Voir Conventus Mantalensis, CC, t. II, pp. 365-36g
7. RÉGINON, Chronicon 87g, p. ii4. — Sur l'éleclion de Boson, voir Gingins-la-Sarr.v, Mémoires, etc., t. I, les Bosonides, p[). 70-77, et Dcmmler, t. JII, pp. 122-126. Noorden, J/inkmar, p. 371, sup[)Ose ipie Jean VIII favorisa l'éleclion de Boson.
454 LA LORRAINE RÉUNIE TOUT ENTIÈRE A l'aLT.KMAGNE (879-8y.'i).
Il Malt formé de territoires qui poiii- la plus graiule partie recounaissaient en 877 l'autorité de (Iliarles le Cdiauve, mais dont quelques-uns aussi appartenaient soit avant, soit après la mort de rein})creur, h son neveu et homonyme, le roi d'Alamannie '. Charles le (îros, Louis 111 et Carloman, et en lin de compte ce dernier seul, à l'exclusion de son frère, se trouvaient lésés par l'usurpation de Boson. Le traité d'Amiens avait en effet attribué h Louis lll la Franrin et la Neustrie, à son frère la Bourgogne et l'Aquitaine. Ouant h Louis le Jeune, nous avons dit précédemment que la cession à lui faite en 879 et confirmée en 880 ne s'étendait nasaux />rtr// hourguignons et proven(;aux qu'avait gouvernés Lothaii-e IL En résumé, les Normands de l'Escaut et Huçjues menaçaient Louis le Jeune et Louis III, tandis que Charles le Gros et (^iailoman étaient intéressés a combattre Boson. Encore Hugues ne s'attaquait-il pas directement au fils aîné de Louis le Bègue, puisque celui-ci avait du renoncer à la Lorraine ; tout au plus le jeime roi de la France occidentale avait-il à craindre des incursions faites dans ses Etats par les partisans de Hugues. Tels étaient les deux personnages contre lesquels les descendants de Louis le Germani([ue et de Charles le Chauve allaient s'entendre, comme quarante ans auparavant ces deux derniers princes s'étaient unis contre l'aïeul de Hugues et d'Ermengarde. Le mariage de Boson avec la fille de Louis II ne lui conférait aucun droit sur la Provence, la chose est hors de doute. Hugues, sans être le fils légitime de Lothaire II, n'en avait pas moins ce prince pour père, et sa mère Waldrade appartenait a une famille noble. Il avait donc, pour régner, autant de titres que Louis III et Carloman ou qu'Arnulf, qui, après avoir été écarté du trône par ses oncles, finit par s'v asseoir. Il est vrai qu'Arnulf sut attendre son heure, il ne montra pas la même hâte que Hugues et ne recourut pas comme celui-ci h toutes sortes de moyens, plus ou moins avouables, pour arriver à ses fins.
Les deux prétendants s'étaient-ils concertés en vue d'une action commune ? Boson avait épousé la cousine germaine de Hugues, il avait les mêmes visées que ce dernier, et les mêmes ennemis les menaçaient l'un et l'autre. Tout rapprochait donc le gendre de Louis II du bâtard de Lothaire II, tout les invitait à unir leurs forces. Remarquons en outre que leurs tentatives se produisirent presque en même temps, et qu'après la capture et l'internement de Hugues, sa sœur Berthe et son beau-frère Thiébaud trouvèrent un asile en Provence auprès de Boson ^. Ainsi, l'alliance du mari d'Emengarde et du fils de Waldrade nous apparaît comme naturelle et Yraisend)lable, mais, aucun annaliste contemporain n'en disant rien, nous n'osons affirmer qu'elle ait réellement existé.
A (londreville, les souverains francs arrivèrent facilement ;i une en-
1. Sur l'étendue des États de Boson, voir Cuncins-lv-Saiiua, ihid., pp. 78-79, el DOmmi.kh, pp. ia(j-ia7.
2. Tliiél)aii(l ('lail du reste le jtropre cousin (p-nnain de Itoson, dont le pi-re a\ait i''|H>use une sœur de l'abljé Hubert.