UX PARTI APPELLE EN FRANCE LOUIS LE JEUNE
la situation présente du royaume. Quelques grands répondirent à l'appel de Gozlin et de Conrad ; ceux-ci leur persuadèrent d'appeler au trône le roi des Francs orientaux, Louis, qui leur donnerait les bénéfices qu'ils n'avaient pu obtenir jusqu'alors. C'était là un argument décisif, et les auditeurs de Gozlin et de Conrad ne surent pas y résister. On résolut donc d'offrir a Louis le Jeune la couronne de France. Gozlin et Conrad députèrent à ce prince des ambassadeurs chargés de lui apprendre la décision qu'avait prise en sa faveur l'assemblée qui s'était tenue sur les bords de l'Oise. Le roi était invité à se rendre en hâte à Metz, où Gozlin et Conrad se faisaient fort de lui amener les évêques, les abbés et les grands du royaume'. Quel parti allait prendre Louis le Jeune? Six mois auparavant, a Fouron, il avait solennellement promis à son cousin de laisser Louis et Carloman succéder tranquillement à leur père, et même d^ leur prêter au besoin l'assistance de son bras et de ses conseils^. Combien de souverains, à commencer par Louis le Germanique, avaient fait des promesses analogues, qu'ils avaient ensuite oubliées ! Louis le Jeune eut peut-être quelques scrupules de chercher à dépouiller ses cousins, mais il était en puissance de femme. Liutgarde certainement pesa sur son mari pour qu'il acceptât les ouvertures de Gozlin et de Conrad'. Louis quitta donc Francfort, où il venait de célébrer la fête de Pâques (12 avril +), et, suivi d'une nombreuse armée, il se dirigea sur Metz, où il arriva avant le 10 mai). Là, il reçut d'autres envovés de
1. Ann. Bert. 879, pp. i48-i4<J ; Ann. Ved. 87g, p. 29g. Ni les Ann. FalcL, ni Rkginon ne parlent de l'appel adressé à Louis le Jeune par les mécontenls de France.
2. Le cil. 3 de l'exemplaire du Conv. Fur., rédigé au nom de Louis le Jeune et aujourd'hui perdu, devait contenir l'engagement pris par ce prince de permettre aux fils de Louis le Bègue de succéder à leur père, puisque le même article du traité, rédaction de la chancellerie française, mentionne une promesse de ce genre faile par le fils de Charles le Chauve à son cousin (CC, t. II, p. 169).
3. Les reproches adressés un peu plus tard jiar Liutgarde à son mari pour n'avoir pas pris toute la France donnent à penser qu'elle l'avait, au débu', poussé à violer ses serments.