‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 378 sur 764 · Ann. Bert. 872, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 872, p

4. II ressort des Ann. Bert. qu'Engelberge se rendit à Saint-^NIaurice. C'est alors probablement que le comte Rodolphe, fils de Conrad, abbé de Saint-Maurice, donna en précaire à l'impératrice des biens de ce monastère, situés en Italie (Muratori, Antiquitales Italise, t. III, coll. i55-i.oG). La charte de Rodolphe ne porte aucune date, ni de temps, ni de lieu, mais elle semble avoir été rendue à Saint-Maurice et en présence d'Engelberge ; elle se placerait donc en 872, lors de la venue de l'impératrice à Saint-Maurice. C'est l'opinion de Gi.\gi.\s-la-Sarra, Mémoires, etc., t. I, p. 34, n. 58, de Mûhlbacher, Reg. Kar., p. 470, et de DtJMMLER, t. II, p. 34ii n. i.

/[02 LA LOUUVI.M: l'.VHTAUÉE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (8tJ.j-87.j).

liour(jO(jne, c'est tout ce que nous apprenti llimiiiar sur sa mission. On peut conclure de ce silence que l'évoque <ie Parme tut éconduit'.

En définitive, Engelberge s'était donné beaucoup de peine pour n'arriver à rien. La situation n'avait pas changé, Louis II n'avait pas gagné en lait un pouce de territoire. Sa l'enuue avait conclu un traité d'alliance avec Louis le Germanique; mais quels avantages en retirait-il? Aniiiu. Le roi de Germanie, de son cùté, avait peut-être obtenu de l'empereur la promesse que celui-ci lui léguerait sa succession, mais il n'en était pas beaucoup plus avancé. Il devait connaître suffisamment Charles le Chauve, pour être convaincu que son frère ne tiendrait aucun compte des dernières volontés de Louis II, et ([u'il chercherait, en dépit d'elles, à prendre l'Italie et la couronne inqjériale.

Bien que l'alliance des deux Louis ne put lui être sérieusement préjudiciable, le roi de France n'en conçut pas moins des inquiétudes. Nous avons la preuve de ces craintes dans le fait que Charles se fit prêter à nouveau serment par les évéques et les grands, soit de ses deux royaumes, soit seulement de la Lorraine. La cérémonie eut lieu le 9 septembre à Gondreville, où le roi avait convoqué son assemblée générale. Les prélats et les seigneurs jurèrent à leur maître de l'aider de leurs conseils et de leurs armes, pour lui permettre de conserver le royaume que Dieu lui avait donné et d'acquérir celui que Dieu pouvait lui concéder un jour. On le voit, Charles ne renonçait pas à agrandir ses Etats, et il entendait bien revendiquer sa part de l'héritage de Louis II, sinon même le prendre tout entier-.

Ce fut peut-être la défiance qu'il éprouvait à l'égard de son frère qui le détermina à se diriger en octobre, après un court séjour dans l'Ardenne, vers le nord de la Lorraine, pour y conférer avec les deux princes normands, Roric et Rodolphe, qui occupaient une partie de la Fri>e. Deux entrevues avaient déjà réuni Charles le Chauve et Roric, la première en janvier 870, la seconde en janvier ou février 872 ; cette dernière fois, Rodolphe, neveu de Roric, accompagnait son oncle J. C'est à Maëstricht sur la Meuse, où le roi de France s'était rendu par voie d'eau, qu'il se rencontra pour la troisième fois avec les deux Normands, qui

1. Ann. Bert. 872, p. 120. C'est i)robablement rinsuccès des négociations d'Engelbenje avec le roi de France qui détermina l'einpereur à faire intervenir Jean VIII, le successeur d'Adrien II. Le nouveau pape écrivit en 872-873 ji Ciiarles, pour l'inviter à restituer à Louis le royautne de Lolliaire II (pii revenait à ce prince, héritier naturel de son père et de son Irère (J. E. 2(j6i, N. A., t. V, p. ;}oo).

2. Ann. Bert. 872, p. 121 ; Sacrtiincntn u/jiid Gundulji t'illuin facta (0'<,\, t. Il, pp. 3/n- S/ja). Nous ne savons pas (jnels furent les évècpies et les grands de la Lorraine (pii vinrent à Gondreville, et c'est sans aucune preuve que Calmkt, t. I, col. 7OO, mentionne la présence d'Arnaud, évô([uc de Tonl à cette assem!)lée, ([u'il place d'ailleurs j\ tort en 873.

3. Ann. Bert. 872, p. iiç). (^'est le 30 janvier que Ciiarles se mit en route, et il était de retour à (lompiéqne |)our le début du carême, c'est-ji-dire an milieu île février, le mercredi des C-endres tombant le i3 de ce mois en 872. L'entrevue du roi et des deux Normands eut lieu .\ un cndii>it qti'llintinar appelle Munasteriuin. M.viui.lon, .1////. O. S. H., l. lll, p. \-]l\, voit \h Saint-Lambert de Lii-qe, mais il se trompe certainement, car Saiut-Lumberl était la calbédrale et non une abbave de celle ville.

ASSEMBLÉES DE GONDREVILLE (872) ET DE FRANCFORT (873), 4o3

avaient de leur côté remonté le fleuve. Taiidis que Roric, qui pai'vint à convaincre Charles de sa fidélité, fut traité par lui avec honneur, son neveu fut soupçonné, sinon convaincu, de tramer des complots : de plus, il éleva des prétentions exagérées. Le roi reconduisit donc sans rien lui accorder, et invita ses fidèles à se mettre en garde contre les trahisons qu'il méditait ^ Rodolphe, en effet, se mita ravager d'abord les Etats de Charles le Chauve, puis ceux de Louis le Germanique. Il se trouvait en juin dans le pagus frison dOstergau, qui dépendait de Louis, quand il fut attaqué par les gens du pays, que commandait un Normand converti. Il fut tué dans le combat avec quelques centaines des siens ; le reste de la bande capitula et obtint la vie sauve, moyennant l'abandon du butin et la promesse de ne plus revenir attaquer les Etats de Louis le Germanique '.

La réunion de Gondreville, les serments renouvelés à Charles, l'entrevue de ce prince avec Roric et Rodolphe avaient peut-être donné de l'ombrage au roi de Germanie 5. De la Bavière, il se dirigea à la fin de l'année vers l'ouest de ses Etats et s'installa à Francfort, où il séjourna plusieurs mois, de décembre 872 jusqu'au milieu d'avril 8784. C'est dans cette ville qu'il tint aux environs du i"" février 878 son assemblée générale, où il eut soin de convoquer ceux des Lorrains qui étaient devenus ses sujets. L'assemblée de Francfort répondait en quelque sorte k celle de Gondreville s. Comme s'il voulait imiter de tous points la conduite de

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