Ann. Bert. 876, p. i
6. D'après Leibniz, Willibert aurait été envoyé à Charles par Louis le Jeune {Ann. imp. occ, t. I, p. 750). Mais la chose est invraisemblable ; l'archevêque de Cologne n'avait probablement pas quitté sa ville épiscopale avant l'arrivée de Charles le Chauve, et il avait dû sans doute accompagner ce prince, lorsque celui-ci sortit de Cologne pour se rapprocher de son neveu, alors campé à Andernach. Willibert était en quelque sorte un otage entre les mains de l'empereur.
I^IÙ \.\ LORÏttUNE FAUTACKE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (sS-^Ty)'
Willihort (lé|»r'clui alors en secret à Louis un ])i'ètre nommé Hartwig, qui devait le prévenir tle l'arrivée prochaine de l'ennemi. Hartwig prit des chemins de traverse et put ainsi arriver au camp de Louis avant l'armée de Charles le Chauve '. Louis s'arma en toute hâte et ordonna aux troupes qu'il avait sous la main de se préparer. Il avait dû disperser son armée dans toute la région pour permettre aux chevaux de subsister^ ; ceci nous indique qu'elle se composait surtout de cavalerie. Au dernier moment, Louis n'eut pas le temps de rallier à lui tous ses corps 3. Ses dispositions furent les suivantt's : il plaça au centre et en première ligne les Saxons, en arrière et sur les deux ailes les Francs orientaux. Ëcrasés par la multitude des assaillants, les Saxons lurent mis en déroute, mais les Francs opposèrent une résistance inébranlable. Les comtes Jérôme et Régnier, ce dernier porte-étendard de Charles, tombèrent blessés à mort. Leur trépas entraîna la déroute de l'armée de l'empereur, dont les Francs de Louis firent un grand carnage. En outre, plusieurs des grands de Charles, l'évèque de Troyes Ottulf, l'abbé Gozlin, les comtes Aledran, Adalard, Bernard et Everwin furent faits prisonniers. Les trésors de l'empereur, le butin (jne ses troupes avaient amassé, les bagages, les marchandises devinrent la proie du vainqueur. Charles le Chauve avait réussi a s'échap{)er, suivi de quelques fidèles +. Sa fuite fut rapide; le combat s'était livré le 8 octobre au matin 5, et le g au soir l'empereur était k Liège. Il y vovait arriver le lendemain Francon et Hilduin, qui venaient de conduire à Antenai l'impératrice. Celle-ci avait appris la défaite de son mari le jour même de la bataille, et aussitôt elle s'était mise en route, malgré sa situation ; elle accoucha d'un enfant la nuit pendant le trajet^. Charles avait reçu à Andernach une correction méritée. Si elle lui avait été inlligée dès sa première agression, il est probable que par la suite il se serait montré moins empressé à s'emparer du bien d'autrui?. Inutile