Sur les Normands, voir le chapitre suivant
5. Sur la situation misérable de l'empire franc, consulter Nithard, liv. IV, cli. 5-7 (pp. 52-55); Annales Berliniani 8ti3 (p. 29); Florus, Querela df; divisione imperii (PP., t. II, p. 060). Sur les maux particuliers de l'Eglise, voir Synodus ad Theodonts villain habita Sltli, ch. 3-5 (€C., t. II, pp. i44, i45);" Concilium Vernense 844, ch. 12 (CC, t. II, p. 385); Synodus Bellovacensis 845, ch. 8-7 {CC, t. II, p. 888); Concilium Meldense-Parisi'nse 845-846, ch. 17 à 19 (CC, t. II, p. 4o3); Chronicon S. Beniyni Dit'ionensis (fi. //. Fr., t. VII, p. 229). Les biens des églises et des abbayes avaient été fréquemment pris de vive force par les seigneurs ; mais, d'autres fois, ceux-ci se les étaient fait concéder par les rois, qui en disposaient pour subvenir aux libéralités qu'ils étaient tenus de faire. Le domaine royal était alors tr>s appauvri, d'où la nécessité pour Lothaire et ses frères de recourir aux possessions de l'Église. Lothaire en convient fran-
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(les A(|iiil;iins et divs Bieloiis contre Charles. Si la piotiiière était enfin (lom|itt'(', les autres ne s'apaisaient pas, et m(Mne, en 844, P<''pin II infli- (jea dans l'Anyoumois une sançjlante délaite aux troupes de son oncle'.
Tout interdisait donc aux souverains qui s'étaient partagé l'empire franc de se livrer à des actes d'hostilité envers leiu's Créres et voisins. Mais la simple neutralité n'était pas suffisante, la situation critique des trois États réclamait quelque chose de plus : l'union de l'empereur et des deux rois était indispensable au rétablissement de la sécurité et de l'ordre, union contre tous ceux, quels qu'ils fussent, qui menaçaient l'une et l'autre. Aller au secours du voisin en lutte, soit avec les Normands, soit avec des révoltés, lui livrer, au lieu de les accueillir, les reltelles ou les criminels de droit commun, tel était le double devoir qui s'imposait a Lothaire et à ses frères. Si d'eux-mêmes ils n'en avaient pas eu conscience, il se trouvait à côté d'eux des hommes qui savaient à l'occasion le leur rappeler : nous voulons parler des évêques et des abbés. L'Église, on l'a vu plus haut^, était, pour des considérations tirées de l'intérêt général et de son intérêt particulier, favorable au maintien de l'unité de l'empire, et à l'existence d'un pouvoir central assez fort pour la protéger. Puisque le morcellement de l'empire n'avait pu être évité, il importait de réduire au minimum les inconvénients de ce système. Il fallait naturellement que chacun des trois frères gouvernât en roi chrétien ses Etats 3, et y fît respecter son pouvoir 4, il fallait en outre ([ue la concorde régnât entre Lothaire, Louis et Charles >, que tous trois, guidés par l'Église, secondés par leurs fidèles, marchassent la main dans la main et missent en commun leurs efforts contre tous les ennemis de la société chrétienne. L'unité matérielle de l'empire avait été détruite : on allait tenter de la remplacer tant bien que mal par une autre unité, mo-
chemcnt dans quel(iuos-uns de ses diplômes, B. M. loag, io58, 1098; son témoignage est confirmé par celui de son fils et homonyme, B. M. laâo. Les actes des conciles et les diplômes ([iie nous avons cités prouvent que des abbayes entières, et pas seulement des terres i\ elles appartenant, étaient données en bénéfices à des laïcs. Ces abus, nous le verrons, ne dis[)arurent pas avec le rétablissement de la paix.
1. Ann. Bert., 844, P- 3i. Des documents postérieurs placent le combat à qucKpie dislance de Lavaiu-, sur l'Agoùt, affluent de gauche du Tarn ; ainsi le Chronicon Cdstrenss et Odon d'Aribeht (/{. //. Fr., t. VII, p. 62, n. b, et p. 287). Il y a également désaccord sur la date de l'événemt'nl, qui aurait eu lieu le 7 juin, d'après les Ann. Fiihl. 844. p. 34, et le i4, d'après les Ann. Laubac. 84O, et les Gesta uhbaluin S. Bertini, ch. â-j [SS., t. I, p. i5, et t. XIII, p. G18).