Voir plus haut, pp. i4o-i4G et
2. Gingins-la-Sarra, Mémoires, etc., t. II, p. 7, croit qu'à ce moment Hugues avait à peine dix ans, mais ce n'est là qu'une simple hypothèse.
3. Laguille, Histoire d'Alsace, p. 127, col. i, Grandidier, Histoire de Strasbourg, t. II, p. 221, et Gfrœrer, t. II, p. 217, se trompent en admettant que Hugues resta maître de l'Alsace après la mort de son père.
4. RÉGiNON, Chronicon 883, p. 121 : « Hugo Wicbertum comitem, qui ab ineunte aelate sibi favcrat, interfecit. » Régi.non ne dit pas formellement que Wibert eût élevé le fi's de Lothaire, mais la chose est vraisemblable.
5. Cette charte est imprimée dans Ghifflet, Histoire de l'abbaye royale et de la ville de Tournus, preuves, p. 212.
J^44 LA LORRAINE REUNIE TOUT ENTIÈRE A l'aLLEMAGNE (87(j-8(jr)).
fils du feu coiuto Méronçjer'. En outre, Fhujues, nous le savons, prêta serment h Louis le lUujue- : c'est donc (jue lui-inènie, et sans doute aussi sou protecteur ou tuteur, étaient sujets de ce prince. Wibert avait été traité en fils par Lothaire, (|ui s'était montré généreux à son égard ; le comte se plaît ;i le rappeler dans la charte, mentionnée cidessus, pour Saint-Phill)ert de Tournus, qui est du 20 janvier 870, postérieure par consé({uent à la mort de Lothaire 3. Wibert ne témoigna pas seulement par des paroles sa reconnaissance à la mémoire de son bienfaiteur, il prit avec bu le petit Hugues et l'ut pour l'enfant un second père+.
Hugues ne fit pas parler de lui sous le règne de Charles le Chauve ; il prêta même serment de fidélité à Louis le Bègue. Mais bientôt après il commença, non pas peut-être à se poser en prétendant au trône qu'avait occupé son père, mais tout au moins à secouer l'autorité du roi de France. L'état troublé du pays ii celte époque et la faiblesse de Louis lui parurent être des circonstances favorables pour se révolter. Il réunit une troupe de bi-igauds, nous dit Hincniar> ; les partisans de Hugues se comportèrent peut-être en plus d'une occasion comme des bandits, mais, nous en avons déjii fait la remarque, plusieurs comtes ou grands de la Lorraine se prononcèrent pour le fils de Lothaire, soit dès 878, soit plus tard. Citons en particulier le comte Wibert, qui avait élevé Hugues, et qui le soutint dans sa carrière de prétendant, les comtes Etienne et Robert, et deux frères, Alberic et Etienne, que Réginon ne qualifie pas de comtes^. Hugues trouva même un allié bien inattendu dans le comte Thiébaud, fils de l'abbé Hubert, et, pour se l'attacher, il lui donna sa sœur Berthe eu mariage 7 : un neveu de Theutberge épousant une fille île
1. Cette charte, du 18 septembre 88a, se trouve dans le Cartulttire de Saint-Vanii", Bib'iotliè(jue nationale, fnuls latin 11° r)435, (" 3, verso. Nous l'avons publiée à la lin tlu volume.
2. Nous le savons par l'excommuniation fulminée en 878 par le pape Jean VIII conire Huyues (J. E. 3i84, Mignk, l. CXXVI, col. 7yy).