CONDAMNATION DE GERARD ET DE MATFRID
abbaye d.i diocèse de Wonns ' ; le i8 janvier go8, l'évêque de Liège Etienne recevait de Louis l'abbaye d'Herl)itzheim ai diocèse de Metz, confisquée sur le comte Gérard, son cousin -.
Nous pensons que les deux comtes, soit qu'ils aient attendu la sentence du tribunal, soit plutôt qu'ils aient jugé plus prudent d^ faire défaut, cherchèrent un asile en France auprès de Charles le Simple. Il n'est plus dès lors question du comte Gérard '. Nous retrouverons plus tard Matfrid en Lorraine, lorsque Charles sera devenu le souverain de ce royaume ; du moins, le Matfrid qu'on voit figurer dans quelques diplômes de ce prince se confond très probablement avec l'ancien adversaire de Zwentibold et des Conradins +.
Louis quitta ensuite Metz et retourna en Allemagne en passant par l'Alsace. Il dut s'arrêter à Strasbourg pour réconcilier l'évêque de la ville avec les habitants î. Baltram était mort le 12 avril 90G, après un épiscopat qui avait duré environ dix-huit ans^. Il avait eu pour successeur Odbert, sur les origines duquel nous ne savons rien ; nous ignorons de même dans quelles conditions il monta sur le siège de Strasbourg 7. Peut-être avait-il été nommé directement par le roi, sans que le clergé ni le peuple fussent consultés. On s'expliquerait ainsi que la discorde eût éclaté entre le nouvel évêque et ses diocésains. Louis intervint et rétablit la paix.
Pendant le reste de son règne, le jeune roi ne reparut qu'une seule
2. B. M. 1991. WiTTicM, p. 70, se trom])e en faisant d'Herbilzheim Ebersheiin en Alsace. DûMMLER qui, dans la première é lilion de son travail, commettait la même erreur, l'a recliQée dans la deuxième, t. III, pp. 5o4 et 544- Leibniz, Ann. imp. occid., t. II, p. 216, et WiTTiCH, p. 71, croient que les Conradins se sont enrichis des dépouilles de leurs adversaires et ont pris leur place. Sïein, op. cit., p. 170, déclare ignorer si les Conradins se sont attribué une partie des domaines et des bénéfices que détenaient Gérard et Matfrid. De fait, les documents ne nous apprennent rien à cet égard.
3. Le diplôme du 18 jan.ier 908 (B. M. 1991) parle de « Gerardo quondam comité ». Comme le fait justement observer Kkûger, op. cit., p. 12 « quondam » peut tomber sur « Gerardo » ou sur « comité » ; dans le premier cas on traduirait « le feu comte Gérard «, dans le second « l'ex-comte Gérard ».