‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 556 sur 764 · Sur la fin d'Adalbert, oir Dûmmler, t. III, pp. 54i · texte numérisé non relu

Sur la fin d'Adalbert, oir Dûmmler, t. III, pp. 54i

670 LE RÈGNE DE LOUIS l'eNFANT (yoo-gii).

les deux, raccompagnaient. Dans le courant d'octobre, à ce qu'il semble, car on le trouve le 19 et le 20 de ce mois à Metz, le jeune roi se rendit dans cette dernière ville '. Les deux comtes avaient été certainement cités à comparaître devant lui, niais il est vraisend)lable (|u'avertis par le sort d'Aclalbert, ils avaient pris la fuite. Le tribunal du roi les condamna à la proscription comme coii[)ai)les de rél)ellion contre l'aulorité royale et de haute trahison, et pron()n(;a la confiscation de leurs biens ^. Deux mois plus taiil, le 4 novembre ()o(), la y/Y/a Deidesheim, du pa</us Spirensis] (jui appartenait à Matfiid, ("ut donnée à Saint-t'yriaiiue de Neuhausen,

1. Rkginon, Chronicon Ç)o6, p. i^)i!, B. M. it)83 et iy8/i. Le premier de ces deux diplômes est, daté dans la co])ie que nous eu pussédous du i4 des calendes de septeml)re, mais, comme l'a démontré iMOulij.vcukk (lie;/. Kar., p. 734), septembre est une erreur du scribe qui a transcrit l'acte, et il faut lire novembre. Par ce diiilômc, Louis, sur le conseil des archevêques Haltoa et Radbjd, coiiilrme aux moines de Saint-Èvrs les biens dont la possession leur avait été reconnue ]iar les rois s'^s prédécjsseurs (B. 1762 et B. M. 1661), et en ])articulier par son père (diplôme perdu); il décide en outre qu'ils ne paieront à l'évèque que les redevances stipulées par le privilèqe (B. M. 16Ô1) de Charles le Gros (B. M. 1983, lî. If. F/:, t. IX, p. 371). (le diplôme a servi de modèle au faussaire qui a fabriqué un acte pour les chanoines de Toul, où Louis, sur l'intercession des archevèi]ues Hatlon et Kadbod ainsi que de l'évèque Ludelme, confirme auxdits chanoines leurs possessions et l'enouvelle l'échanye qu'ils ont conclu avec le comte JMaynetius, échanqe concernant des terres situées dans le p. Barrensis, etc. (B. M. ig8i, R. H. Fr., t. IX, p. 372). L'acte est censé avoir été rendu à Toul le i^'' septembre. A cette date, l'évèque Ludelme vivait encore, mais il était jiresque au terme de son existence, qui prit fin le 11 septembre. Les Ann. S. Benù/ni Div. doiment l'année et le jour (SS., t. \', p. 4o) ; Réginon, Chronicon (jn6, p. 102, ainsi (jue les Gestn epp. TulL, ch. 29 (SS., t. VIII, p. 63g) indiquent le jour, et disent en outre, comme les Mirncala S. Apri, ch. 20 (SS., \. IV, p. 5i(j), que Ludelme mourut dans la onzième année de son épiscopat. Les Miracula représentent son trépas connue une punition de sa conduite à l'éqanl des monastères ; il disposait de leurs biens à sa fantaisie comme s'ils lui appartenaien'. Les Gesta énumèrent les privilèges qu'il avait reçjus des rois Arrudf, Zwcntibold et Louis ; tous nous sont parvenus, sauf celui d'Arnulf ainsi cpi'un émanant de IjOuIs, le plus imjxjrtant de tous, car il accordait à l'évèciue, pour lui et pour ses successeurs, la direction de l'atelier monétaire de Toul, le toidieu, l'iuimuniti du comté et le marché de la ville.

Ludelme eut pour successeur Droqon, qui était de très noble naissance (Miracula S. Apri, ch. 3o, et Gesta epp. TulL, ch. 3i), SS., t. I\', p. Sig, et t. VIII, p. O39) ; un diplôme de Charles le Simple pour Droqon nous ai)prend (pic le prélat élail jiarent du roi (B. igSG), ce qui d'ailleurs n'imi)lique pas nécessairement (ju'il lut un Carolinqien. C'est à la fin de gofi probablement qu'il monta sur le sièqe de Toul (Rkgi.no.v, Chronicon 90G, p. i53). D'après les Miracula et les Gesta, les grands du royaume s'o])posèrenl, nous ignorons pour (juels motifs, à l'élévation de Drogon sur le siège de Toul. Le prélat dut recourir à la ruse, à la force même, et s'appuyer sur les citoyens de la ville pour prendre possession de son évèché ; pourtant, à la fin tout le inonde se rallia à lui. Les Gesta mcntioiment une donation faite à Drogon par Louis l'Enfant, mais le di])lôme dressé à cette occasion ne nous est pas parvenu. D'après le pèi'c Bk.noît Picakï, Histoire de Toul, pp. 2yy-3oo, si la noblesse avait été hostile à Drogon, c'était dans la crainte cpie celui-ci n'aidât Charles le Simple, son j)arent, à s'emparer de la Lorraine. Drogon aurait gagné le comte Gérard, gouverneur de Toul, cpù l'aurait introduit dans la ville. Cette histoire, de |)ure fantaisie, est reproduite par Calmet, t. I, col. 8:i(), et uième par IIici.Miii'.n \\'rrTE, Geneal. Unters., etc. (Jalirb. G. L. G., V» année. 2" livr., |). 38), ipii idi'nlilie ce Gérard avec le frère île Matfrid, oubliant (pi'à ce moment Gérard était déjii condamné.

Pendant sou séjour ji Mi-lz, Louis rendit un autre diplôme. Le ao, à l'abbaye Sainl- Arnoul, le roi, sur la prière du comte Régnier, confirma un échange conclu entre Liulard vassal de l'abbcsse (de Nivelles), Gisèle et l'évèiiue Etienne de Liège; Liulard cédait A l'abbaye de Lobbcs un mansc dans le Hainaut, et en retour recevait de l'évèipie, avec le conseiUement des moines de Lobbes, une chapidlc dans le même piii/us (U. M. ig84, l>i'vivii:ii, Recherches sur le llaiaaut ancien, p. 327).

2. RK(iiiNi)N, G!iro:iici>n goô, p. 1.^)2; cf. M. iM. 198;"» et 1991.

Page 1