BIOGRAPHIE DE REGNIER
qui devront accompagner Louis le Bègue, quand ce prince résidera dans le bassin de la Meuse, un (jiselbert et un Régnier ; peut-être s'agit-il du comte de Daman et de son fils ^ Il semble que Régnier ait pris une part active aux luttes contre les Normands. D'après Folcuin, un Régnier, qui est peut-être le nôtre, aurait aidé Francon, évêque de Liège, à combattre les pirates, jusqu'à la conversion de Godfrid au christianisme ; c'est des pirates installés à Elsloo qu'il est évidemment question dans le passage du chroniqueur^. On ne peut affirmer que le Régnier qui arracha des mains des Normands le cadavre du comte Henri ne fasse qu'un avec le nôtre, mais la chose n'a rien d'invraisemblable 3. Quelques années plus tard, entre 8gi et 895, sous le règne d'Arnulf, Rollon ayant remonté l'Escaut, Régnier, comte de Hainaut et duc de Hesbaye, aurait marché contre le célèbre roi de mer, qui le battit et le fit prisonnier. Les soldats du comte ayant capturé douze chefs normands, on fit un échange, et Régnier recouvra sa liberté +. Mais ce récit, qui se trouve pour la première fois dans Dudon de Saint-Quentin, qui écrivait à la fin du x* et au début du xi^ siècle, est très suspect ; on y voit figurer à côté de Régnier un Radbod, duc de Frise, qui n'a jamais existé. S'il fallait voir dans ce personnage l'évêque d'Utrecht du même nom, ces événements seraient bien postérieurs, Radbod n'étant monté qu'en 900 sur le siège d'Utrecht 5. Folcuin mérite à tous égards beaucoup plus de confiance que Dudon, et les événements dont il parle sont peut-être réels. Il en résulterait que Régnier avait sa résidence sur la Meuse, en Lorraine par conséquent.
Nous nous sommes déjà longuement étendu sur la conduite de Régnier au cours des années 894 et 896. On ne peut s'étonner qu'il ait soutenu Charles le Simple, son cousin, contre le roi Eudes, étant donné surtout qu'en 894 Arnulf, qui était alors le souverain de Régnier, avait reconnu Charles comme roi de la France occidentale et lui avait fourni des troupes pour faire valoir ses droits. Peut-être même Régnier se trouvait-il, comme Francon de Liège, parmi les chefs de cette armée, peut-être est-il resté