LES COMTES RAOUL ET REGNIER
pour Eudes, dirigea lui-même la défense ^ Cependant, Zwentibold, qui trouvait peut-être insuffisantes les cessions de territoires que lui avait promises son cousin, intriguait contre celui-ci, détachait de lui quelquesims de ses principaux adhérents, les comtes Baudoin, Raoul et Régnier, vraisemblablement dans le but de l'évincer ; le bruit courut même qu'il songeait k le faire périr ^.
Avant d'aller plus loin, il convient de nous arrêter sur les trois personnages qui abandonnèrent Charles, et se rangèrent du parti de Zwenti- })old. En ce qui concerne Baudoin, il n'y a pas l'ombre d'hésitation k avoir : il s'agit de Baudoin II, comte de Flandre, petit-fils par sa mère Judith de Charles le Chauve, cousin germain par conséquent de Charles le Simple. S'il était naturel qu'il soutînt la cause du jeune prince contre Eudes, le parvenu qui n'avait pas dans les veines de sang carolingien, on ne comprend pas pour quels motifs il abandonnait Charles pour se rallier k Zwentibold 5. Raoul était le frère de Baudoin II, la chose est certaine +, mais avait-il, comme on l'a avancé, le comté de Cambrai? Les Annales Vedastîni lui donnent le titre de comte, mais n'indiquent pas quel pagus il gouvernait. Aucun document contemporain ne le montre en possession du Cambrésis, et c'est uniquement sur la foi d'un chroniqueur du xn^ siècle qu'on en a fait un comte de Cambrai 5. L'incertitude n'est guère moins grande en ce qui concerne la personne et le comté de Régnier. S'agit-il du père du duc de Lorraine Giselbert? Si oui, quelle situation occupait-il en 896 ? Etait-il comte de Hainaut ou de
(les moines de Saint-Mihiel, avec le consentement de leur abbé Etienne, différents domaines appartenant au monastère et situés les uns dans le p. Virdunensis et le comié de Ricuin, les autres dans le p. Scarinis ÇScarponensis) et le comté d'Irenfrid (B. M. 1906, Calmet, t. I, preuves, col. 325). .Mùulbaciier, Regr. Kar., p. 712, suppose que ce diplôme a été rendu après la levée du sièrje de Laoa ; Favre, p. 176, n. 5, tout en déclarant qu'on ne peut fixer ni l'époque, ni la durée de ce siège, place le séjour fait à Trosly par Zwentibold, pendant la trêve qu'avait conclue ce prince avec l'évèque de Laon Çibid., p. 180).