ZWENTIBOLD PARCOURT LA LORRAINE
de ses conseillers influents, se fit confirmer par lui la jouissance de Saint- Servais de Maastricht. Cette abbaye dépendait de l'église de Trêves, à qui Arnulf l'avait donnée le i" juillet 889'. Sans que Radbod, archevêque de Trêves, ni les chanoines de Saint-Servais eussent été consultés, ni même prévenus, Régnier obligea les représentants de l'église de Trêves à lui concéder l'abbaye en précaire, et à venir déclarer au roi qu'ils faisaient cette donation de leur plein gré. Zwentibold, ainsi trompé par le comte, ratifia cette extorsion^. Puis il revint vers le sud. Le 3o juillet, il était à Aix-la-Chapelle, sa capitale, où il fit une donation à sa cousine Gisèle, fille de Lothaire II et de Waldrade, qui, après l'assassinat du Normand Godfrid, son mari, s'était retirée dans le monastère de Sainte-Gertrude de Nivelles, dont elle était devenue abbesse î. Puis, nous perdons de vue Zwentibold jusqu'au mois de novembre. Alla-t-il retrouver Charles le Simple qui aurait à deux reprises, semble-t-il, cherché un asile en Lorraine dans le courant de 896? La conduite de Zwentibold en SgS n'était pourtant pas de nature à inspirer beaucoup de confiance en sa loyauté. D'après les Annales Vedastini, (^harles serait venu une première fois, au début de 896, dans le royaume de son cousin, et il aurait séjourné sur les bords de la Moselle + ; on peut rapprocher de ce fait la restitution du prieuré de Salone à l'abbaye française de Saint-Denis, faite par Zwentibold le 22 janvier 8965. Ce qui est absolument certain, c'est qu'après l'échec des négociations qu'il avait entamées avec Eudes, après la soumission que dut faire, contraint et forcé, à ce dernier prince, l'archevêque de Reims, le plus dévoué partisan du jeune Carolingien, celui-ci se réfugia en Lorraine^ avec sa mère Adélaïde. Il était le 20 juillet à Gondreville-sur-Moselle, où il rendit un diplôme en faveur de ce même prieuré de Salone que, six mois auparavant, Zwentibold avait restitué à Saint-Denis?.