‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 433 sur 764 · DÉFAITE DES TROUPES DE HUGUES · texte numérisé non relu

DÉFAITE DES TROUPES DE HUGUES

tente, et décidèrent qu'une double expédition serait dirigée contre les usurpateurs : la première, qui aurait Hugues pour objet, serait organisée par Louis le Jeune et par ses cousins. Ensuite ceux-ci et Charles le Gros marcheraient contre Boson. Il est probable que l'on arrêta le sort des provinces dont ce dernier s'était emparé, une partie devant revenir à Carloman, le reste à Charles le Gros.

Le roi d'Alamannie et d'Italie était l'héritier de Louis le Jeune, depuis que ce prince avait perdu ses deux fils. Peut-être promit-il alors à ses cousins, pour obtenir leur appui contre Boson, de leur restituer, après la mort de son frère, la moitié occidentale de la Lorraine que Louis leur avait enlevée'.

L'entrevue terminée, on se mit en campagne contre Hugues. Mais les Annales qui nous parlent de cette expédition, tout en s'accordant sur le résultat final, diffèrent entre elles sur la participation des fils de Louis le Bègue à la défaite du fils de Lothaire II. Hincmar l'affirme, tandis que les Annales de Fulda et de Saint-Vaast n'en disent rien. Les premières même font marcher contre Hugues les troupes de Louis le Jeune, conduites par Henri et Adalard, pendant l'entrevue de Gondrevllle, où le roi des Francs orientaux avait d'ailleurs envoyé ses représentants. Il est difficile de se prononcer entre des sources également bien informées. D'après les Annales Bertiniani, c'est en se rendant de Gondreville à Attigny que Louis III, son frère et les troupes de Louis le Jeune rencontrèrent l'ennemi. Les autres documents ne disent pas où se livra la bataille. Ce qu'il y a de certain, c'est que Hugues lui-même n'était pas à la tête de ses troupes ; celles-ci, qui formaient l'élite des soldats du prétendant, avalent pour chef le fils d'Hubert, Thiébaud, qui avait épousé Berthe, sœur de Hugues. Après un combat opiniâtre, qui coûta la vie à beaucoup d'hommes des deux partis, la victoire finit par rester aux armées des souverains alliés. Thiébaud parvint à s'échapper sain et sauf, et à se réfugier peutêtre en Provence^. C'était pour Hugues un coup terrible. Il ne lui parut plus possible de continuer la lutte, et, l'année suivante, quand Louis le Jeune se rendit à Gondreville pour y rencontrer Louis III, Hugues vint le trouver et lui fit sa soumission. Le roi des Francs orientaux fit bon accueil k son cousin, et, dans l'espérance de se l'attacher, lui donna en bénéfice

1. C'est à ce moment que, d'après Kalckstein, Abt Hugo, F. D. G., t. XIV, p. io3, et DuMMLER, t. III, p. 1^4, !'• i> Charles le Gros aurait promis à ses cousins de leur restituer la Lorraine occidentale. Mûlbacher, Reg. Kar., p. 617, croit que cet engagement fut pris un peu plus tard, pendant le siège de Vienne, et y voit les serments échangés entre le roi d'Alamannie et les fils de Louis le Bègue, que mentionne Himcmar, Ann. Bert. 880, p. i5i. Ce qui est certain, c'est que Charles avait fait la promesse de rendre la partie de la Lorraine que son frère s'était fait céder en 879 {Ann. Bert. 882, pp. i53-i54). Leibniz, Ann. imp, occ, t. II, p. 70, conteste à tort l'existence de cette promesse.

2. Ann. Bert. 880, p. i5i ; Ann. Fuld. 880, p. g5 ; Ann. Ved. 880, p. 3o4- Les Ann. Lniibienses 880 {S S., t. IV, p. i5), font mourir à tort Thiébaud à cette bataille. Ernouf, op. cit., p. 5g, n. i, Bïjchting, Glaubwiirdigkeit Hinkmars, p. 36, et Mûhlbacher, Reg. Kar., p. 607, attribuent la défaite de Thiébaud aux seules troupes de Louis le Jeune, tandis que Kalckstein, Abt Hugo, F. D. G., t. XIV, p. io4, et Dûmmler, t. III, p. i45, admettent cjue Louis III et Carloman y contribuèrent.

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plusipurs comtés et quelques ahbayes, dont celle de Lobbes". Mais cotte (|éiiéroslté ne toucha pas Hugues qui, peu de temps aj)rôs, se laissa entraîner par de mauvais conseillers h violer ses serments. Il se révolta ou conspira; bref, il fallut envoyer contre lui une armée, qui l'obliqeaci évacuer le pays et a se retirer en Bourgogne*.

Après l'expédition ([ni s'était terminée par la défaite des meilleures trou{)es de Hugues, on marcha, comme c'était convenu, contre Boson. Louis m, Carloman et l'armée de Louis le Jeune passèrent en Bourgogne et descendirent la vallée de la Saône. IMàcon, défendue par les soldats de l'usurpateur, fut emportée'. Lyon ne fit pas de résistance, et l'on arriva devant Vienne, la capitale ou tout au moins la principale place forte de la Provence. Pas plus (jue Gérard en 870, Boson ne s'y était enfermé ; il y avait laissé sa femme et sa fdle avec une forte garnison, tandis que lui-même se retirait dans les montagnes 4. Le siège commença. Charles le (Iros avait depuis quelque temps déjà rejoint ses cousins, tandis que vraisemblablement les troupes de Louis le Jeune avaient regagné leur pays. Mais Charles le Gros, malgré ses promesses, ne tarda pas à prendre le chemin de l'Italie 5, oi'i il allait ceindre la couronne impériale en février 881^.

Puis la nouvelle arriva à Louis III que les Normands avaient battu Gozlin et les troupes destinées à tenir en respect les pirates, et qu'ils dévastaient le pays situé entre la Somme et l'Escaut?. Laissant Carloman sous les murs de Vienne 3, il remonta vers le nord pour repousser les

1. Afin. Fiild. 881, p. 96; Ann. Laubi. 878 et 880, Gesta abb. Lob., ch. i3, Fundutio mon. Lob., ch. i5, De fundatione et lapsu mon. Lob., ch. 6 (SS., t. IV, pp. i5 et Gi, I. XIV, pp. 545 et 55o).

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