Ann. Bert. 872, p
6. Ann. Bert. 872, pp. 1 19-120; Karoli conventiis apiid Gundiilft villtun (CC, t. II, p. 342). DtJMMLER, t. II, ]). 340, suppose que le traité violé par Louis était celui de Metz (8G7), par lequel les deux frères s'engageaient à partager les États de leurs neveux.
7. Laguille, Histoire d'Alsace, p. 124, col. 2, Gingins-la-Sarra, Mémoires, etc., t. I, p. 34, Gariel, Les monnaies royales de Francs de la race carolingienne, I^" partie, p. 116, et BoNVALOT, op. cit., t. I, p. 5, croient à la réalité de la cession faite par Louis le Germanique à son neveu. Gariel, I^e partie, pp. i45-i48, et II"^ partie, p. 332, attribue même à l'empereur des deniers frappés à Strasbourg, et, p. 333, un denier frappé à Mayence. Calmet, t. I, col. 772, ne se prononce pas ; Dijmmler, t. II, p. 34o, ne croit pas que l'empereur soit entré en possession de la moitié orientale de la Lorraine ; Bordeaux, Les monnaies de Trêves pendant la période carolingienne (Benne belge de numismatique, t. XLIX, p. 829), admet aussi que Louis le Germanique resta maître du pays; p. 332, il relève l'erreur de Gariel relative à Mayence.
4oO LA LOURAINK l'AUl A(il':i: KNIUK l,A FRANCE KT l'aLLEMAGNE (Wiij-Syij).
Après, c'oriimc avant rcMilrevuc de Trente, Louis le (îerinani(jue est en possession de la moitié de la Lorraine (pie lui avait assignée le traité de Meerssen, il continue d'y exercer l'autorité royale et de rendre des diplômes en faveur des églises, des abbayes ou des grands du pays. Au contraire, nous ne voyons pas une seule l'ois l'empereur faire acte de souverain dans l'ancien royaume de son frère. Devons-nous donc rejeter le témoignage d'Hincmar? Ce serait aller trop loin. Louis le Germanique a du à Trente j)romottre de céder sa moitié de la Lorraine à l'empereur, mais il s'est ensuite arrangé pour ne {)as tenir sa parole.
Au début de 872, avant d'aller ii Trente, il avait complété les dispositions testamentaires qu'il avait prises en 865 ', et vraisemblablement il s'est occupé alors de régler le sort de la Lorraine. Diflérents indices nous permettent de supposer que ce pays avait été partagé entre Louis et Charles, les deux fils cadets du roi de Germanie. C'est d'abord lui passage des Annales Bertiniani 87G, où Louis le Jeune, en appelant au jugement de Dieu pour pronver ses droits sur la Lorraine, semble dire que ce royaume devait revenir à lui et à son frère Charles -. C'est encore une lettre non datée, écrite par Jean VIII aux deux jeunes princes. Il les invite à évacuer ce qu'ils détiennent des Etats de feu l'empereur Lothaire ; ces contrées reviennent en effet à l'empereur Louis, héritier légitime de son père et de son frère. Le pape rappelle aux deux fils du roi de Germanie les serments par lesquels leur père, le roi Louis et leurs oncles, l'empereur Lothaire et le roi Charles, se sont mutuellement garanti leurs Etats pour eux-mêmes et pour leurs descendants. Ces serments sont conservés aux archives pontificales. Le pape menace Louis et Charles de les excommunier, s'ils n'obéissent pas k ses injonctions 3. Ainsi, du vivant de leur père, Louis et Charles occupaient la Lorraine, car c'est d'elle qu'il s'agit dans la lettre de Jean VIII, c'est bien elle ce
1. Ann. Fald. 872, p. 75. C'est sans aucun fondement que Waitz avance, D. VG., t. V, p. 31, n. 2 et 4> qu'en 872 Louis le Germanique n'avait pris aucune disposition concernant la Lorraine. Nous reviendrons d'ailleurs plus loin sur celte question.
2. Ann. Berl. 876, p. 182 : « Hludovvicus, Hludowici reiiis lilius, decem homines aijua calidas et decem l'erro calido et deoem aqua friqida ad judicium misit coram eis qui cuin illo erant, petentibus omnibus, ut Deus in illo judicio declararet, si plus per rectum ille liabere deberet porlionem de regno quam pater suus illi dimisit ex ea parte, quam cum fratre suc Karolo per conscnsiuu illius et sacramentum accepit. » Le dernier membre de cette phrase, un peu embrouillée, il i'aut en convenir, [leut s'ajipliciuer soit {\ Louis le .Icune et à Charles le Gros, soit à Louis le Germanique et à Charles le Chauve ; dans le dernier cas, il s'aqirail du traité de Meerssen, dans le second, du partaqe de la Lorraine orientale par le roi de Germanie entre ses deux fils cadets.
3. J. E. 3ooo (iV. A., t. V, p. 3o8). Ewald place cette lettre en 87A-87r), mais sans aucune preuve, et il se trompe en faisant de Louis le Gcrmanitiue et de Charles le Chauve les destinataires de la lettre. Ce (pii prouve bien tpi'il faut voir dans ceux-ci Louis le Jeune et (Charles le Gros, c'est que le [>ape leur ra[)pelle les serments par k'S([uels leiu" père, le roi Louis, et leurs oncles, l'emjiereur Lothaire et le roi Charles, se sont ijaranli à euxmômes et à leurs enfants la possession de leurs États. L'erreur de Jakké-Ewald a clé partagée ])ar Mùhi.hac.hku, lh'(j. Kar., p. .582, taudis (pic DOmmlku, t. 1, p. aiH), et LAP(Vnu:, IJ hjirupr cl li; Siiint-Siiiije ii l'è/xti/iie cai'olinijiennc, p. 280 cl u. 3, oui bien vu ([uc la Icltre île Jean VIII avait pour destinataires les iils de Louis le Germanique.
CHARLES REPOUSSE LES OUVERTURES d'eNGELBERGE (872). l^OI
pays sur lequel l'empereur a des droits que lui ont transmis son père et son frère. Il est évident que l'on ne peut songer ici à la Provence. Louis et Charles ne se seraient-ils pas mis en possession de la Lorraine avec l'assentiment secret de leur père, qui avait besoin d'un prétexte pour ne pas tenir ses engagements vis-à-vis de son neveu ?
Quoi qu'il en soit, et bien que l'empereur se soit fait couronner à nouveau en 872 par le pape Adrien IP, ce prince ne fut pas plus après qu'avant l'entrevue de Trente maître de l'héritage de son frère. Mais enfin, son oncle lui avait tout au moins donné une promesse : quels engagements prit-il en retour? Probablement, il fit espérer au roi de Germanie, soit pour lui, soit pour un de ses fils, l'Italie et la couronne impériale. Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle a beaucoup de vraisemblance ^.
Engelberge n'avait pas renoncé à négocier avec Charles le Chauve, soit que les engagements conclus à Trente n'eussent aucun caractère d'hostilité à l'égard de ce prince, soit qu'elle espérât qu'il n'en eût pas connaissance. Elle se trompait, Charles était au courant de ce qui s'était passé à Trente 5. Aussi ne se rendit-il pas à l'invitation de sa nièce, qui le priait de venir conférer avec elle à Saint-Maurice, comme il avait été convenu précédemment. Toutefois, s'il ne se dérangea pas lui-même, il envoya à Engelberge des ambassadeurs, qui la rencontrèrent probablement à Saint-Maurice, où elle parait être venue 4, mais qui ne purent tirer d'elle aucun renseignement précis sur ses intentions ni sur ses projets. Que voulait exactement l'impératrice ? Espérait-elle amener Charles à lui céder sa part de la Lorraine ? Nous ne savons, mais elle tenait a rester en bons termes avec son oncle de France, car de l'Italie où elle avait fini par retourner, elle lui envoya l'évêque de Parme, Wibod, qui devait essayer de conclure un traité d'alliance avec lui. Elle s'imaginait, nous dit Hincmar, que Charles ignorait les conventions secrètes de Trente. Cette troisième tentative n'eut, croyons-nous, pas plus de succès que les deux précédentes. Wibod rencontra Charles à Pont-Liard en
1. Ann. Bert. 872, p. 120. Ni Mûhlbacher, Reg. Kar., p. 470, ni Dûmmler, t. II, p. 34i, n. 2, ne croient que ce soit la cession de la Lorraine orientale à l'empereur qui ait motivé son nouveau couronnement. D'après eux, le but de cette cérémonie aurait été de rendre à Louis II le prestige et l'autorité que lui avaient fait perdre sa captivité et les serments qu'il avait été contraint de prêter à Adelchis.
2. C-'est l'opinion de Galmet, t. I, col. 772 ; de Gfrœrer, t. II, p. 60, qui suppose, en outre, que Louis II dut s'engager a faire reconnaître par le pape Willibert comme archevêque de Cologne ; de Mûiilb.vcher, Reg. Kar., p. 470 ; de Dijmmler, t. II, p. 34o.