‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 413 sur 764 · Ann. Fuld. 879, p · texte numérisé non relu

Ann. Fuld. 879, p

5. Ann. Bert. 879, p. 149, et B. AI. i52i. Nous avons déjà parlé du diplôme que Louis rendit à Metz le 10 mai en faveur de Gorze, à la prière de l'évèque Wala, et menlionné l'avènement de ce prélat qui, en mars ou en avril 87G, monta sur le siège de Metz. Il était sur le point d'entrer en conflit avec son métropolitain, voici à quelle occasion. Le 6 septembre 878, le pape Jean VIII avait conféré à Wala le pnllium, réservé d'habitude aux métropolitains, mais dont plusieurs prélats messins, Urbitius, Chrodegand, Engelrand et Drogon avaient éié honorés (J. E. 3i83, Migxe, t. CXXVI, col. 798-799; cf. Miracula S. Glodesiadis, ch. 29, Sigebert, Vita Deoderici I e/>P' MeW^^, ch. 10, Gesta Treverorum, ch. 27, Gesta epp. Mett., SS., t. IV, pp. 237 et 469, t. VIII, p. lôô, t. X, p. 54i). Le jour de Pâques, probablement de l'année 879, Wala revêtit le pallium. Bertulf, ayant appris la chose, demanda des explications à son sufTragaal, qui lui répondit que le Souverain Pontife lui avait accordé l'usage du /irt//«awi, ajoutant que quatre de ses prédécesseurs avaient reçu pareille faveur. Mais l'archevêque de Trêves, à cheval sur ses droits, lui répliqua qu'un évêque devait demander l'autorisation de son métropolitain, avant de s'attribuer une prérogative nouvelle et dont tous ses prédécesseurs n'avaient pas joui ; il lui enjoignait en oulre de ne plus revêtir le pallium, tant qu'il ne lui en aurait pas demandé la permission {Gesta Trev., ibid.). Un grave conflit menaçait d'éclater entre Bertulf, a;)puyé sur ses droits de métropolitain, et Wala, fort du privilège que lui avait octroyé le pape. Heureusement rin:ervention d'Hincmar, sollicitée peut-être par l'une des parties, sinon

4'^6 I-A LOKUAI.NE l'.VUTAfiKE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLE!\IA(;NE («*xj-87ij).

(lo/liii et lie (loiiiail; ces driix [)or.soniiii(j(>.s lui raisaient ilciiiaiidcM' de venir on personne îi ^'er^lun, où ils se trouvaient eux-inènies, attendu qu'il leur serait plus facile de lui amener dans cette ville le peuple du rovcuuuo. Louis partit donc pour Verdun, mais son arrivée y causa de fjrantls liésoidres. Les habitants ayant voulu vendre leurs denrées à un prix exorbitant, les soldats de Louis, mécontents, se miretit a piller, et ils firent plus de mal ([ue les païens'.

Les projets de (lozlin et de son parti, l'arrivée de leur candidat avec une forte armée avaient elVrayé les conseillers du fils de I^ouis le liècjue. Ne se sentant probablcuicnt pas assez forts pour tenir tète au roi des Francs orientaux, ils cherclièrent ;i conclure un accommodement avec lui : on lui abandonnerait la moitié de la Lorraine qu'avait obtenue Charles le Chauve en 870, et à cette condition il laisserait Louis et Ciarloman jouir en paix du reste des Etats de leur père. Vulgaire, évèijuc d'Orléans, les comtes (înérard et Ansgaire furent chargés d'aller porter ces propositions à Louis le Jeune, qui n'avait pas quitté Verdun. Elles j)arurent avantageuses à ce prince, ainsi qu'à son entourage. Les grands qui, au dire de (îozlin et de Conrad, devaient se rallier à lui, ue venaient pas ; la conquête de la France serait longue et difficile ; puis, les événements qui se passaient en Bavière, où s'agitait Arnulf, le bâtard de Carloman, nécessitaient la présence de Louis dans le royaume de son frère. 11 accepta donc les offres des conseillers de Louis III, et renvoya honteusement Gozlin, Conrad et leurs amis^ Avant de quitter la Lorraine, il fit partir quelques-uns de ses fidèles pour le pays situé de l'autre côté de la Meuse 5 ; sans doute, il faut entendre par là la région lorraine comprise entre la Meuse et l'Escaut ; et la mission des envoyés de Louis le Jeune devait consister a recevoir les serments des grands à leur nouveau souverain +.

Cela fait, Louis retourna à Francfort, où il retrouva sa femme. Liutgarde l'accabla de reproches : pourquoi avait-il cédé ? Si elle avait accompagné son mari, celui-ci aurait obtenu tout le royaume de Louis le Bègue. Elle fit bon accueil à Gozlin et à (ùmrad, qui avaient pris la route de Francfort pour venir inq)lorer son a]»pui. Ils se plaignirent à

])ar tuiites les deux , apaisa la querelle avant ([u'elle eut pris des proportions incpiiélantes. L'archevccpie de Reims écrivit à W'ala en l'invitant à se soumettre à BertuH', et l'évèquc de Metz suivit ses conseils (Flodoaiu), •//. /{. E., liv. III, cli. 23, t. II, p. 3o3, et (iestd Treu., ihid.). Sc.uiukhs {llinlinuir, Heij. Ilinc. n» l\t\i, et p. r)5i, n. i43), se tr-om[)e certainement en pla(;ant la lettre d'IIincmar en 878; elle est de 879 au plus toi, ]iuis(iue le conilil de IJertidl" et de W'ala est |)ostérieur, nous l'axons vu, au jour de ITupies 879. Un peu après son avènement, W'ala avait écrit à l'arehevèiiue de Reims pour lui deiuaiuler (juelcjues conseils; Hinemar lit droit ii sa prière (Fldiio.vku, ibuieii).

1. A/iii. Beil. 879, p. 1A9, Ann. Fuld. 879, p. 93. En se reutlant à Verdun, do/lin el (lumad aurai^'nt, d'ai>rès les Ann. Bert., dévasté h pays (pi'ils traversaient.

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