Voir ci-dessus, p
5()2 LE UKGNE DE LOUIS l'eNFANT (yod-yii).
iiiiMil destinée îi tenir eu resj)ect les (jr;iii(ls du i>ays '. Elle devait donc être mal vue par ces derniers et en particulier par ceux (jui avaient espéré tenir dans le pays la place qu'usurpaient les deux intrus. Les plus mécontents du nouvel état de choses devaient être Régnier, (Jérard et Matl'rid, ceux (jui avaient le plus contribué à la chute de Zwcntibold, sans avoir d'ailleurs concerté leurs ell'orts.
Nous iijnorous ([U(dle avait été l'attitude de Régnier lors de rapp(d adressé à Louis rEnlant par les grands de la Lorraine. Dans tous les cas, s'il ne coo[)éra pas à l'élévation du jeune roi sur le trône de son frère, il n'y lit non [)lus aucune opposition, et il dut se soumettre au nouveau souverain, attendu (ju'il recouvra l'abjjaye d'Echternach' et probablement aussi ses autres fiefs, son ou ses comtés; de plus, il acquit l'importante abbaye de Stavelot, dont il était déjà en possession le 10 septembre 902 î. Enfin, il reprit à l'église de Trêves l'abbaye Sainl-Servais, que Zwentibold avait restituée à Radbod+. Régnier avait recouvré son autorité et son inlluence, et le roi avait tout au moins laissé faire ; le diplôme qu'il rendit le 10 septembre 902 montre qu'il reconnaissait Régnier en qualité d'abbé de Stavelot. Le fait que Radbod ne protesta pas contre l'usurpation de Saint-Servais montre que Régnier jouissait d'un certain crédit. Nous n'avons toujoui's pas de données sur le ou les pagi dont Régnier était comte. Mais nous sommes assuré qu'il ne possédait ni le par/us Lo/nacensis, ni le p. Leodiensis, ni le p. Hainoeiisis, qui avaient respectivement pour comtes, le premier Bérenger et les deux derniers Sigard >. Dans une charte de Stavelot du i*''juin 911, Régnier, faisant un échange avec Ardoin, lui donne des terres situées dans diverses localités de la Hesbaye^. Il n'est d'ailleurs pas dit qu'il fut le comte de ce pagus, et comme il agit ici au nom de l'abbaye de Stavelot, à qui ces domaines appartenaient, on ne peut pas conclure avec certitude que ce pagas se trouvât placé sous ses ordres. La chose a pourtant une certaine vraisemblance, surtout si l'on songe à
1. C'est l'opinion de Witticii, pp. Sg-Go, de Rintei.en, Geschichte Ludwigs des Kindes iind Konrads I (F. D. G., t. III, p. Sai), de Stein, op. cit., p. i45, cl de Dlmmler, l. III, p. 5g5.
2. On Irouve Réfjnier mentionne comme alibc d'Echternach dans quatre chartes concernant ce monastère, deu.x de <jo3-yo/i, denx de (j07-(jo8 ; la dernière même émane de lui (Z//6. aur. Ept de Gotha, f» l^!^ et 62). De phis, un diplôme de Louis l'Eiilant du 19 mars 907 confirme un échaïuje entre Fulda et Echternach à la prière d'Huoki, abbé de Kiilda, et d'un envoyé du comte Héynier, abbé d'Echternach (B. M. 1987).
3. Nous le savons par un diplôme de Louis l'Enfant, qui confirme un échange entre le comte Réijnier, abbé de Stavelot, et les moines de cette abbaye (B. AL lyAy)-
l\. Charles le Simple le dit expressément dans un des diplômes par lescjuels il re^lilue Saint-Servais à l'église de Trêves, celui du 9 juillet yif) (B. iij(>4).
5. Bércnyer est mcntioimé comme comte du />. Lomacensis dans deu.\ diplômes de Louis l'Enfant pour l'église de Liège, du a(3 octobre 907 et du 18 janvier 908 (B. M. 1990 el 1991). Nous savons par ce dernier diplôme et \m\v un autre rendu le 9 octobre 901 en faveur de (ihèvrcmont (B. M. 19^1), (pie Sigard a\ ait le comté de Liège, et par B. .>L 1991 qu'il élail en outre comte de Haiiuuit.
G. M.viiTÈ.NK, .Xinp. Coll., t. II, coll. SS-.'ig.