‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 526 sur 764 · Voir ci-dessus, p. 542, n · texte numérisé non relu

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8. RÉGiNON, Chronicon 898, p. i40. Durfost est identifié avec Doveren, près de Hcusden, au nord-oiies' de Bais-le-Diic (Hollande, Brabant septentrional) par Œsterlky (Ilisturisckgen(/r(ip/iische.s Wœrti'rbuch des deuischen Mittelaltei's, p. 139, cf. i33) et par Mijhlbaciier, lieg. Kur., [>. 71G; Sloet, Oorkondenboek, t. I, p. 72, propose Dordrecht.

544 '■'- Hl'.t">NE DE ZWENTIBOI.D (R./j-yoo).

(loiiiiiuMit Régiiiei' uvait-il déplu au roi ? Uétjiiion déclai'o l'ifjiiorer ot nous en sommes réduit h des conjectures. Peut-être l'archevêque Radhod, mécontent d'avoir perdu en 8()G l'abbaye Saint-Servais, que le comte lui avait IVaii(bil(Misemcnt enlevée, a-t-il intrigué contre le favori et contribué à sa cluitc '. Mais Réqinon, abbé de Prûm, l'aurait su, k ce qu'il semble. Bref, au dél)ut de 8(j8, Zwentibold enlevait h. Régnier ses bénéfices, ainsi que les domaines patrimoniaux qu'il possédait en Lorraine et le bannissait du royaume, en lui donnant un délai de quinze jours pour en sortir. Un an auparavant, Odacer, Etienne, Gérard et Matfrid n'avaient pas essayé de résister à la mesure de rigueur qui les avait atteints. Il n'en fut pas de même de Régnier. Il s'adjoignit le comte Odacer, qui n'avait j)as fait sa paix à Worms avec le roi, et tous deux prenant avec eux leurs femmes, leurs enfants et ce qu'ils avaient de plus précieux, allèrent s'enfermer dans la forteresse de Durfost, (pie protégeaient des étangs et des inondations de la iNIeuse. Zwentibold n'était pas homme à se laisser braver. Réunissant une armée, il alla mettre le siège devant la place, mais sans réussir à la prendre ^.

Après s'être retiré, le roi alla tenir son plaid à Aix-la-{^hapolle dans la pr.Mnière quinzaine de mai 5. Là, il reçut la plainte de l'archevêque de Trêves, qui protesta contre l'usurpation de Saint-Servais par Régnier; nous avons indiqué plus haut comment le comte s'était fait donner cette abbaye en précaire. Peut-être Radbod avait-il déjà réclamé à Zwentibold, mais tant que Régnier avait été en faveur, il n'avait pas

1. Gfrœrkr, I. II, [). 370, croit (lu'à la inoi-l d'Eudes, Zweiilibold voulut envahir la France et que Régnier s'y opposa ; c'est pour ce motif (jne le comte est disçjracié et que Charles le Simple lui vient en aide. Le père Bradant, qui su|iposait, art. cité, pp. 4o--^'o, que Rcqnier avait causé la disijràce des comtes Gérard et Matfrid, attribue à ces derniers la mesure ([ui frappa le comte de Hainaut, dont, ils voulaient se venqcr (p. 5i). Ces deux opinions ne re])0sent sur aucun document. Il est plus vraisemblable d'admettre que Radbod, irrité contre Régnier, qui avait enlevé Saint-Servais à l'église de Trêves, ait cherché à le renverser. Gacern, op. cit., p. 121, n. i, Wittich, p. 3y, et DCmmlkr, t. III, p. 4C8, pensent ((ue les réclamations de rarchevè<iuc ont provoqué la disgrâce du favori, ou tout au moins y ont contribué. Toutefois, tandis que Wrrïu-.H, p. Sg, n. i, pense (pie le ju(|emeni ([ui prononc^a la restitution de Saint-Servais à l'église de Trêves est antérieur au bannissement du comte, Dummler, t. III, p. l^^)S, n. i, croit au contraire que l'exil de Régnier précéda la restitution de Saint-Servais. Il fait observer avec raison que dans B. M. 1928 et uj24 on ne se sert pas, en parlant de Régnier, des formules habituellement employées pour désigner un haut personnage ; c'est donc qu'il était d('jà destitué.

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