LA LORRAINE SOUS ARNULF
assistèrent au plaid de Forchheim en mai-juin 889 ', les archevêques Willibert de Cologne et Radbod de Trêves ainsi que le comte frison Gerulf et le comte Otton à celui de Francfort, en juillet 889 ^. On trouve à une assemblée tenue en mai 890 à Forchheim le nouvel archevêque de Cologne, Herimann, les évêques Robert de Metz et Dadon de Verdun, et Farabert, abbé de Prûm3.
1. Cont. Ratisb. 889, p. 118. Le i3 juin, à la prière de l'abbé Helmerich, et en présence de Sunderold, archevêque de Mayence, et de Baltram, évètiue de Strasbourg, Arnulf concède Ebersheim à Baltram et à ses successeurs, en réservant aux moines le droit d'élire leur abbé et concède l'immunité au monastère (B. M. 1768, Grandidier, Histoire de Strasbourg, t. II, preuves, p. ccxcii). Cf. Chronicon Ebersheiniense, ch. i4 (SS., t. XXIII, p. li'iS). Grandidier, qui avait rejeté tout d'abord le récit de cette clironique (Histoire de Strasbourg, t. II, pp. 247-2/19), l'accepte un peu plus loin (Œuvres inédites, t. I, pp. 126-127).
2. Cont. Ratisb. 889, p. 118. Le i'"' juillet, Arnulf, à la prière de Radbod, archevêque de Trêves, concéda à ce prélat ainsi qu'à ses successeurs, l'abbaye Sainl-Servais de Maëstricht, dans le comté de Maselant, en toute propriété (B. M. 1771, MR. UR., t. I, n° 129). — Le 9 juillet, à la prière de sa parente Rolrude et de l'illustre comte Otton, il concéda à son médecin le prêtre Amand la jouissance, sa vie durant, de terres situées à Ars-sur-Moselle (Lorraine, Melz, Gorze), dans le Scarponnois, terres qui à la mort d'Amand devaient revenir à l'abbaye Saint-Arnoul (B. M. 1774, Calmet, t. I, preuves, col. 821). Le comte Otton qui figure comme intercesseur dans ce diplôme n'est peut-être pas Lorrain ; ne serait-ce pas bien plutôt le comte ou duc de Saxe ? — Nous savons par une charte de Wulfhelm, évêque de Munster pour l'abbaye de Werden, que le 6 juillet Arnulf avait, en présence des archevêques Sunderold et Willibert, ainsi que d'autres évêques et abbés, approuvé la donation de ses biens patrimoniaux faite par Wulfhelm au monastère et ordonné de dresser une charte relatant cette donation (Wilmaks, KU. W., t. I, p. 628). — Le 4 août, le roi, sur la prière du comte Gerulf, lui concéda en toute propriété des biens situés dans son propre comté, entre le Rhin et le Zuyderzée, avec leurs dépendances (B. M. 1776, RiCHTHOFEN, Egnionder Geschichtsqucllen, p. 27). Ce Gerulf n'est autre que le comte frison envoyé en 885 par Godfrid à Charles le Gros, et qui aurait, d'après les Ann. Ved., trahi le chef Normand. — Enfin, le x5 novembre, à Francfort, où il était revenu, Arnulf, sur la prière de l'évêque Francon de Liège, que lui avaient transmise les grands Engiscald et Irring, concéda au prélat l'abbaye de Lobbes avec ses dépendances, en réservant à l'entretien des moines la jouissance de la moitié des domaines du monastère que leur avait jadis affectés Hubert. En outre, s'ils reprenaient la vie monastique régulière qu'Hubert leur avait fait abandonner, l'évêque devrait augmenter leur moitié. Arnulf demandait qu'en retour chaque année un service commémoratif fût célébré a Lobbes et à Liège le 22 septembre, jour anniversaire de la mort de son père Garloman, ainsi que le jou-r anniversaire de sa mort (B. M. 1788, Mir^eus, Opéra diplomatica, t. I, p. 65o; cf. Ann. Laubi. 890, Gesta abb. Lobb., Gesta epp. Leod., ch. 19, SS., t. IV, pp. i5 et 61, t. VII, p. 200).
3. Ces prélats souscrivent la charte des archevêques Sunderold de Mayence et Herimann de Cologne pour l'abbaye westphalienne de Neuenheerse (Wilmans, KU. W., t. I, p. 627). W^illibert était mort le 1 1 septembre (Kalend. necrol. ecc^ CoM^ maj'^, Bœhmer, Fontes, t. III, p. 342) d'une aimée qui ne peut être que 88g, attendu que, comme nous venons 'de le voir (note précédente), il se trouvait le 6 juillet 889 à Francfort, et qu'en mai 890, Etienne V (VI) envoyait le pallium à son successeur Herimann (J. L. 3407, Floss, Papstwahl, Urkiinden, pp. ii3-ii6). Réginon, Chronicon 890, p. i36, place en 890 la mort de Willibert et les Ann. Leod. 891 (SS., t. IV, p. i5) en 891. Deux catalogues des archevêques de Cologne (SS., t. XIII, p. 286, et t. XXIV, p. 338) donnent à Willibert vingt ans d'épiscopat ; la vérité est que la vingtième année n'était pas encore terminée, Willibert ayant été consacré en janvier 870. L'élection et la consécration d'Herimann, sur le passé duquel nous ne savons rien, se placent donc entre le 1 1 septembre 889 et le mois de mai 890. D'après Régino.n, ibid., il aurait été élu par le clergé et le peuple ; nous venons de voir qu'Etienne V (VI) lui accorda le pallium. Nous parlerons bientôt de la tentative que le nouvel archevêque fit pour rattacher l'évèché de Brème à Cologne, ancienne métropole de ce diocèse.
4l)4 I A LOUU.VINK RKUNIE TOUT ENTIÈRE A l'aLLEMAONE («Ty-S-/)).
Eu 8()i, lie (jiiivcs (''véiio:neiits allaicul oMijjor .ViimH' ii venir en Lorraine. Depuis l'assassinat de Godfrid, jus(|u','i l'année 891, le pays, sans être complèten>ent resté à l'abri des invasions normandes, n'avait eu que peu à en souflVir. La Frise était définitivement débarrassée de ces établissements de Normands convertis tpi'elle avait dû subir presque sans interruption pendant pr^s d'un demi-siècle. Elle restait toutefois exposée, comme par le passé, aux descentes de pirates. Ainsi ii la fin du printemps de 887, le roi de mer Siqfrid, l'un des chefs de l'année qui avait assiécjé Paris, vint, après avoir quitté la France, écumer les côtes de la Frise ; il trouva la mort dans une rencontre avec les gens du pays '. La majeure partie des Normands était restée dans le royaume de l'ouest après le traité conclu avec Charles le Gros. Vers la fin de 887, elle se porta vers l'est et pénétra en Lorraine jusqu'à Verdun et Toul *. Elle resta dans la région de la Meuse jusqu'à la grande victoire qu'Eudes renq)orta sur elle, le 24 juin 888, à Montfaucon-en-Argonne 5.
Ni en 889 ni en 890, les j)irates ne reparurent en Lorraine. Pendant l'hiver de 890-891 , la grande armée normande, qui était installée à Noyon, vint jusqu'à la JMeuse, ravagea le Bral)ant, traversa l'Escaut et retourna à son canq). Eudes avait en vain essayé de la surprendre et de l'attaquer^.
Au printemps de 891, elle quitta Noyon, se transporta en Flandre, où elle séjourna quelque temps, puis traversant l'Escaut, alla reprendre ses anciens cantonnements de la Dyle, près de Louvain, ou en établit de nouveaux dans le voisinage. Tout le pays jusqu'à la Meuse fut dévasté par les pirates 5. A la nouvelle des ravages qu'ils commettaient, le roi d'Allemagne et de Lorraine envoya contre eux une armée commandée