STIPULATIONS DU TRAITE DE FOUROX
connues, nous en trouvons d'autres d'un caractère plus particulier, plus actuel. Ainsi l'article 9 du traité décide : Que ceux qui ont justement perdu leurs biens dans notre royaume soient jugés d'après les usages établis au temps de nos ancêtres ; que ceux qui prétendent avoir été injustement dépouillés de leurs domaines viennent en notre présence, qu'ils soient jugés avec équité et qu'ils rentrent en possession de leurs biens'.
De qui s'agit-il dans cet article ? Peut-être vise-t-il à la fois les grands de la Lorraine occidentale et de la France qui, en 876, avaient pris parti pour Louis le Germanique, et ceux de la Lorraine orientale qui, en 876, s'étaient prononcés en faveur de Charles le Chauve. Ces derniers, nous l'avons vu, avaient quitté le pays et suivi leur nouveau maître, qui les dédommagea de ce qu'ils avaient perdu.
Enfin, la convention prévoyait une nouvelle entrevue, qui devait avoir lieu le 6 février, et à laquelle seraient invités Carloman et Charles. Si les rois de Bavière et d'Alamannie venaient, on établirait entre les quatre princes une parfaite unanimité de vues pour le plus grand bien de l'Église et du peuple^. Quand bien même Carloman et Charles ne se rendraient pas à l'entrevue et ne s'y fei^aient pas représenter, les deux Louis se rencontreraient, à moins d'empêchement grave ; dans ce cas, celui qui serait retenu chez lui préviendrait son cousin qu'il n'eût pas à se déranger. Ce contretemps, d'ailleurs, ne devrait refroidir en aucune façon l'amitié des deux princes, jusqu'à ce que celle-ci fût confirmée de nouveau 5.
Les Annales Bertiniani nous apprennent en outre que les souverains avaient décidé de se réunir sur les bords de la Moselle ; Louis le Bègue s'installerait à Gondreville, et Louis le Jeune où il lui plairait'^. C'est probablement par égard pour Carloman et pour Charles, auxquels on voulait épargner un trop long trajet, que l'on choisissait les bords de la Moselle, et non ceux de la Meuse, comme lieu de la conférence. On peut supposer, quoique ni le traité, ni les Annales Bertiniani ne nous le disent, qu'au congrès projeté les fils de Louis le Germanique et leur cousin auraient cherché à se mettre d'accord sur le partage des Eltats de Louis II. Tel était vraisemblablement le but que se proposaient les deux rois, en décidant de se réunir à nouveau et d'inviter à l'entrevue Carloman et Charles.
Le traité de Fouron témoignait chez les deux contractants d'un louable désir de résoudre pacifiquement les questions litigieuses et de rétablir la paix et la concorde entre les princes francs. Par malheur, ces jjrojets ne devaient pas se réaliser. D'abord, l'entrevue n'eut pas lieu. Louis le Bègue, en quittant Fouron, séjourna quelque temps dans l'Ardenne,
1. Conv. Fur., ch. 9 (CC, t. II, p. 170, et Ann. Bert. 878, p. 147).
2. Conv. Far., ch. i et 5 {C.C, t. II, pp. 1G9 et 170, et Ann. Bert. 878, pp. i45 el i46).
3. Conv. Far., ch. G {CC, t. II, p. 170, et Ann. Bert. 878, p. i46).