DISGRACE DU COMTE REGMER
son roi'. Grâce à l'intervention d'Arnulf, une réconciliation fut opérée entre son bâtard et Etienne, Gérard et Matfrid, qui recouvrèrent probablement les comtés et les bénéfices qu'ils avaient perdus, sauf peut-être les abbayes qu'avait retenues le roi^ Il n'est pourtant pas sûr qu'Etienne soit rentré en possession du pagus Bedensis '.
L'affaire était arrangée, mais une autre allait bientôt naître, plus grave encore, qui devait amener une invasion en Lorraine de Charles le Simple, et finalement entraîner la chute et la mort de Zwentibold. Pourtant, le milieu et la fin de l'année 897 s'écoulèrent sans incidents fâcheux. Zwentibold passa la plus grande partie de ce temps à parcourir son royaume. De Worms il se rendit probablement en Alsace ; on le trouve le i3 juin à Herolvesheim+, le 11 juillet à Belfort5. Il se dirigea ensuite vers le nord, car le 26 juillet il était a Nivelles ^. On perd sa trace pendant cinq mois entiers, et dans les derniers jours de décembre, le 28 de ce mois, on le retrouve à Toul 7.
Alors que tout semblait rentré dans le calme, un nouveau coup d'Etat allait encore une fois agiter le pays. Le comte ou duc Régnier fut au début de 898 disgracié, comme l'avaient été un an auparavant Odacer, Etienne, Gérard et Matfrid, et même d'une façon plus complète encore, car Zwentibold lui enleva, outre ses bénéfices, ses biens héréditaires, et de plus il lui enjoignit de sortir du royaume dans l'espace de quinze
1. Nous le retrouverons bientôl, allié à Régnier et luttant avec lui contre Zwentibold. DûMMLER, t. III, p. 450 et n. a, croit qu'Odacer ne se réconcilia pas avec le roi et persévéra dans son attitude hostile.
2. RÉGiNON, Chronicon 897, p. i45 ; Cont. Ratisb. 897, pp. i3o-i3i.