ARNULF MAITRE DE TOUTE LA LORRAINE (888). [\C
entendait par contre garder pour lui la Lorraine. Peut-être les évèques et les grands s'étaient-ils au début maintenus sur la réserve, mais ils avaient fini, sauf" Arnaud de Toul, par accepter la domination du roi d'Allemagne. La présence au concile qui se tint en juin-juillet à Mayence,. sur l'ordre d'Arnulf, de deux archevêques et de trois évoques lorrains, en fournit une preuve évidente '. Eussent-ils hésité, que l'attitude de Foulques, de Baudoin et de quelques autres prélats ou seigneurs de la France occidentale, favorables à Arnulf, les aurait entraînés à se ranger du côté de ce prince, le seul représentant, en situation de régner, de la dynastie carolingienne.
Quant à Rodolphe, Arnulf résolut de lui enlever les territoires dont il avait usurpé le gouvernement. Rodolphe avait essayé d'établir sa domination en Alsace ^. Apprenant qu'Arnulf marchait contre lui 3, il battit en retraite, et le roi, renonçant à le poursuivre lui-même, chargea de ce soin une armée recrutée en Souabe. Elle n'eut pas l'occasion d'en venir aux mains avec le nouveau roi de Bourgogne. Ceux qui la commandaient entrèrent en pourparlers avec Rodolphe et le décidèrent à se rendre auprès d'Arnulf. Il alla trouver ce prince à Ratisbonne+, reconnut probablement sa suzeraineté, comme l'avait fait Eudes, et dut abandonner toute prétention sur l'Alsace ainsi que sur les territoires francs de la Lorraine ; la Bourgogne jurassienne, nous ne savons pas d'ailleurs dans quelles limites, lui fut laissée 5. L'évêque de Toul avait déjà à ce moment été puni, on peut le supposer, de l'assistance qu'il avait prêtée a Rodolphe. Considéré comme coupable de haute trahison, il fut dépouillé, non de son siège, mais de quelques-uns des bénéfices ou monastères qu'il détenait^.
L'autorité d'Arnulf était reconnue dans toute la Lorraine. Mais il ne devait que rarement venir dans le pays ; délégua-t-il à un des grands le
1. Nous avons déjà nommé les éveilles lorrains qui assistaient à ce concile. Ni les actes, ni la charte de Liulbert ne portent de date, mais c'est vraisemblablement vers la fin de juin que les évèques se réunirent à Mayence (Dûmmler, t. III, p. 3o6, n. 3).