‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 519 sur 764 · Nous reviendrons sur cette question un peu plus loin · texte numérisé non relu

Nous reviendrons sur cette question un peu plus loin

4. A la prière de l'archevêque Radbod, il confirme aux moines de Saint-Maximia le diplôme par lequel son père Arnulf leur avait concédé pour leur usage différents domaines du monastère et le droit d'élire leur abbé (B. M. i835). Les moines devront prier pour les péchés du roi, de sa femme Voda el de ses prédécesseurs (B. M. 1917, MR. UB., t. I, n" 142). Voir le travail de Gii. Robert, Sceau et monnaies de Zwentibold, roi de Lorraine (^Mémoires de la Société d' archéologie et d'Iiistoire de la Moselle, t. V, p. 274). Herolvesheim peut être identifié avec Herulfesheini in pago Rinensi, aujourd'hui une friche visà-vis d'Oppenheim, ou avec Herlisheim en Alsace au sud-ouest de Haguenau (Fœrstemann, Ortsnamen, p. 76 1). Mûhlbacher, Reg. Kar., p. 710, ne se prononce pas.

5. Zwentibold donne à son fidèle' comte Fulbert une villa appartenant à l'abbaye royale de Chèvremont avec toutes ses dépendances, et reçoit en échange une église et des domaines dans le p. Batua et le comté de Dodon ; il les concède en toute propriété à son abbaye de Chèvremont, pour la dédommager de la villa qu'elle avait perdue (B. !M. 1918, Quix, Gesch. Aachens, Cod. dipl., p. 6, n» 7). Fœrstemanx, Ortsnamen, p. 25i, et Mijulbacher, Reg. Kar., p. 716, doutent qu'il s'agisse de Belfort, quoique cette localité appartînt certainement à Zwentibold.

6. Le diplôme (B. M. 1919, Mir^us, Opéra diplomatica, t. I, p. 5o3), qu'il rend à la prière de sa cousine bien-aimée Gisèle en faveur des moines et des religieuses de Nivelles, est, sauf une phrase ajoutée au préambule (voir p. 525, n. 4), la reproduction pure et simple du diplôme de Charles le Chauve du g juillet 877 (B. 1817).

7. A la prière de Ludelme, évèque de Toul, et du comte Régnier, le roi accorde aux moines de Saint-Evre le droit de pêcher deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi, dans la partie de la Moselle iiui traversait une forêt royale. Il interdit en outre aux agents du fisc d'inquiéter l'évêque au sujet des essarts faits depuis longtemps dans le bois de Saint-Evre et de Saint-Etienne (B. M. 1920, Calmet, t. I, pr., col. 829).

')/l<> LE RÈGNE DE ZWENTIBOLD («(/.-yoi.).

jours". I\è(jinoii, (lui rapporte hi décision do Zweiitiljold, déclare ne pas connaître les causes (|ui l'avaient motivée.

Avant d'aller plus loin, arrèton.s-nous sur Régnier, qui jouera encore sous les règnes de Louis rKulant et de (-harles le Simple un rôle très important en Lorraine, et dont le fils, (Jiselhert, deviendra sous Henri l'Oiseleur duc de Lorraine. Il règne une grande obscurité tant sur la famille que sur la vie cl les domaines de Régnier. Aucun document ne nous apprend quel était son père. On a fait de lui, non sans vraiscmhlance, un fils de (iisell)ert, comte du Masaii en 84i, qui changea deux fois de parti pendant la guerre civile, enleva en 840 une des filles de Lothaire I""', se réconcilia trois ans plus tard avec l'emjjereur, et devint comte du f)a<jiis Darnaa, ;i la tète duquel on le trouve sous le règne de Lothaire II, en 863 ^. Peut-être est-ce ce comte (jiselbert qui figure comme intercesseur dans un diplôme rendu le G septembre 885 par (Charles le Gros en faveur d'un certain Théodon ; il s'agit d'une donation faite dans le pngus de Liège, contigu à celui de Daman 3. On peut alléguer plusieurs raisons à l'appui de l'opinion qui fait de Régnier un fils de Giselbert, gendre de Lothaire l•^ D'abord Régnier eut un fils, appelé lui aussi (Jiselbert, et très souvent alors les petits-fils portaient le nom de leurs grands-p>res paternels. En outre, on voit Régnier prendre parti pour (Charles le Simple contre Eudes d'aboixl, et plus tard contre Conrad; la chose s'ex[)lique très bien si le comte est fils d'une fille de Lothaire I*"", puisque dans ce cas il est cousin issu de germain de Charles le Simple. Enfin, Giselbert a gouverné successivement le paf/iis Masaa et le pagas Darnaa, deux circonscriptions meusiennes ; c'est dans la même région, dans la Hesbaye et le Hainaut, que l'on trouve installés plus tard Régnier et ses descendants. Nous croyons donc pouvoir admettre que Régnier avait pour père Giselbert, comte du Masau puis du Darnaa et gendre de l'empereur Lothaire +.

11 n'est pas facile d'écrire l'histoire de Régnier antérieurement au règne de Zwentibold. Le capitulaire de Quierzy mentionne parmi les grands

Page 1