de Reims) à la dignité de vicaire du Saint-Sictje, avait pour but de maintenir une certaine union entre les trois fils de Louis le Pieux.
3. Voir Ann. Bert. 844, p- 3i, et Ann. Xani. 844, SS., t. II, p. 228. Les actes du synode qui se tint à Yiitz, sur la rive droite de la Moselle, vis-à-vis de Thionville, nous ont été conservés. {CC, t. II, p. 112.)
4. Voir les actes de ce synode dans les C4C., t. Il, p. 382. Il y a en France plusieurs villages <]ui portent le nom de Ver. Il s'agit vraisemblablement de celui qui se trouve dans le département de l'Oise, arrondissement de Seidis, canton de Nanteuil.
5. Conc-lium Vernense, ch. 11 (CC, t. II, p. 385). Cf. le mémoir*' d'Hi.M-.MAR, De Jure me/ropolitannrum, ch. 3i (Migne, t. CXXVI, col. 201')); l'épilaphe de Drogon (/{. H. Fr., i. VII, p. 32o) ; et les Gestu episc. M.-tl., ch. 4o (SS., t. X, p. 54i). — Voir, sur ce concile de Ver, Wenck, pp. 102 et suiv., Dûmmi.er, t. I, pp. 25G et 257.
6. Il est probable que la démarche tentée auprès du pajie pour faire remonter Ebbon sur le siège archiépisci)]>al tle Reims, tentative ([ui coïncide avec le voyage à Rome du jeune Louis et de Drogon, ainsi (pi'avec la désignation de ce dernier connue vicaire du Saint-Siiîge, était insi)irée au moins autant par l'attachement de Lothaire A un partisan dévoué ([ni s'était compromis ]iour hii, (|ue par le ih-sir d'installer un homme à sa dévt>- Jion dans le jtrincipal archevêché des États de Charles le (Ihauve. Lothaire avait encore ui\ autre motif pour désirer ([ue les décisions du concile (pii avait déi)Osé Ebbon fussent «assées : c lie condanuialion avait atteint I^othaire lui-même, de qui Ebbon n'avait l'ail qu'exécuter les ordres; en poursuivant la n'habilitation de l'ancien archevêtjue de Rimuis, l'empereur tra\aillait à obtenir la jnslltication de sa propre coiuluite. Sergius repoussa la demande d'Kbbon. Voir là-dessus plusieurs mémoires ou lettres (I'IIimimak, De prtrdestiaiilioni' disscriulio poslerior, ch. 3('), où se trouve intercah' un i>assage des (lestii pon-
DROGON VICAIRE DU SAINT-SIEGE (844). 3l
au fond de son cœur un souvenir amer de ce nouvel échec, qui venait s'ajouter à d'autres non encore oubliés, nous l'admettons sans peine', mais nous refusons de suivre les historiens qui lui attribuent toutes sortes de projets ambitieux, voient sa main dans toutes les intrigues et vont jusqu'à le rendre responsable de la brouille survenue plus tard entre Louis et Charles. Ces accusations, inspirées par l'esprit de parti, ne reposent sur aucune preuve^. Lothaire respecta au contraire les engagements qu'il avait pris, et chercha à vivre en bonne harmonie avec ses frères 3.
Ceux-ci, au lendemain de la guerre civile, étaient également animés de sentiments pacifiques. Leur principal souci était de ramener dans leurs Etats l'ordre et la paix, si profondément troublés au cours des années précédentes. La lutte entre les fils de Louis le Pieux avait été mise à profit par les Normands 4 et les Sarrasins, ainsi que par les grands; trouvant le pays sans défense, les pirates, païens ou musulmans, avaient pu, sans être inquiétés, le mettre à feu et à sang ; d'un autre côté, les seigneurs, qui savaient que leurs maîtres avaient besoin d'eux, qui les sentaient en quelque sorte à leur merci, pouvaient en prendre à leur aise avec l'autorité royale, lui arracher des concessions de terres ou de dignités, et se permettre impunément d'opprimer les faibles et de dépouiller l'Eglise >. Ajoutez à cela les révoltes des Saxons contre Louis,
tificalia, c'est-à-dire de la Vita Sergii, ch. i6 {Lib. pontif., t. II, p. 90), relatif à Ebbon ; Ep'^ ad synodum Saessionensein, ch. i ; cf. ch. 4 ; £p^ ad Egilonem archiepiscopuin ; De jure metropolUanoriim, ch. 22 (Migne, t. CXXV, col. 891, t. CXXVI, col. 5o, 53, 68, 201); Flodoard, h. fi. E., liv. II, ch. 20 (éd. Lejeune, t. I, p. 365). La nomination d'Hincmar à l'archevêché de Reims, en avril 845, enlevait à Ebbon presque tout espoir de recouvrer le siëçje qu'il avait perdu. Tombé peu après en disgrâce auprès de Lothaire, pour avoir refusé d'aller en ambassade à Constantiiiople, et privé des abbayes de Bobbio et de Stavelot, il quitta les Etats de son ancien maître pour se retirer dans ceux de Louis le Germanique qui lui donna l'évêclié, alors vacant, d'Hildesheim. Voir Hincmar, Ep*- ad .synodum Suessionensem, ch. 4 ; Ep^ ad Nicolaam papain (Migxe, t. CXXVI, col. 02 et 82); Flodoard, H. fi. E., liv. II, ch. 20 (éd. Lejeune, t. I, p. 365), etc. Pourtant, comme nous le verrons un peu plus loin, Ebbon sollicita encore en 846, du pape Serfjius II, la revision de son procès.
1. ScHRŒRS, op. cit., p. 5i, prétend que la décision défavorable à Drogon du concile de Ver amena une brouille entre Lothaire et Charles. Rien ne prouve qu'il en ait été ainsi.
2. Nul n'a mis plus d'acharnement que Wenck à accuser Lothaire (Das fnenkische Reich., pp. i54, 237-289.)
8. Dareste, Hist. de France, t. I, p. 456, reconnaît que, depuis le traité de Verdun, Lothaire s'est montré pacifique.