‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 45 sur 764 · Adn. Hi.ui)., ch. 4. p · texte numérisé non relu

Adn. Hi.ui)., ch. 4. p

«j. Ann. FuUI. 8/17, p. 30.

LE PREMIER CONGRES DE MEERSSEN (8A7). 3g

juin à Paris ^ Pour qu'ils jugeassent utile de tenir un deuxième congrès à un intervalle aussi rapproché du premier, il fallait que celui-ci eût laissé, sans les régler, des questions importantes. Nous savons bien que Pépin était convoqué à Paris pour comparaître devant ses oncles. Mais il est probable que si Lothaire et Louis acceptaient de se .rendre à Paris, ce n'était pas uniquement pour accommoder le différend de Charles et de son neveu ; la nouvelle réunion des trois princes devait en même temps avoir pour but de faire cesser la mésintelligence qui régnait entre Lothaire et Charles ; on pouvait craindre, en la laissant se prolonger, qu'elle ne prît un caractère plus grave et n'aboutît à la gueiTe.

Fort heureusement, les choses n'en vinrent pas à cette extrémité. Les trois frères ne se réunirent pas à Paris, comme ils l'avaient arrêté, sans que nous connaissions d'ailleurs les motifs qui firent avorter le projet. Pourtant une au moins, sur les trois ambassades dont l'envoi avait été décidé à Meerssen, partit dans le courant de cette même année : c'était celle qui avait le Danemark pour objectifs. Les révoltes des Aquitains et des Bretons ne toucliaient directement ni Louis ni Lothaire ; ces deux derniers souverains étaient par contre aussi intéressés que Charles à voir cesser les courses des Normands. Quelle qu'ait été la réponse faite par Horic aux envoyés des rois francs, il n'y eut rien de changé dans la situation ; après comme avant, les pirates mirent à feu et à sang les pays côtiers de la Germanie et de la Gaule 5.

Si l'entrevue de Paris n'eut pas lieu, il paraît que Lothaire et Louis se ]-endirent visite tour à tour, Louis continuant, mais toujours sans succès, son rôle de médiateur 4. C'était dans l'intérêt de Charles qu'il travaillait. Il le prouva en repoussant les offres d'alliance que lui fît Lothaire au mois de février 848, alors qu'il était allé trouver son frère aîné à Coblenz >'. On se rappelle qu'en 84 1 Louis et Charles s'étaient unis contre Lothaire ; cette amitié avait été renouvelée ou scellée un an plus tard à Strasbourg. Malgré la conclusion de la paix en 843, malgré la concorde qui depuis lors régnait entre les fîls de Louis le Pieux, Louis considérait que les engagements pris en 842 subsistaient toujours, et il ne se souciait ni de les dénoncer pour en contracter de nouveaux avec Lothaire, ni de laisser celui-ci se servir de lui contre Charles ; il déclina donc adroitement les offres de l'empereur. Voilà du moins ce que racontent les Annales Faldenses ; il est bon de faire remarquer qu'elles ne donnent pas la chose comme certaine, elles ne font que rapporter un bruit qui courait. On a donc le droit de tenir pour très suspect ce récit, qui tend à

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