Ann. Sert. 882, p. lô
3. C.vLMET, t. I, col. 789, croit à tort que cette démarche des grands de la Lorraine occidentale fut faite auprès de (larlouian. Wknc.k, Die tJrhehunij Arniilfs, p. I\i, n. 45, trouve naturel que les seigneurs lorrains soient revenus à Louis III ajirès la mort du roi au(piel ils avaient été rattachés pendant un très court espace de tciii|is.
4. Ann. Fuld. 882 et Conl. Rufishonensis 88a, pp. (j8 et 107 ; Régi.no.n, Chroniron 882, p. iKj. Pendant son séjour à W'orins, (Iharles rendit deux diplômes en faveur d'alibaxes lorraines. Le 17 mai, l'enipefcur, sur le conseil de son ueveu \\'odelric , conlirma la possession de Moivron aux m jiaes de Gjrze, (jui étaient venus se plaindre à lui du dénuement où ils se trouvaient depuis la mort de l'évècpie de Melz, Wala (B. M. i5ij4, Hinhiire <le Metz, t. III, preuves, p. /p ; cf. B. M. 1/17."), (jui a servi de modèle). Le au n\i\\ il concéda au monastère de l'riun, qui venait d'être dévasté par les Normands, la curtis do Neckarau (où l'ahhaye avait déjà une pêcherie et des domaines, B. M. iltli'i cl i4r>o)avec toutes ses dépendances, ainsi qu'un tiers de la foi-èt de Liedolslieim (B. M. ifxj^, M/(. VIL, (. L, n» iMi). — (",e Wodclric, cpii (Iqure comme intercesseur dans B. M. iSy/i, et i[\ui (Iharles (iii;i!iiic de nvpus, est d'ailietu's complèti'menl iiuH)nrui.
SIÈGE d'eLSLOO par CHARLES LE GROS (F82). 463
lie, où il se trouvait depuis la fin de 880. Arrivé en Bavière, il y reçut l'hommage des grands de son frère venus à sa rencontre, et il convoqua à Worms une assemblée générale. A ce plaid, qui se tint en mai, le reste des seigneurs qui avaient dépendu de Louis le Jeune fît sa soumission à l'empereur. Mais l'objet principal de l'assemblée était d'aviser aux mesures qu'il convenait de prendre contre les pirates d'Elsloo. On décida la réunion d'une grande armée, à laquelle tous les peuples soumis à Charles le Gros fournix'aient leur contingent. C'est en juin, à ce qu'il semble, qu'elle se réunit. On y trouvait des Francs, des Frisons, des Saxons, des Thuringiens, des Alamans, des Bavarois et jusqu'à des Lombards. La concentration des troupes se fît très probablement sur les bords du Rhin, peut-être à Worms même, car elles se mirent en marche le long du fleuve, l'empereur par la rive gauche, Arnulf, son neveu, avec les Bavarois suivant la rive droite. A Andernach, ceux-ci passèrent le Rhin et se réunirent au gros de l'armée ^
L'empereur décida alors de constituer une avant-garde formée d'Arnulf et de ses Bavarois, et des Francs commandés par le comte Henri, un des vainqueurs de Thiébaud en 880. Cette avant-garde avait pour mission de chercher à surprendre les ennemis, à les attirer dans une embuscade hors de leurs retranchements, et à les faire prisonniers. Le plan était bon, étant donné le mal que l'on avait à forcer les camps fortifiés des pirates, tandis qu'en rase campagne l'on arrivait à les battre. Malheureusement, il y avait parmi les Francs des traîtres qui s'étaient laissé corrompre par les Normands. Ils prévinrent ceux-ci de la surprise qui les menaçait, et les pillâtes se tinrent sur leurs gardes. Quelques-uns d'êïïtre eux furent tués cependant, mais le coup était manqué. Arnulf et Henri reprirent alors la route du camp de l'empereur ^. Le stratagème ayant échoué, il fallait procéder à un siège régulier. Cliarles se mit en marche avec toute son armée et vint bloquer les retranchements d'Elsloo, où s'étaient enfermés les Normands. Ceux-ci avaient pour chefs Godfrid et Sigfrid, que les annalistes qualifient de rois, et les princes Vurm et Hais 3.
Quelques jouts après l'arrivée de l'armée impériale, il éclata, le
1. Ann. Fuld. 882 et Cont. Ratisb. 882, pp. 98 et 107; Réginon, Chronicon 882, p. iig. Les Lombards sont mentionnés par Réginon et par la Cont. Ratisb., les Frisons par