‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 437 sur 764 · Ann. Ved. 881, p. 809; Ann. Bert. 881, p. i · texte numérisé non relu

Ann. Ved. 881, p. 809; Ann. Bert. 881, p. i

458 LA LOURAINi: UKITME TOIT ENTIKRK A l'aLI.EMAGNE (87fj-8(/)).

leur iiiflifiea le 3 août, à Saiicourt-en-Viineiix, une sanglante iléfaite ; t'ik' leur inspira ii l'éjjard du jeune prince une crainte salutaire'. Louis ayant réuni une nouvelle armée, vint se poster à Estrun dans le Cani- ])résis. Dés qu'ils l'apprirent, les Normands, qui étaient retournés dans leur cain[) de ('ourtrai, repiirent le chemin de (land où était stationnée leur Hotte, s'end)ar([uérent et descendirent l'Escaut'. C'était un heau résultat ([n'avait obtenu le jeune roi. Il avait prouvé qu'avec du courage on venait îi bout des païens, et l'on savait maintenant que ceux-ci ne s'obstuiaient j)as à lutter contre un adversaire (pi'ils sentaient plus fort qu'eux.

Si la France était débarrassés des Normands, le fléau allait s'abattre sur la malheureuse Lorraine. Les pirates, une fois sortis de l'Escaut, remontèrent la Meuse et vinrent s'étal)lir à Elsloo en aval de Maastricht. Godfrid et Siqfrid, leurs chefs, disposaient de forces importantes en infanterie et en cavalerie, car des renforts leur étaient venus?. La vallée de la Meuse subit les premiers efTets de leur rage. Ils prirent et pillèrent Maéstricht, Liège, la Hesbaye, et auraient même poussé jus(iu'k Cambrai+. Puis se tournant vers l'est et le suil, ils envahirent le pays des

1. Ann. Ved. 88i ; Ann. Bert. 881, j). i52 ; Régi>o>", Chronicon 883, p. lao. Les Annales Besuenses el 1rs BUindinienses {SS., t. II, p. a48, et t. V, p. 89) donnent, le jour de la bataille. Voir encore un chant en langue leutonique composé en l'honneur de Louis III et de sa victoire à Saucourt (/?. //. Fr., t. IX, pp. yy-ioi). Hl\c..m.vr, dans ses Annales, a cherché à diminuer l'importance de cette bataille par un sentiment de mesquine rancune à l'éyard du jeune roi, avec lequel il avait eu des démêlés au sujet des élections épiscopales de Noyon el de Bcauvais. Saucourt-en-Vimeux est situé dans le département de la Somme, arrondissement d'Abbeville, canton d'Ault, comnuine de Nibas.

2. Ann. Ved. 881, i)p. 3ii-3i2. Estrun se trouve dans le dé|)artement du Nord, sur la rive (jauche de l'Escaut, arrondissement de Cambrai, canton nord de cette ville. D'après HixcMAR, Ann. Bert. 881, p. i52, Louis n'aurait trouvé personne qui consentît à tenir garnison dans cette Ibrleresse, mais cette assertion est très suspecte, vu la malveillance de l'archevêque de Reims à l'égard de Louis III.

3. Ann. Fuld. 881, p. 96; Ann. Ved. 881, p. 3i2 ; Rkgixox, Chronicon 881, p. 118. Elsloo est aujourd'hui une localité du Limbourg hollandais, arrondissement de Maésiricht. Il y avait à Elsloo un palais royal d'après un diplôme de Lothaire II du i3 seiilembi'e 860 (B. M. 1207); Charles le Gros y rendit un diplôme le 19 juillet 882, alors qu'il assiégeait le camp des pirates (H. M. iBgO), et Arnulf confirma le i3 juillet 888 une donation qm> Notre-Dame d'Aix-la-ChajJelle avait reçue de Lothaire II à Elsloo ainsi (jue dans d'autres villtr royales (B. M. 1748). L'étahlissement des Normands à Elsloo est encore mentionné par les Annul. Antjlostixon. 882, par le J)e rébus ijeslis .Elfredi d'AssER et le Chronicon d'ETHKLWKRi), liv. IV', ch. 3 {SS., t. XIII, pp. lo/j 121 et i23).

A. Ann. Fuld. 881, ]). 96; Régino.n, Chronicon 881, p. 118. — Pour Maëstrichl, nous avons un récit légendaire donné par Joconde, Trtmslatio S. Seroatii, ch. 18 el 19 (^S\V., l. XII, p. 98) : les Normands entrent sans résistance dans la ville, que ses habilanls avaient abandonnée, el ils essaient, mais en vain, par deux Ibis, de mettre le feu à l'église Saiiil-Servais. De l'endroit où ils s'étaient réfugiés, les gens de Maésiricht voient ce miracle, el, reprenant courage, ils marchent contre les barbares, qu'ils chassent de leur cilé. — Gn.LKS u'Orval, dans ses (Jesta cpp. Leod., liv, II, ch. 87, cf. ch. /ja (SS., l. XXV, pp. 49 el 5a), donne sur la prise de Liège par les Normands (juehjucs délails que l'on ne retrouve pas ailleurs. D'après Folcui.n, (Jestti <ibl>. Lob., ch. 17, el d'a|»rès les (Jesta epp. Leod., liv. II, ch. 19 {SS., t. IV, p. Oa, et l. Vil, p. 199) Francon, évêcpie de Liège, et le comte Régnier auraient opposé aux païens une vigoureuse résistance et n'auraient pas cessé de lutter coniri'. eux, avec des alterna'ives de succès et de revers, jusipi'ù la ciinversinri de G.idf.'id. Sur les invasions des .\ormands dans le pays de Liège, voir un travail de 1". IIkn.vux dans le Messinje • des sciences histi)rit/ites de Ueltjitjue, 1847, p|>. 377

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