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4. Ann. Fuld. 847, p. 36. Tandis que Dûmmler, t. I, p. 29g, n. 3, place avant le confjrès de Meerssen les visites que se rendent mutuellement Lothaire et Louis le Germanique, MûHLBACHER, Reg. Kar., pp. 422 et 53i, les croit avec plus de vraisemblance postérieures à ce même congrès.
5. Ann. Fuld. 848, p. 37 ; Ann. Colon. 847 {SS., t. I, p. 97).
4o LE HÈCNE DE LOTHAIRE l"" (843-855).
faire rossortii- la fidélité de Louis à ses engaffements, d'autant plus qu'il se trouve relaté par un écrivain à la dévotion du roi de (Jermanie.
Quelque t(Mnps après, Giselbert quitta l'Aquitaine, où peut-être il ne se sentait plus surfisaniment en sûreté, pour se retirer auprès de Louis le (îernianique, qui, non content de lui donner asile, s'employa auprès de Lothaire pour que celui-ci pardonnât au coupable et l'acceptât comme gendre. Alors que l'empereur tenait k Thionville son assemblée générale, il re(;ut une ambassade de Louis le priant d'oublier l'ofTense qu'il avait re(;ue '. Une autre intercession fut mise en jeu par le ravisseur, celle du pape ^. Le temps avait dii apaiser le mécontentement de Lothaire, il céda aux sollicitations de son frère et du chef de l'Eglise. Giselbert obtint sa grâce, fut autorisé à rentrer dans les Etats de Lothaire, et pourvu d'un comté situé, comme celui qu'il avait administré jadis, dans la région qu'arrose la Meuse 5.
(Iharlcs le (^lauve n'avait peut-être donné que bien malgré lui asile au coupable ; mais enfin, tant que Giselbert se trouvait dans le royaume de l'ouest 4, on pouvait, avec quelque apparence de raison, accuser le souverain de ce pays de protéger le fugitif. Du moment que celui-ci était passé dans un autre Etat, du moment surtout qu'il avait fait sa paix avec Lothaire, il ne restait plus à ce dernier aucun motif légitime de tenir rigueur à son frère. Les deux princes ne. tardèrent pas à se réconcilier; leur entrevue eut lieu dans le royaume de Charles, mais près de la frontière, à Péronne, au mois de janvier 849. Peut-être de nouveaux serments et un traité en forme sanctionnèrent-ils la reprise des bons rapports, que scellèrent d'autre part les cadeaux échangés entre Charles et Lothaire >.
• I. Ann. Fiild. 848, p. 87. Deux diplômes de Lothaire pour A(|ilinar, archcvèriue de Vienne, attestent la |irésence de ce prince à Tiiionville le 11 novembre 848 (B. M. 1101, 1102). — Y aurait-il un rapprochement à établir entre le départ de Giselbert de l'Aipiilaine et l'occupation de ce pays par Charles ? C'est en 848 que les A(juitains, mécontents de Pépin, se tournèrent vers Charles. Ce prince l'ut, à Orléans, reconnu pour roi par ses nouveaux sujets, et de plus consacré dans la même ville par la main de Wénilon, archevèiiue de Sens {Ann. Bert. 848, p. 36 ; Karoli libelîus pt'ocUiinalwnis adversus Wenilonem, ch. .\ CC, t. II, j). 4'''i)-
2. C'était alors Léon IV (847-8.5.')). L'intervention du Souverain Pontife est mentionnée par un de ses successeurs, Nicolas !<"■, dans une lettre qu'il écris^it à Charles le Chauve au sujet de Baudoin, qui avait enlevé Judith, fille du roi de France (J. E. 2722).
3. C'est vraisemblablement le gendre de Lothaire I^r qui fiqure ])armi les garants de la paix conclue en 8(')o à Coblenz entre Louis le Germani([ue, Charles le Chauve et Lothaire II (<!(L, t. II, p. 1,54 et n. 21). Nous devons également le reconnaître dans le (liselbert, comte du p. Dnrnau, menlioiuié dans une cliarle d'AnstVid, comte du palais de Lothaire II, rendue le 5 octobre 803 en faveur de l'abbaye de Lorsch {SS., t. XXI, ]). 370). La villa de Soye, doiuiée à Lorsch par Ansfrid, et ([ui avait été cédée en toute propriété à ce comte par le roi Lothaire II le g novembre 85.') (B. M. 1242, SS., l. XXI, p. 3()2), est jilacée parce diplôme ilans le/>. Loniinensis, sans indication de comte. (V'oir DûMMLEn, t. I, p. 296, n. 2.)
4. Il est vrai ([ue, de 845 î\ 848, l'Aipiitaine, où s'était réfugié Giselbert, n'était pas placée sous l'autorité immédiate de Charles le tihauve, ipii n'avait sur son neveu l'épin U, véritable roi du pays, qu'une vague suzeraineté.
5. Ann. Bert. 84g, p. 30; C/iron. Fontunell. 84y {H. II. Fr.. I. \'I1, p. 4i). Celle méiiu! aimée, Louis le Germaiiicpie et Charles se rt^icontrèrenl nous ne savons en «piel endroit {Ann. Uni. 84g, p. 37).
RÉCONCILIATION DE LOTIIAIRE ET DE CHARLES (8Ag). 4l
L'empereur avait, peut-être pendant qu'il était brouillé avec le roi de France, accordé l'hospitalité au frère de Pépin II, qui portait, lui aussi, le nom de Charles '. Au cours de l'année 8^9, ce jeune prince quitta les États de Lothaire pour tâcher d'aller rejoindre Pépin en Aquitaine. Saisi par les fidèles de son oncle et homonyme, et traduit devant l'assemblée générale que celui-ci tenait à Chartres, il déclara vouloir embrasser la carrière ecclésiastique. On fit droit à sa requête et on le tonsura^. La tentative de Charles d'Aquitaine ne paraît pas avoir troublé la bonne harmonie entre les deux oncles du jeune prince. Rien ne prouve d'ailleurs que celui-ci eût agi à l'instigation de Lothaire. Les Annales de Saint- Bertin l'eussent dit certainement. On pourrait plutôt supposer que l'empereur, sur les représentations de son frère, eût invité pour lui complaire, le jeune Charles à chercher un autre asile 3.
Deux années s'écoulèrent ensuite avant que les trois souverains se réunissent à nouveau ■♦. C'est encore à Meerssen qu'eut lieu en85i le troisième congrès général ; la date n'en est pas exactement connue, mais il doit se placer au printemps s. Après quelques jours de conférences, les
1. C'est l'opinion de Du.mmler, t. I, p. 3o3. Tant que Pépin II était maître de l'Arjuitaine, c'èst-à-dire jusqu'en 848, il n'y avait aucune raison pour que son frère cherchât un refuge auprès de Lothaire ; il n'a dû demander à ce prince un asile qu'après la révolution qui renversa Pépin. Pour \^^ENCK, p. i54, la présence du jeune Charles à la cour de Lothaire prouve que l'empereur n'avait pas rompu son alliance avec Pépin.
2. Ann. Bert. 849, p. 87; Ann. Fiild. 85i, p. 4i ; Chron. Fontan. 849 C^- H. Fr., t. VII, p. 4i)- Enfermé dans l'abbaye de Corbie, Charles s'en échappa en 854, pour se réfugier auprès de Louis le Germanique, qui fit de son neveu deux ans plus tard un archevêque de Ma\'ence, à la mort de Raban JNIaur (^Ann. Bert. 854, p. 44 '■> Ann. Fuld. 801 et 856, pp. 4i et 46).
3. Telle est l'opinion de Wen'ck, p. i63, de Muiilbacher, Reçf. Kar., p. 425, et de DÛMMLER, t. I, p. 33g.
4. En 85o, vers la fin de juin, il y eut à Cologne, entre Lothaire et Louis le Germanique, une entrevue que nous connaissons par un diplôme du premier de ces princes, rendu le I" juillet en faveur de l'abbaye de Fulda (B. M. 1109). La même année, et probablement tout de suite après cette visite de Louis à Lothaire, les deux princes allèrent chasser à Osnigwald, en Westphalie ; leur entente cordiale aurait fait l'étonnement de beaucoup de gens, ajoutent les Ann. Xant. 85o (^SS., t. II, p. 229).
5. L'inscription placée en tête des actes du congrès de Meerssen {CC, t. II, p. 72) n'indique pas à quel moment de l'année les trois frères se sont réunis. Mais dans les Ann. Bert. 801, p. 38, l'événement vient tout de suite après la mort de Nomenoë, duc des Bretons, qui tombe le 7 mars {Ann. Enrjolisinenses, SS., t. XVI, p. 486). D'autre part, Louis le Germanique, que l'on trouve à Ratisbonne le 26 décembre 800 (B. M. i356), puis le 22 mars 85i (B. M. 1857), a certainement passé l'hiver dans cette ville. Il n'aurait donc pas pu être rendu à Meerssen avant le début d'avril. Le diplôme souscrit le 10 février « in villa Brionna » par Charles pour l'église d'Orléans (B. 162G), étant de la douzième année du règne de ce prince, doit être reporté à 852. Le 16 août 85i, on trouve Charles « in villa Gaverdolio » (B. 1628) où il concède en bénéfice au diacre Anschaire des biens dépendant de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers. Comme nous savons par les Ann. Bert. 801 (p. 40 gne Charles reçut à Angers l'hommage d'Herispoë, fils et successeur de Nomenoë, on doit admettre que « Gaverdolium « se trouvait près de cette ville. Ajoutons qu'entre cet événement et le congrès de Meerssen s'intercale dans les Annales Beriiniani le récit des dévastations commises en Frise, en Flandre et ailleurs encore par les Normands. C'est donc après le mois de mars et avant le mois d'août que Lothaire, Louis et Charles se rencontrèrent pour la seconde fois à Meerssen. Quant aux diplômes de Lothaire, ils ne nous apportent aucune lumière. L'empereur était en elTet à Aix-la-
4'-i LE RK(;.\E DF. LOTHAIKE T' (SAIJ-Snf)).
rois et leurs conseillers lurent au peuple assemblé le capitulaire et les proclamations dont ils avaient arrêté les termes. Reconnaissant les maux (le toutes sortes (ju'enfjenilriiit leur mésintellitjpnce, les trois frères proclamaient l'oubli des injures passées ', s'eugacjeaient à ne pas se nuire réciproquement, k ne pas se tendre d'embûches^, à ne pas écouter les propagateurs de mensonfjes et de calomnies ">, mais tout au contraire à s'entr'aider mutuellement par tous les moyens et en toute circonstance •♦, et à protéger les enfants de celui d'entre eux qui viendrait à mourir le premier >'.
(l'était la répétition — avec des variantes — de déclarations et de promesses antérieures. Mais autre chose était de proclamer la concorde et la fraternité ^, autre chose de les mettre en pratique. On consentait volontiers à souscrire des protocoles remplis de beaux sentiments et de phrases pompeuses, mais on montrait moins d'empressement h. mettre sa conduite et ses actions en harmonie avec ses principes.
Pourtant Lothaire eut a cœur, pendant les dernières années de son existence, de remplir, surtout vis-a-vis de Charles, ses devoirs de frère et d'allié 7. Au début de l'année 802, il lui faisait k Saint-Ouentin en Vermandois une visite ^ ; quelques mois plus tard, il reprenait la route du royaume de l'ouest pour aider Charles k repousser une attaque de Normands, conduite par Godfrid, fils d'Heriold?. Quittant la Frise, où il avait hérité des bénéfices de son père, Godfrid était retourné en Danemark, et y avait équipé une flotte. Il fît une première descente dans la Frise, qu'il ravagea ; voilk de quelle façon il témoignait sa reconnaissance au pays qui lui avait donné l'hospitalité. Après avoir ensuite parcouru et dévasté les contrées riveraines de l'Escaut, les pirates de Godfrid remontèrent sur leurs barques, continuèrent k longer les côtes, puis, arri-
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Chapelle le 19 avril et le 20 mai (B. M. 11 10 et iiii), et à Gondreville le 8 septembre (B. M. iii3). Vu le peu de distance qui sépare Aix-la-Cliaj>elle de IVIeerssen, Lothaire a pu se rendre dans cette dernière localité en partant de sa capitale, et revenir ensuite à Aix. MûiiLBACHER, Rer/. Kar., p. 4^7, place en été le concjrcs de Meerssen, et Dlmmleu, t. I, p. 348, au printemps.