Rkgi.nox, C/iro/iicun 8(jg ; cf. 8y:î, pp. 1/19 et iSy
3. D'a|>rcs Gagkr.n, Arnuljl inip?r<itoiis l'ilti, pp. i23-i24, Réçjinon aurait été déposé par Gérard et Malfrid parce qu'il était partisan de Zwentibold. (Pfll'gk-) Harttlng, Ueber Reyino (F. /). G., t. XVIII, pp. 304 et suiv.), invente tout un roman : Réginon avait conspiré contre Charles le Simple et fait des ouvertures au nian|rave de Neuslrie, Robert, frère d'Eudes ; pour se venger de l'abbé de Priini, le roi de France exige sa déposition, (piand il conclut la paix avec Zwentibold. Pour le père Bkabant, au conlraire, art. cité, p. .'Î4, cf. p. ,^)2, si Réginon est dépouillé de son abbaye, c'est parce qu'il avait bien accueilli (Hiarles le Simple en 898. Kurzk, le dernier éditeur de Rkgi.n'O.n, préface, |). vi, s'est ralli(! aux liypotlièses de (Pfi.ugk-) Harttuxg, (jne Dl'mmi.kr, t. III, p. 47'. n- 1. juge avec raison trop |)eu sures pour |)ouvoir les a lopter. L'Iioslilité de Réginon <\ l'égard du roi de France, cpie (l'Ki.iKiK-) Harttung et Kurzk ont cru découvrir dans ([iieKpies phrases du chroniipieur, n'a jamais existé que dans leur imagination. D'autre part, la fairon dont il parle de Zwentibold (^7<r(>///co/j yoo, p. i48) n'indicpie pas beaucoup d'allVction j our ce dernier prince.
4. Rkoino.n, Chronicon 900, p. i48. L'année de la mort de Zwentibold est donnée par les Ann. Fulil. Cont. Allah, yx), p. i34, les Ann. Alninann. (codil. Mod. et Veron.), jMuhac, Colon., S. Mti.cimini Trevir., Blnndin., .Xqnens. (SS., t. I, pp. .^4, 68, 98, t. IV, p. 6, t. V, p. a4, t. XXIV, p. 30). Les Ann. Colon, breiussimi (SS., t. XVI, p. 780) donnent 898, les Ann. Aliimnnn. (cod. Tur.), Snnijnll. Mnj., S. Jieni(/ni l)ii>ion., SlnhuL, Lob. (SS., t. I, pp. 54, 77, t. V. p. 4o, t. Xlil. pp. 4a et 333) indiquent 901. On trouve le jour de la mort dans les .\nn. necrol. l'ruin. (SS., t. XIII, \^. aig) avec l'année 1001, dans le .V«r/-o/. epterniic. (Rkikfk.nhkik;, .Monument.^ /tour seriu'r à rhisloirf de Nniniir, t. VII, p. 211), le Liber lùtif de Reuiireinonl (.V. .1., t. XIX, p. 08), le .Vecrol. S. (liilli (Monnnicnld (lerinnnite JVecroloijia, I. I, p. 478). Les .Ann. /'rtini. (SS., t. W, p. Meyu) donnent 11 la fois l'anni-e et h^ jour. ('.(. Anno/iifio Radiiodi (SS., t. Il, p. 318). Wii- Ticii suppose ([lie le l'omli.'il se livra siu' le cours iiderieur de la Meuse ((>/<. cit., p. 48, n. .'>).
ZWENTIBOLD VAINCU ET TUE ((jog). JUGEMENT SUR CE PRINCE 555
filles, Bénédicte et Cécile, devinrent successivement abbesses'. Il n'avait pas eu de fils. Sa veuve se remaria dès la fin de l'année au comte Gérard^, l'un des ennemis de son premier époux, ce qui semble indiquer qu'Oda n'avait guère eu d'affection pour Zwentibold et que la mort de celui-ci ne lui avait causé aucun regret.
Telle fut la fin lamentable du malheureux bâtard d'Arnulf. Peut-être ses torts n'ont-ils pas été aussi grands que le disent les chroniqueurs, peut-être ceux-ci l'ont-ils noirci. Il avait affaire à une aristocratie turbulente, insubordonnée, qui ne reculait devant aucune violence pour satisfaire ses passions. Les meurtres de Meingaud et d'Albéric, les usurpations d'abbayes par Régnier, Gérard et Matfrid, l'expulsion de Réginon par ces deux derniers comtes prouvent que les adversaires de Zwentibold étaient de la même trempe que lui. Le jeune roi avait de l'énergie, qualité précieuse à cette époque, mais il manquait de prudence, de discernement et de tact, il ne savait pas garder une juste mesure et frappait à tort et à travers ; il produit l'effet d'un liomme mal équilibré. Sa plus grosse faute fut de se brouiller avec les évêques, qu'il avait su ménager au début de son règne, pour lesquels il s'était montré généreux, et qui d'ailleurs lui avaient apporté leur concours contre Charles le Simple et Régnier. Pour que le haut clergé, adversaire naturel des seigneurs, ait fini par aider ceux-ci k renverser Zwentibold, il a fallu que ce prince commît de grosses fautes, que son gouvernement devint intolérable?. Il a gâché k plaisir une situation qui n'était pas mauvaise, et dont un autre, plus habile que -lui, aurait pu tirer parti. S'il avait su asseoir solidement sa domination en Lorraine, il aurait eu des chances d'accroître ses Etats, comme il l'avait essayé en vain au début de son règne, et comme il le désirait encore deux et trois ans plus tard. A la mort de son jeune frère, il serait, avec l'appui de son beau-père, devenu roi d'Allemagne. Nous ne disons pas que sa fin prématurée ruina ses espérances, car il n'avait plus rien k attendre ; sa situation était tombée au niveau de celle de Hugues le Bâtard vingt ans auparavant, il n'était pour ainsi dire plus qu'un chef de bandes. Avec l'intention d'agrandir la Lorraine, peut-être aussi d'y rétablir l'ordre et le respect de l'autorité royale, il la laissait telle qu'il l'avait reçue, et plus troublée , plus indisciplinée encore qu'elle ne l'était à son avènement. Seule, la puissance des seigneurs
1. Notœ Aaveieuallenses, Gilles d'Orval, Gestn epp. Leod., liv. II, additam. {SS., l. XVI, p. 682 et t. XXV, p. 5o ; AA. SS., Aug., t. III, p. 5oy). — Les filles de Zwentii.old, considérées commî saintes, furent lionorées le 17 août, et leur père lui-même finit par être l'objet d'un culte à Siisteren, où l'on célébrait sa fête le i3 août. On allait en pèlerinage à Siisteren pour y honorer ses reliques, et une de ses dents avait le pouvoir de guérir les maux de dents (Gilles u'Orval, ibid., AA. SS., Aug., t. III, pp. i3S et 5og). Kruger, Uebcr die Abslamumng Heinrichs I von den Karvlingern (Quidde's Zeitschrlft fur Geschich/sivissenschnfl, t. IX, p. 49), se trompe gravement en avançant que Zwentibold n'avait pas eu d'enfants de son mariage avec Oda.