‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 507 sur 764 · ÉCHEC ET RETRAITE DE ZWENTIBOLD · texte numérisé non relu

ÉCHEC ET RETRAITE DE ZWENTIBOLD

versa la Seine et rentra en Francia pour aller conribattre Zwentibolcl '. Celui-ci, au cours des négociations — qu'il ignorait d'ailleurs — entre Charles et Eudes, a.vait renoncé à prendre Laon ; il avait accordé une trêve à Didon, qui la lui avait demandée en feignant le désir de conclure la paix. Zwentibold apprit enfin et les arrangements de Charles avec Eudes et l'approche de celui-ci ^. D'autre part, les grands de la France se refroidissaient a l'égard du roi de Lorraine 3. Bref, ce dernier voyant les affaires prendre pour lui une mauvaise tournure, n'attendit pas Eudes de pied ferme ; il se retira précipitamment dans son royaume +.

Nous l'avons déjà dit, la date exacte de cette expédition est difficile à déterminer. On trouve le roi à Trosly-Loire non loin de Laon le i4 août, mais était-il en cet endroit avant, pendant ou après le siège, voilà ce que nous ne savons pas 5. En tous cas, il était rentré dans ses Etats en octobre au plus tard, car le aS et le 28 de ce mois^, il séjourna dans la ville de Trêves, dont l'archevêque, Radbod, était son archichancelier, et l'un de ses conseillers les plus influents. L'expédition du jeune souverain ne lui avait rapporté ni honneur, ni profit, c'était un mauvais début de règne.

L'opposition que les grands de la Lorraine avaient en 8g4 manifestée contre son élévation au trône semblait indiquer une hostilité contre la personne même du fils naturel d'Arnulf; celle-ci pouvait subsister à l'état latent, même après la reconnaissance de Zwentibold comme roi par les seigneurs lorrains. Une action d'éclat l'eût peut-être désarmée, et, à supposer que cette hostilité n'existât pas, une victoire ou une conquête auraient donné du prestige au nouveau roi, et consolidé sa situation. Il n'avait pas subi de défaite, il est vrai, mais son échec sous les murs de Laon, sa fuite devant Eudes n'étaient pas faits pour donner une haute idée de son courage ni de ses talents militaires ; d'autre part, sa conduite à l'égard de Charles était une preuve de mauvaise foi. Cette campagne malheureuse ne pouvait lui gagner ni l'affection ni l'estime de ses nouveaux sujets 7.

L'impatience d'annexer à son royaume une partie de la France occidentale l'avait fait partir en campagne presque aussitôt après son avè-

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