Ann. Fuld. 880, p. 94; Ann. Bert. 880, p. i5i
2. Ann. Bert. 880, p. i5i ; Ann. Fuld. 880, p. gS ; ces dernières annales ne mentionnent pas la venue de Cliarles le Gros à Gondreville.
3. D'après les Ann. Fuld. 880, p. g5, Louis, en même temps qu'il envoie ses ambassadeurs à Gondreville, expédie une armée commandée par Henri et Adalard contre le bâtard de Lothaire II ; elles ne font du reste pas participer Louis III et Carloman à la bataille que perdirent les troupes de Hugues. Selon Hincmar, au contraire, les fils de Louis le Bègue se joignent à l'armée de Louis le Jeune, et cette expédition n'a lieu qu'après l'entrevue de Gondreville, où elle avait été décidée. Cette façon de présenter les événements nous parait beaucoup plus naturelle et plus vraisemblable, et nous croyons que ce sont les généraux de Louis le Jeune, Adalard et Henri, qui ont représenté leur maître aux conférences de Gondreville et discuté avec les trois souverains présents le plan de campagne qu'il convenait de suivre.
5. Nous avons vu qu'il y avait doute sur l'époque de sa mort, certaines sources le faisant mourir le 22 mars, d'autres le 22 septembre.
6. D'après les Ann. Bert. 880, p. i5i, c'est au milieu de juin qu'eut lieu la conférence, placée à tort en août par les Ann. Fuld. 880, p. 95.
45o LA LORRAINE RÉUMi: TOUf I.NTIKRK A l'aLLEMAGNE (879-8^5).
Nous avons ex[)Osé au début tle ce cliapilre ([uels étaient les alliés du lils de Waldrade, dans c[uelle réyion il les avait recrutés, et quels avaient été ses [)renùers actes. Jus([u'alors on avait pu le considérer comme un chef de hriyands plutôt que comme un prétendant au trône. Il allait maintenant réclamer le royaume qu'avait gouverné son père, et dont l'avaient exclu ii la mort de celui-ci autant sa jeunesse que la tache de sa naissance. En essayant de repousser les Normands, Hugues avait voulu prouver aux Lorrains qu'il était capable de les défendre ; il supposait ([u'on lui saurait gré de sa conduite, qui contrastait avec celle de Louis le Jeune, plus occupé ii dépouiller son frère ou ses cousins de leurs Etats ([u'à faire son métier de souverain en chassant les Barbares de son royaume. Malheureusement [)Our Hugues, le succès ne répondit pas à ses espérances ; son armée fut mise en déroute.
Toutefois, cet échec ne le découragea pas, et il n'en résolut pas moins ilexécuter le projet (pi'il nourrissait depuis longtem[)S, les circonstances lui [)araissant favorables. Après avoir obtenu la cession de la moitié occidentale de la Lorraine, celle-là même où résidait Hugues, Louis le Jeune avait dû se rendre en Bavière, où il demeura jusqu'au mois de décembre. En fait, la Lorraine se trouvait sans maître, abandonnée à ellemême. Hugues crut que le moment était propice pour revendiquer l'héritage de son père. Il ne se fit pas sacrer, du moins aucun auteur ne le dit, mais il y eut peut-être une sorte d'élévation au trône, une cérémonie où les partisans de Hugues le reconnurent pour roi et lui prêtèrent serment de fidélité. Voilà du moins ce qui semble ressortir du récit de Réginon ', dont le témoignage est précieux, car il s'était rencontré dans son abbaye de Prùm avec le fils de Lothaire, qui y fut interné quelque temps après qu'on lui eut crevé les yeux. C'est à l'année 883, il est vrai, que le chroniqueur mentionne l'hommage rendu à Hugues par quehfuesuns des grands dî la Lorraine. Mais l'exactitude en matière de chronologie n'est pas une des qualités de Réginon. Il a en outre le soin de commencer son récit par ces mots circa hsec tempora, nous avertissant ainsi que les événements qu'il rapporte ne sont pas nécessairement de 883. (]omme d'ailleurs il parle de Hugues pour la première fois, il rappelle et groupe les faits principaux de la vie de ce personnage, faits qui peuvent en réalité être répartis sur une période de plusieurs années. Il n'y aurait donc rien d'invraisemblable à ce que la soumission au lils tle Lothaire de quelques-uns des comtes lorrains ait eu lieu en 879. Ajoutons que des brigands, au dire du même Réginon et d'Hincmar, composaient l'armée de Ikupies.
A la iu)uv('lle des déprédations (pie commettaient celui-ci et ses partisans, Louis le Jeune envoya contre les rebelles quehpu\s-nns de ses
I. l'Jironiriin d.K\, p. itio; Ifs Ami. Fnld. 87(), p. (i.'i ilisciit : « IIikjo lllolharii ex \\';i!- (Irali liliiis l,\ raiiiiidcii» iii (iallia cxcrrchnl. « (le sont les Icrincs <'in|>l()yt's pour ilfsitpicilin prélciulaiit au tronc, un iisiirpaleiir, mais non pas ni) clicl" ilc l)rii|aiuls ni un st'iijncnr ri'vnlli'-. Les Ann. lifit. 871), p. ifxi disent de uk^iuc : « Ilmp) eliaiii, tiiius jniiioris Illutliaiii ex Waldrada, collccla pra'diiniMii nndlitndine, rccpiuiu palris siii esl iiioiilus iinadere. »