‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 517 sur 764 · RÉGi.\oN, Chronicon 897, p. i · texte numérisé non relu

RÉGi.\oN, Chronicon 897, p. i

5. Radbod, d'ailleurs, se trouvait à Worms, car une charte rendue alors par l'évêque Adalbéron d'Aucjsbourg en laveur de Lorsch inenlioiine la présence de l'archevêque de Trêves {S S., t. XXI, p. 382). Mais si le prélat s'était rendu à Worms pour s'y réconcilier avec Zwentibold, Hégi.non l'aurait assurément dit.

6. La disgrâce de Radbod a été d'une façon expresse admise par .Mliilhvcheh, Reff. Kar. p. 714, qui croit, ou qui croyait alors à l'authenticité de B. M. 1907. Ni Mabillo.x, Ann. O. S. B., t. III, p. 3oo, ni Honthkim, J/ist. lret>. dipL, t. I, p. 4<J3, n. 4. et Pro- (Ironius hisl. Trev., t. I, p. 270, ni Wniic.u, op. cit., p. 3o, ne parlent de la disgrâce de Radbod. Le père Bhabant, article cité, p. 48, cl Dummlkh, t. III, p. 472, cf. p. /iî>6, n'y croient pas non |>lns, et pour expli(|uer comment (Ereii, donné à Trêves en 890 (tous deux admettent l'authenticité de B. M. 1907), a |)u être conliscpié eu 897 sur les comtes disgraciés par le roi, ils supposent <|u'entrc tem|)S ceux-ci s'étaient emparés de l'abbaye au détriment de l'église de Trêves. Nous avons déjà dit cpie M. IMullkii, op. cit., pp. 88, et suiv., rejetait et le diplôme du 2.') octobre 895 et la disgrâce de Radbod : le |>renûer est un faux, l'autre une fable, ipi'aucun document ne conlirme.

7. (U>nt. Rntisb. 897, pp. i3i)-i3i : « (Juein (Zuentibaldum) ille (Arnulliis) bénigne suscipiens, ([uibusdam primoribus suis, ([ui priori iiniio ah co honoribus privali sunt, ciuu eo pacilicatis, etc. «

8. Rkgino.n, Uhronicoii 897, p. i44- t^-'est le premier événement de 897 ilonl parle l'abbé de IVinn.

ZWENTIBOLD EPOUSE ODA, FILLE d'oTTOiN (897). 53 7

la région même où il habitait, on peut croire qu'il ne s'est pas trompé, et préférer son témoignage à celui d'un annaliste qui écrivait loin de la Lorraine'. Si le diplôme du 28 janvier, par lequel Zwentibold confère a un bois de l'abbaye Saint-Maximin et de l'archevêché de Trêves les privilèges que possédaient les forêts royales, est bien, comme nous l'avons admis, de 897, étant donné qu'Odacer y ligure comme intercesseur, la disgrâce de ce comte et des trois autres serait de février ou de mars au plus tard, puisque dès le mois de mai eut lieu l'assemblée de Worms, où Arnulf réconcilia son fils avec Etienne, Gérard et Matfrid.

Nous n'avons pas à raconter une seconde fois, puisqu'incidemment nous l'avons déjà fait, le coup d'Etat de Zwentibold, qui enleva aux quatre comtes leurs honneurs et dignités, c'est-a-dire les abbayes et terres qu'ils tenaient en bénéfice, et naturellement aussi leurs comtés. Nous avons dit que dans le partage des dépouilles qu'il fît entre ses fidèles, il garda pour lui deux abbayes, Œpen et Saint-Pierre de Metz. Les comtes paraissent n'avoir fait aucune résistance.

Immédiatement après cette exécution, le jeune roi, qui n'était pas encore marié, songea à prendre femme. Pour la circonstance, il crut devoir demander l'avis de son père, qui résidait alors en Bavière, et lui envoya des ambassadeurs. Arnulf conseilla à son fils de briguer la main d'Oda, fille d'un comte Otton, dans lequel nous devons voir, les travaux d'Ottenthal et de Krùger ne laissent à cet égard aucun doute, le comte ou duc de Saxe Otton l'Illustre ^. On a peine a comprendre que le roi d'Allemajgne

1. MûHLBACHER, Reg . Kar., p. 714, el Dummler, t. III, p. 456, n. i, croieiil la disyràce de 896, MuLLER, pp. 91-94, a surabondamment prouvé qu'en la circonstance le ténioiynafje de KÉGiNON devait être préféré à celui des Ann. Fald.

2. Les suppositions les plus variées ont été faites touchant ce personnage. D'après Calmet, t. I, col. 8o5, et Bertiiolet, Histoire de Luxembourg, t. II, p. 470, Otton ne serait autre qu'Eudes, le roi de France. Wittich, op. cit., pp. 53 et suiv., déclare indubitable l'identité du comte OTlon, fidèle de Zwentibold, que mentionnent deux diplômes de ce prince (B. M. 1922 et 1925) avec le père d'Oda, mais il n'ose affirmer que le fidèle de Zwentibold soit le même que le duc de Saxe. Le beau-père du jeune roi pourrait bien être Je comte de Diusburg ou de Keldnggowe, (fui figure dans un diplôme de Louis l'Enfant de 904 (B. M. 1969). La plupart des auteurs modernes voient dans le père d'Oda le cont; ou duc de Saxe ; citons notamment Leibniz, Ann. imp. occ, t. II, pp. 166 et 188, Kremer, Origines Nnssoicse, t. I, pp. 87-88, Gagern, Arnulfi imperuloris oita, p. 117, Gfrcerer, t. II, p. 367, Waitz, Jnhrbucher Heinriclis I, p. 12, Ottenthal, compte rendu de l'ouvrage précédent (Mitth. I. Œ. FG., t. VII, p. 335), Dcmmler, t. III, p. 455 et n. 2, et enfin Krûger, Ueber die Abstammung Heinrichs I von den Karo/ingern (Quidde's Zeitschrift fur Geschichtswissenschaft, t. IX, pp. 47 et suiv.). Ottenthal et après lui Kruger ont démontré, en s'appuyant sur différents diplômes d'Olton I" pour Sainl-Mauricc de Magdebourg, qu'une tante de ce prince, nommée Vota, morte vers 955 en laissant à son neveu des domaines situés en Lorraine, ne pouvait èlre qu'Oda, femme de Zwentibold ; ces biens formaient le douaire <jue lui avait constitué son premier mari. En outre, Khûgkr a essayé de prouver qu'Hadwig, femme du comte Otton, el mère d'Oda se confondait avec Helwich, fille d'Evrard, margrave de Frioul, et de Gisèle, steur utérine de Charles le Chauve (ibid., pp. 36-47). ^'^ épousant Oda, Zwentibold acquérait l'appui du comte de Saxe et d'une famille lorraine ])uissante, le comte de Namur Bérenger étant un descendant d'Adalard, oncle maternel d'Oda (ibid., p. 5o). — Dummler, qui a répliqué à Krijger, Fine Kritik (Quidde's Zeitschrift, t. IX, pp. Sig et suiv.), tout en admettant qu'Oda avait pour père le comte ou duc de Saxe, rejette l'identification d'Hadwig, femme de ce seigneur, avec Heilwich, fille d'Evrard, el ses observations nous paraissent assez justes.

538 LE UKGNE l)i: ZWENTllJOLD (Syn-yoo).

ait ("ait choisir h son hàtard la lillc (11111 siMjjiR'ur puissant, il est vrai, mais ijui, n'habitant pas hi Lonaino, ne pouvait pas être d'un grand secours pour son gendre. Un beau-père choisi parmi les seigneurs lorrains aurait été beaucoup plus utile à Zwentibold qu'Otton qui, dans les circonstances critiques que traversa le jeune roi, ne lui vint pas en aide. En taisant ce mariage, ArnuH' avait-il des arrière-pensées? Songeait-il à lui laisser un jour une partie de l'Allemagne, la Saxe par exemple, et voulait-il lui i'acilitei- les voies en lui faisant épouser la lîlle d'Otton ? La chose est possible. Zwentibold déCéra à l'avis de son père et envoya prier le comte Otlon de lui donner sa iille en mariage. Otton agréa avec plaisir la demande du jeune roi, et l'union de celui-ci avec Oda fut célébrée après Pâques, soit dans les derniers jours de mars, soit au ilébut d'avril '. Suivant l'usage, Zwentibold constitua une dot à sa nouvelle épouse ^ Uda donna deux filles ;i son mari >, mais il ne send)le pas qu'elle ait été heureuse avec lui, puiscjne ([uelijues mois après la mort de Zwentibold elle devint la femme du comte Gérard, l'un des adversaires, on pourrait presque dire, l'un des meurtriers du roi. Politiquement, ce mariage ne produisit pas de résultat, Otton n'ayant pas secouru son gendre dans la lutte que celui-ci eut à soutenir contre les seigneurs lorrains révoltés. Peut-être la conduite de Zwentibold à l'égard de sa femme expli([uerait-elle l'abstention du comte de Saxe.

Arnulf avait appris soit par son fils, soit autrement, le traitement rigoul'eux infligé aux quatre comtes. Craignant qu'il n'amenât de graves complications, peut-être une révolte, il résolut de s'interposer, avant que l'affaire eût pris une tournure fâcheuse. Il avait convoqué à Worms pour le moi de mai une assemblée générale +. Il invita son fils et les seigneurs disgraciés à s'y rendre. Zwentibold vint, accompagné de Radbod et peutêtre de quelques-uns de ses grands, Liutfrid, abbé de Stavelot, et le comte Robert, frère de Meingaud, assassiné en 892 >. Des quatre comtes frappés par Zwentibold, trois seulement, Étierme, Gérard et Matfrid, parurent à Worms ; du moins lléginon ne parle pas d'Odacer, et la conduite ultérieure de ce personnage prouve qu'il était demeuré l'ennemi de

1. RÉGKNON, (]hroniron 897, p. i45, est le seul auteur (]ui uous parle du mariage de Zwentibold.

2. Cela ressort des leys faits par Vota (Oda) à son neveu Otton le Grand, et que mentionne ce prince dans deux diplômes pour Saint-Maurii-e de ÎMaçidcliourg du 3o décembre 962 et du 28 août yfio (()'. ifnj et aïO, DD., t. 1, pp. 2/10-3/(1 et 2y8-2()9). Ces biens étaient situés dans le Hainalant, le Felua et le Salalnnt (ou Jyletjoive).

3. Gilles d'Orval, Gesta epp. Leod., liv. II, addit. {SS., t. XXV, p. Bo) et .1.1. A\S\, Aug., t. III, p. Sog.

4. RÉGiNON, Chronicuii 81J7, p. i45 ; Cont. lldlish. 897, p. i3o.

5. La charte rendue le 20 mai 897 en fa\eur de Lorscli par Adalbéron, évèijue d'Augs, bourg (SS., t. XXI, p. 382J, nous fait connaître la j)résence îl Worms de Kadboil et îles deux comtes Liullrid et lloberl. Uutfrid peut être ou l'abbe de Stavelot déjà nuntionné par deux diplômes (IJ. .M. i8i() et ujo/») ou un comte du Lt)f»/enij<tu ( B. M. iy3t)). Ce gui donnerait à penser (pie Robert est le frère de .Meinijaud, c'est ((u'on trou\e dans la cliarle d'Adalbéron les noms de W'alalion et de liiu'cliard ; ce dernier est vraisemblablement le fils de W'alalmu, le second mari de la \('u\(' du comte .Meingaud.

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