‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 572 sur 764 · CHARLES A-T-IL TOUTE LA LORRAINE ? LA FRISE · texte numérisé non relu

CHARLES A-T-IL TOUTE LA LORRAINE ? LA FRISE

encore en Lorraine, à Metz, que nous le retrouvons quatorze mois plus tard. Nous ne pouvons pas affirmer du reste qu'il ait séjourné dans le pays pendant ce long espace de temps.

Peut-être la troisième tentative de Conrad contre la Lorraine avait-elle déterminé Charles à revenir dans ce royaume. Conrad, en effet, malgré l'échec de ses deux premières campagnes, n'avait pas renoncé à s'emparer d'un^ays sur lequel il se croyait des droits. Ce serait en mars, sa présence étant signalée a Strasbourg le 12 de ce mois par un dipôme en faveur de l'abbaye de Murbach', qu'aurait eu lieu la dernière campagne de Conrad, tout aussi infructueuse que les précédentes^. Découragé par ce nouvel insuccès, le roi d'Allemagne ne revint plus a la charge. D'ailleurs, l'eût-il voulu, que les invasions des Hongrois, les luttes contre les ducs de Saxe et de Bavière et contre les prétendants à la dignité ducale en Souabe, ne lui en auraient pas laissé le loisir. Il ne semble pas d'ailleurs qu'une paix ait été conclue entre les deux souverains î.

Charles restait donc maître de la Lorraine. Il s'agit maintenant d'examiner s'il la possédait tout entière, au moins telle que l'avaient eue les deux fils d'Arnulf, et de rechercher quelle organisation il lui avait donnée.

Nous avons vu que le sort de la Frise était difficile à déterminer sous le règne de Zwentibold et de Louis l'Enfant : faisait-elle, ou non, partie de la Lorraine ? Nous ne pouvons nous prononcer ni dans un sens ni dans un autre. Ce qui est au contraire absolument sûr, c'est que l'autorité de Conrad fut tout d'abord reconnue dans ce pays ; un diplôme de ce prince, rendu le g juillet 914, en fait foi+. Nous n'avons pas, il est vrai, tiré les mêmes conclusions du diplôme de Louis le Germanique pour Utrecht du 18 mai 854> ; les dipômes de Zwentibold du 24 juin 896 pour la même église ne nous ont pas davantage paru être une preuve certaine qu'elle appartint au bâtard d'Arnulf^. Mais la situation n'était pas la même en 914 qu'en 854, ni qu'en 896. A ces deux dernières dates, Hunger et Odilbald avaient pu sans aucun inconvénient s'adresser en solliciteurs à des rois, dont l'un, Louis le Germanique, était le frère et l'allié de Lothaire I", souverain de Hunger, et l'autre, Zwentibold, le propre fils d'Arnulf, de qui dépendait peut-être Odilbald. En 914, au contraire, Conrad étant toujours l'ennemi de Charles, l'évêque d'Utrecht,^ Radbod, aurait en quelque sorte commis un crime de haute trahison à l'égard du roi de Lorraine, à supposer qu'il eût été sujet de ce prince.

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