‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 506 sur 764 · Ann. Ved. 895, p · texte numérisé non relu

Ann. Ved. 895, p

5. C'est au Chronicon Sithiense, de Jean d'Ypres, auteur du xiv" siècle (ft. //. Fr., t. IX, p. 73) que l'on se reporte d'habitude ; mais, comme l'ont fait remarcpier Meyer et LoNGNOx dans la préface de Raoul de Cambrai, chanson de geste, p. xix, n. 2, Jean d'Ypres a emprunté le titre de comte de Cambrai, qu'il donne à Raoul, mort en 89G, à un chroniqueur du xii^ siècle, André de Marchiennes. Le Carpentier, Histoire de Cambrai, t. I, p. 87, Kalckstein, Geschichte des franzœsischen Kœnigthums, pp. 55 et 96, Muhlbac.her, Reg. Kar., p. 711, Mûller, Die Kanzlei Ziventibolds, p. 3, et Favre, Eudes, p. 177, n. I, font de Raoul un comte de Cambrai. Ce dernier rejette l'hypothèse de Meyer et de LoNGNON, op. cit., préface, p. xix, n. 3, qui croyaient Raoul comte d'Arras ou d'Amiens. « En 901, dit Favre, p. 177, n. i, c'est un Hermenfroi qui est comte d'Amiens. » (Raoul étant mort en 896, rien n'empêche qu'il ait été comte d'Amiens et qu'Hermenfroi lui ait succédé dans ses fonctions.) Dummler, t. III, p. 4io, mentionne Raoul, mais sans lui donner aucun titre ; toutefois, d'après la table, p. 715, col. i, il semble l'idealifier avec l'abbé de Saint-Bertin et de Saint-Vaast, m:)rl en 892 (Favre, p. 139).

528 LE RKGNE DE ZVVENTIBOLD (8f)5-yoû).

Hesbaye ' ? Il semble, à première vue, que l'on doive répondre noii h la dernière tout au moins de ces questions, et refuser en même temps à Raoul la qualité de comte de Gandjrai. (^es difl'érents territoires, qu'on ne l'oublie pas, faisaient partie de la Lorraine. Zwentibold, qui les a eus en son pouvoir, ne les a pas enlevés à Charles le Simple, il n'en est pas deviMiu le maître parce que Raoul et Régnier se sont soumis k son autorité; Arnulf avant lui les avait possédés. Si donc avant 896 Raoul et Réynier étaient déjà comtes, le premier du Cambrésis, le second du Ilainaut, ils étaient les sujets, les fidèles non de Charles, mais de Zwentibold, ils n'avaient par conséquent pas à transporter leur obéissance du premier au second de ces princes. Faut-il alors ne placer qu'après 890 la donation du Cambrésis ;i Raoul, du Ilainaut à Régnier, et supposer que ces deux personnages ayant quitté Charles le Simple pour suivre Zwentibold, le roi de Lorraine les dédommagea dans ses États de ce qu'ils avaient perdu en France ? Nous ne le pensons pas, car on peut faire une autre hypothèse, qui explique très bien la conduite des deux comtes, tout en admettant (jn'ils avaient leurs comtés en Lorraine. Ils auraient été de ceux qu'Arnulf avait, en 894, chargés de secourir Charles, et ils seraient demeurés avec le jeune Carolingien, dont ils étaient les cousins, au lieu de l'abandonner, comme le firent les autres ; mais Zwentibold étant leur souverain propre, c'est à lui qu'ils devaient tout d'abord obéir. Ils furent donc forcés de seconder ses projets ambitieux et d'abandonner Charles -. C'est peut-être Raoul qui avait entraîné son frère Raudoin dans le parti de Zwentibold.

Quoi qu'il en soit, la défection des trois comtes, et les bruits sinistres qui couraient sur les projets de Zwentibold à l'égard de Charles, causèrent aux partisans fidèles du jeune prince de vives inquiétudes. Jugeant un allié aussi peu sur que le roi de Lorraine, plus dangereux qu'un adversaire loyal, ils entrèrent secrètement en pourparlers avec Eudes, k qui ils adressèrent depuis Laon une ambassade. Ils offraient à ce prince la paix, pourvu qu'il cédât à Charles une partie quelconque du royaume '. A l'arrivée de Zwentibold, Eudes avait battu en retraite sur la rive gauche de la Seine +. La nouvelle de la désunion qui se mettait parmi ses ennemis ne put que le combler de joie et lui donner confiance. Il accepta les ouvertures de Charles et conclut une trêve avec lui. Puis, réunissant une armée, il tra-

1. Nous nous occuperons un peu plus loin de Rcijnier. Les mêmes auteurs ([ui croient Raoul comte de Cambrai, voient dans Rtvjnier le comte de Hainaul. Presque seul, le père Iîhaiiant, É^ude sur Réijnier /»' au Lontj Col (Mémoires couron/iés de r Académie royale de lieli/iijue, in-S", t. XXXI, p, 44). n'admet pas que le Réynier (pii se rallia en 8(j5 à Zwentibold soit le comte de Ilainaut, attendu que ce dernier n'aurait pu être le vassal de (Ibarlcs le Simple, le Hainaut se trouvant en Lorraine.

2. Faviik, Rudes, p. 178, <iui croit Raoul comte de Camb.ai et Rci|nier maître de la Hesbayc cl peut-être du Ilainaut, reconnaît qu'ils avaient l'un et l'autre Zwentibold pour souverain. Il suppose (juc Réqnier avait peut-être été l'un des ijrands (ju'AnudC avait, en 8(j4, clianjés de soutenir Charles.

U. Afin. Veil. 8(jr», p. Sôo.

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