Voir ci-dessus, p. ,^>r
7. Le 3i octobre, Louis, <^ la prière de l'évèipie Liidelme, et sur le conseil de l'arcbcvèipie Ilatton et du comte (Conrad, confirme les diplômes de son père (B. .M. i833) et des rois ses pn-diicesseurs, et décide (|ue rétjlise de ïo(d conlinuera de posséder les abbayes Saint-'îvre et Saint-Germain, ainsi (jue les domaines (pii lui ont été anciiMineuieiit ciuicédés (B. M. i<j/|0, Gai.mkt, t. I, preuves, col. 33i).
8. B. M. iij/iG. *.'.{' dipliMiie nous /ippreiid (pie Conrad acciimpaijnait le roi.
SÉJOURS DE LOUIS l'eNFANT EN LORRAINE (goo-goA). 667
à Metz, où sa présence est signalée le lo septembre ', et se rendit à Aixla-Chapelle, où nous le trouvons le 9 octobre ^. Il était accompagné par le comte Conrad, qui l'avait suivi lors du troisième voyage de l'an 900, ainsi qu'en janvier 902. Pour la première fois, Gebhard est mentionné parmi les grands qui entom^ent Louis, mais il ne porte dans les diplômes où il figure comme intercesseur que le titre de comte. A Metz, Régnier se présenta probablement au roi, car nous possédons un diplôme rendu dans cette ville pour confirmer un échange entre les moines de Stavelot et leur abbé, le comte Régnier.
En 908, Louis ne vint pas en Lorraine ; c'est dans un diplôme rendu le 24 juin de cette année pour Saint-Gall que Gebhard est qualifié de dux regni quod a miiltis HlotJiarii dicitiir^. En 904, dans le courant de mai, Louis traversa l'Alsace; le i5 il était à Strasbourg, où il rendit un diplôme en faveur de l'église cathédrale de cette ville 4. Deux années allaient s'écouler sans qu'il mît le pied en Lorraine, et lorsqu'il y revint, ce fut pour châtier des seigneurs rebelles moins à son autointé qu'à la prépondérance des Conradins.
I. Le 10, le roi confirme un échancje conclu entre le comte Régnier et ses moines de Stavelol (B. M. igAg, Marticne, Ainp. Coll., t. II, coll. 36-37). — Quelques jours plustard, le 19, Louis se trouvait à Wadgassen, près de Sarrelouis, où il rendit en faveur de l'église de Trêves un important diplôme. A la prière des comtes Conrad et Gebhard, et par affec ion pour rarclievè(iue Radbod, il transféra du comte à l'archevêque la jouissance de certains revenus ({ui au temps de Wiomad (archevêque de Trêves à la fin du vin6 siècle), avaient été enlevés à l'église de Trêves et donnés au comte. Cette restitution, à laquelle avaient consenti le comte (de Trêves) Wigeric et tous les fidèles du roi, comprenait les bénéfices de l'atelier monétaire installé à Trêves, le lonlieu, les redevancesdues par les monastères, les uillag et les vignes situées dans l'intérieur de la ville et dans le comté tout entier, les serfs du fisc et la dîme des champs (B. M. 1960, MR. UB., t. I, n" i5o). Sur ce diplôme voir Waitz, D. VG., t. IV, p. i58 et n. i, Bordeaux, Les monnaies de Trèues pendant la période carolingienne (R. B. N., t. XLIX, pp. 438 et suiv.).
2. En ce jour, à la prière du comte Gebhard et du consentement de Rohing, il donna aux moines de Chèvremont, j)our l'entretien de leur table, des manses situés dans \c par/us de Liège et le comté de Sigihard (Sigard), manses que Rohing détenait auparavant eu bénéfice (B. M. 1961, Quix, Geschichie Aachens, Cod. dipl., p. 6, n" 8).
4. Le i5 mai, Louis, à la prière de l'évèque Baltram, confirme les diplômes rendus par les empereurs et les rois ses prédécesseurs qui accordaient aux gens de l'église de Strasbourg la franchise douanière pour les marchandises qu'ils transporteraient par eau ou par terre ; cette franchise s'étendait à tout le royaume, à l'exception des ports de Quenlowic, Dorestad et Sluis (B. M. 1966, Grandidier, Histoire de Strasbourg, t. II, preuves, p. CGCxvii). Cet acte émane de la chancellerie lorraine. — En 904 également, le 3 août, Louis, alors à Francfort, affecte à l'entretien des moines de Saint-Suitbert de Kaiserswerth. différents biens de l'abbaye situés dans les pagi de Diusbarg et de Keldaggowe, et les comtés d'Olton et d'Eberhard ; exception était faite pour deux manses royaux situés à Metlmann, dont Louis avait concédé l'usufruit à Folcker, prévôt de Kaiserswerth, et qui devaient revenir à l'abbaye après la mort de Folcker. Cette donation était faite à la prière de Conrad, abbé de Kaiserswerth, parent de Louis, et sur l'intercession des comtes Conrad et Gebhard (B. M. 19C9, NR. UB., t. I, n° 83). Comme nous l'avons déjà dit, l'acte a été expédié j)ar la chancellerie allemande. — Enfin, le 26 novembre, à Tribur, le roi, sur la risi-e d'E'ieane, évêque de Liège et abbé de Saint-Mibiel, concéda la jouissance d'une villa ap[)artenant à cette abbaye, à Uncrin, moine de Saint-Mihiel, qui avait restauré à ses frais le prieuré de Vieux-Moutier, jadis incendié et à peu près abandonné. A la mort d'Uncrin, cette uilla devait revenir au monastère (B. M. 1970, Calmet, t. I, preuves, col. 33i).
568 l.K RÎXJNE DE LOUIS l'eNFANT (yoo-yii).
Après qiiclc[ucs années de triuuinlUlté, Géraril et Matt'rid avaient enfin donné carrière à leur mécontentement. En Lorraine même, il semble que personne ne les ait suivis. Ils avaient ponitant des parents ipii auraient pu les aider. I^eur Crère Uicliier était ahhé du jji-aud iu(Hiastère de Prinu. L'évèi[ue de X'erduu Dadou était le heau-Crère de Matfrid, car son successeur sur le sièfje de Verdun, Barnoin, fils de ce comte, est (pialifié de neveu de Dadou '. Le nonvel évèque de Liège, Etienne, qui continuait de diriger l'ahbaye de Saint-Mihiel, au diocèse de Verdun, était un cousin des deux comtes ^. Mais ni les uns ni les autres ne soutinrent ces <lerniers dans leur révolte ; ce qui le prouve, c'est tpi'ils ne lurent pas inquiétés. Non seulement ils conservèrent leurs dignités, mais l'un d'eux s'enrichit même en 908 des dépouilles de Gérard ; ce fut Etienne, l'évêque de Liège, dont il est dit dans le diplôme qu'il resta toujours fidèle au roi 3. Aucun autre comte de la Lorraine mosellane ne prit part au mouvement, et Régnier lui-même se tint à l'écart. Il ne semble pas du reste qu'il y ait jamais eu de rapports enti'e Régnier et les deux frères. Si ceux-ci visaient le même but que celui-là, le titre de duc, il y avait naturellement hostilité entre eux. Quels que fussent d'ailleurs les projets et les sentiments de Régnier, il n'apporta aucune aide à Gérard et à Matfrid. Peut-être ne se souciait-il pas de faire le jeu de rivaux, peutêtre jugeait-il la partie trop inégale, et préférait-il se réserver pour des temps meilleui's +. Les deux comtes n'eurent ni la même prudence ni la même patience que lui.
L'attaque de Gérard et de Matfrid contre les Couradins fut-elle spontanée ou n'y furent-ils pas poussés plutôt par un ennemi implacable de ces derniers? Si Gebhard et son frère excitaient la jalousie des seigneurs lorrains et plus spécialement de Gérard et de Matfrid, ils avaient dans leur propre pays, dans la France orientale, des adversaires irréconciliables, les fils du comte ou duc Henri, tombé sous les murs de Paris en 886. Tandis que les Couradins avaient le centre de leur puissance sur les bords du Rhin et de la Lahu, leurs rivaux dominaient dans la vallée du Mein moyen 5, quoi([ue l'un des frères de Gebhard et de Conrad, Rodolphe, fût évèque de Wurzbourg. Les deux familles ne tardèrent pas à se disputer les armes à la main la prépondérance dans la Francia germaniipie. Une première bataille, livrée en 902, coûta la vie à deux des fils du comte Henri, Adalard et Henri, ainsi cpi'à un des Couradins, Eberhard. Adalbert, quoique vaincu, n'en contimui pas moins la lutte. De son château
1. Se reporter à ce que nous avons exposé plus h.iut, p. /(f)!, n. i.