Cont. Ratisb. 882, pp
3. Les noms des chefs normands sont donnés par la Cont. Rntisb. 882, p. 108 ; les Ann. Be/'t. 882, p. i53, parlent de Godfrid, de Sigfrid et de Vurm, Réginon, Chronicon 881 et 882, pp. n8-i20, de Godfrid et de Sigfrid, les Ann. Fuld. 882, pp. g8 et gg, et les Ann. Ved. 882, p. 812, de Godfrid. Ce dernier n'est autre que le vaincu de Thiméon. Doit-on l'identifier avec le neveu d'Hcriold ? La chose n'est pas certaine, et nous avons vu précédemment que les historiens modernes différaient d'avis à cet égard. — C'est au début de juillet que l'empereur arriva devant Elsloo. Il serait passé à Liège le 3o juin, s'il est vrai, comme le supposent Mijhlbaciikr, Reg. Kar., p. 625, et Dûmmler, t. III, p. 201, n. 2, que le diplôme faux de Charlemagne pour Turpin (B. M. 46G) ait ét(; fabriqué d'après un acte aulhentique de Charles le Gros. LTn diplôme de ce prince pour l'abbaye bavaroise de Metten (B. M. i5g6) nous le montre à Elsloo le 19 juillet.
4G4 1-V LOIUI.VINK UÉLMK TOUT li.NTIKRE A l'aLLEMAGNE (87ij-8(jr)).
2 1 juillet, un violent orufje (jui jeta l'elTroi parmi assiégeants et assiétjés'. D'autre [)art, comme la chaleur était très grande, les cadavres tombaient rapidenu'ut en putrélaction, et l'odeur (ju'ils dégageaient incommodait les lituipes de Charles et les Normands^. C'eux-ci iiK'me commençaient à se décourager et désespéraient d'échapper à la mort, tpiand des ouvertures leur arrivèrent de la part de l'empereur'.
Au bout de douze jours de siège, la patience ou la fermeté de ce prince étaient k bout. Alors qu'avec un peu de persévérance il pouvait réduire les pirates par la famine et les contraindre à capituler sans conditions, il aima mieux conclure avec eux une paix déshonorante. D'après le moine Méginard, qui a écrit la troisième partie des Annales Fulc/enses, de perfides conseillers auraient égaré Charles le Gros ; l'un d'eux était le propre chancelier de ce prince et son favori, Liutward, évêque de Yerceil, l'autre un certain comte Wibert. Ce dernier ne serait-il pas le tuteur, le père nourricier de Hugues le Bâtard + ? Ce qui sendjlerait l'indiquer, c'est que Charles, après avoir traité avec les Normands, donna à Hugues les revenus de l'évèché de Metz ; cette générosité s'expliquerait par l'intervention de Wibert, qui aurait employé en faveur de son protégé l'influence qu'il avait acquise sur Charles le Gros. Ces deux personnages, Liutward et Wibert, se seraient laissé corrompre par les Normands, et auraient persuadé à l'empereur de traiter avec Godfrid. Le Normand se rendit ii l'invitation de l'empereur et conclut une trêve avec lui. Des otages furent donnés de part et d'autre >.
Au cours des négociations, qui durèrent deux jours, les Normands, voulant prouver leur bonne foi, élevèrent, suivant leur coutume, un bouclier en l'air, et ouvrirent les portes de leur camp. Quelques-uns des assiégeants j entrèrent, les uns poussés par la curiosité, les autres pour faire du commerce. Mal leur en prit. Avec leur pei'fidie habituelle, les Normands enlevèrent le bouclier, fermèrent les portes du camp, et massacrèrent ou firent prisonniers les imprudents qui s'étaient aventurés dans leurs retranchements^. Un pareil acte de mauvaise foi méritait des représailles. L'empereur avait fait preuve de faiblesse en entamant des pourparlers avec un adversaire qu'il pouvait réduire à merci ; les continuer, après la violation de la trêve, était une lâcheté. Comment Arnulf, comment le comte Henri ne le firent-ils pas comprendre à Charles le Gros ? Peut-èire l'essayèrent-ils, mais sans succès.
Le massacre et la capture de ses soldats n'empêchèrent pas l'empereur