CunL Ratisb. 888, p
6. Voir le diplôme du 2 février 898, par lequel Arnulf restitue à l'église de Toul les abbayes Sainl-Evre et Saint-Germain qui avaient été confisquées sur Arnaud (B. M. i833, Calmet, t. I, preuves, coll. 323-324).
492 LA LORRAINE REUNIE TOUT ENTIÈRE A l'aLLEMAGNE (879-895).
soin de nialnteuir l'ortlre et de combattre les Normands ? On l'a prétendu, et l'on a avancé que le pouvoir ducal avait été exercé en Lorraine par un comte Meinçjaud, dont nous avons déjà parlé. Ce personnage gouvernait le piKjus Worinncenais dans la France orientale et le /nif/as lorrain de Mayenleld ' ; Arnulf lui aurait donné l'abbaye de Saint- Maximin et l'aurait de plus institué duc, s'il fallait en croire Sigehard, moine de Saint-Maximin, qui écrivit dans la seconde moitié du x* siècle les Mivaciiln S. Maxiniini. Le même auteur ajoute qu'il partir de Meingaud l'abbaye de Saint-Maximin fut soumise aux ducs du royaume de Lorraine *. Mais aucun autre document, aucun fait ne viennent à l'appui de ces allégations. Si Meingaud avait occupé la situation que lui attribue Sigehanl, c'est à lui, semble-t-il, ({u'aurait incombé la mission de repousser en 891 les Normands qui envahirent la Lorraine ; or, on voit marcher contre eux une armée commandée par l'archevêque deMayence, Sunderold, et par un comte Arnulf; il n'est pas question de Meingaud. Nous ne crovons donc pas pouvoir nous prononcer '.
Arnulf ne vint en Lorraine ni en 889, ni en 890, mais on trouve des évèques et des grands de ce pays aux asstnublées présidées par le roi. Ainsi Baltram, évè([ue de Strasbourg, et Helmerich, abbé d'Ebersheini,
1. La Viln Mmn(iol(li cnniiUs {SS., t. XV, pp. ,')56-5G3) ne contient fjuëre que des fables, et ne peut èlre utilisée pour écrire la bioçirapliie de Meingaud. Ce personnage avait pour père le comte Walachon (Miriiruln S. Wa/hanjis, liv. III, cli. i.î, SS., t. XV, p. 54y). qui est peut-être un parent du comte Walahon, frère d'Etienne et père de Burcliard qui épousa Gisèle, veuve de Meingaud. Ce sont les Miracula S. Wtdbiinjis, de WoLFHARu, liv. III, cil. 5 {SS., t. XV, p. ôZiy), i[ui nous donnent le nom de la femme de Meingaud. La ViUi Mdimjoldi eo'iiitis, ch. (), 7 (SS. t. XV, pp. 538 et 56o), fait de Geila ((iiscle) la sœur du duc Albéric. Nous trouvons dans une donalion de Beretrude pour Ecliternaiîb de 8y4-8(j5, mention d'un Meingaud, comte du p. Meginensis (MR. UB., t. II, n" 3o), ([ui est vraisemblablement un lils du comte assassiné en 892. Un frère de Meingaud, Robert, avait des propriétés dans le pagiis de la Nahe et peut-être était-il comte de ce pnr/us (Sigehaiiu, Miracula S. Maximini, ch. i3, SS., t. IV, p. 282). Nous avons parlé en énumérant les partisans de Hugues, d'un comte Robert abbé d'Echternach : serait-ce le frère de .Meingaud ? Nous savons (pie Meingaud avait un neveu, Vodon (fils de Robert '?), avec qui il lit une donation à Lorscli (Cof/ejc Ldureshamensis diplomatirus, l. II, n° i83.')). Enfin Réginon qualifie Meingaud de « nepos Odonis régis », ce tpii a donné lieu à de nombreuses hypothèses. Voir là-dessus Favre, Eudes, p. 110, n. i, qui déclare inconnue l'origine de la parenté <pii unissait Eudes à Meingaud. Ce dernier avait le pai/us Wormacensis- (Charte d'Heriric pour Priim, et diplôme de confirmation de Louis le Germanique du 12 avril 870, B. M. i43(>, MR. UB., t. I, n»» no et m, diplôme d'.Vrnulf pour Fulda, du 21 juillet 88(j, B. M. 1775)6! le />. J/e^/mw?*/'* (diplôme d'.\rnulf pour Sainl-IMaximin, du 2.3 janvier «88, B. M. 1727, MR. UB., t. I, n" i25). Nous avons vu <[ue Meingaud était un des trois ambassadeurs (jue Louis le Germanique députa eu 871) à son Iri-re, pour réclamer la moitié des Etats de Louis II; ils se présealcrent devant le concile de Ponthion le 7 juillet (Ann. Bert. 87G, p. i3o).
2. Sigehard, Miracula S. Maxiniini, ch. 8 et 9 (SS., t. IV, p. aSi). Défait, Meingaud ligure comme intercesseur dans le diplôme d'.VrnuIf pour Saint-.Maximin, mais il n'y est pas cpialifié de vénérable comme le sont d'habitude les abbés, même les abbés laies.
3. Er.nst, Mémoire sur les comtes de Uainaut (Compte rendu des séances de lu commission royale d'histoire de Belgique, 2" série, t. IX, p. 4^3) et le père Buaha.m-, Etude .sur Régnier au Long-Col (Mémoires couronnés, etc., t. XX.\I, pj). 37-38), aduu-ttenl que Meiug.iud fut duc de Lorraine. l\iur WnTi(;ii, o/i. cit., p. ai, qui considère pourlaul SiGiiiARo comme bien informé, et UOmmi.kr, t. III, p. 358, n. u, Meingaud rei^ul l'abbaye Saint-Maximin, mais non les foiicliuns ducales en Lorraine.