‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 554 sur 764 · B. M. ujyi · texte numérisé non relu

B. M. ujyi

4. Comme nous l'avons dit |ir(''C(''d('mmtMil, les docunicnls ni' nous disent rien des ra|)porls ({ui ont existé entre Régnier d'inie |>arl, (îérard et IMalliid d'antre part. W'nru.ii, op. cit., p. fiG, est bien forcé de le reconnaître, i.'liostililé déilarée entre les deux frères cl le comte de Hainaut (?) dont parle le père Hu.vhant, (//•/. vili^, \>\\. /|tj-.'>/i et [>. ;>S, n. t\, ne repose sur rien, c'est une pure hypothèse.

5. Sin- les coinli-s des fils d'Henri, voir 1>iim.mi,i:k, t. III, i)p. ,'u'j-r)a3.

GÉRARD ET MATFRID ATTAQUExNT LES CONRADINS ((joG). BÔQ

de Babenberg, il allait dévaster les terres de ses rivaux et particulièrement de l'évêque de Wiirzbourg, Rodolphe, frère de Conrad et de Gebhard ^. Les événements de l'année go6, les attaques presque simultanées d'Adalbert en Francia, de Gérard et de Matfrid en Lorraine, contre les Conradins, semblent indiquer un accord formel, une entente entre les ennemis des conseillers laïcs de Louis l'Enfant. Cette alliance d'Adalbert avec les deux frères était des plus naturelles, et bien qu'on ne puisse la prou- *ver, on doit la considérer comme très vraisemblable ^.

Au début de go6, peut-être même dès la fin de go5, tandis qu'Adalbert ravageait les domaines des Conradins dans la France orientale, Gérard et Matfrid s'emparèrent des abbayes de Saint-Maximin et d'Œren. Les Conradins firent face des deux côtés à la fois. Gebhard et Conrad se portèrent, mais séparément, contre Adalbert, qui surprit Conrad et le vainquit dans un sanglant combat livré le 27 février 906 : Conrad périt couvert de blessures. Tandis qu'il faisait lui-même cette malheureuse expédition, il avait envoyé en Lorraine son fils aîné, appelé Conrad, lui aussi, pour arrêter les progrès de Gérard et de Matfrid. Le jeune comte partit avec une armée, à laquelle se joignirent des troupes levées en Lorraine. Incapables de résister en rase campagne, Gérard et Matfrid s'enfermèrent dans une forteresse du par/iis Blesensis, a ce qu'il semble 5, et laissèrent le jeune Conrad dévaster les domaines qu'eux et leurs partisans possédaient dans ce pagiis. Ce pillage systématique produisit son efïet. Gérard et Matfrid envoyèrent demander à leur adversaire une trêve, qui leur fut accordée, et que les deux partis jurèrent d'observer; elle devait durer jusqu'au dimanche de Quasimodo (20 avril) +.

Nous ne savons si les deux comtes manquèrent a leurs engagements, s'ils commirent d'autres méfaits, mais ils allaient à l'automne de 906 subir un châtiment exemplaire. Gebhard et ses neveux, les fils de Conrad, avaient réussi à obtenir du roi qu'il vengeât leurs injures et punît leurs adversaires, comme s'ils s'étaient attaqués au souverain lui-même. Assiégé dans la forteresse de Theres, Adalbert dut se rendre ; le tribunal du roi le jugea, le condamna à mort, et le malheureux fils du comte Henri eut la tête tranchée. Ses biens furent confisqués et répartis entre les grands 5. Le roi se tourna ensuite contre les comtes lorrains, à l'instigation naturellement de Gebhard et du jeune Conrad. Bien que la présence d'aucun des Conradins ne soit constatée auprès de Louis pendant le cours de ce voyage en Lorraine, on peut être certain que l'un ou l'autre, sinon tous

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