B. M. 1913 cl
rK)0 LE RÈGNE DE CHARLES LE SIMPLE (.jii-(ja3).
s'il avait tlciikaiulé au roi d'AlkMiuujno un (lij)lùiuo J'inimunité, ne fût-ce ([ue pour les domaines de son évèché situés en (Jerinanie. En outre, il convient de reinart[uer que l'un des deux comtes qui intercèdent auprès de Coniad l'ii l':iveur d'Utrecht, Waldger, doit s'identifier avec le fils de (îernlt", (jui avait en Frise les /xii/i iVf/istnrlake, où se trouvait Utrecht, et de /Mke et hla^. Il ne peut donc y avoir aucun doute : la Frise et Utrecht dépendaient alors de Conrad'. ^
Mais cet état de choses ne devait pas durer. Le k) janvier (jiO, nous vovons en eflet Waldger et son frère Thierry assister au plaid tenu à Heristal par (]harles le Simple' ; ils s'étaient donc ralliés à ce prince, et ils lui restèrent fidèles jus(ju'au bout, car ils figurent parmi les grands (jui accompagnèrent (Iharles à Bonn en novembre 9^1+, et l'un des derniers diplômes du roi fut rendu le lâ juin 922 en faveur de Thierry s. Nous ne savons pas ce ([ni détermina les deux fils de (ierulf à changer de parti; peut-être la révolte d'Henri, duc de Saxe, en 910, empècha-t-elle (^.onrad de maintenir son autorité sur la Frise, avec laquelle les communications se trouvaient coupées. La soumission à Charles des deux comtes entraîna-t-elle celle de toute la Frise jusqu'à l'embouchure du Weser ? Probablement, k moins que le duc de Saxe ne se soit emparé de la partie orientale du pays. Nous avons dit que Waldger avait les pagi à'Instnrlake et de Lake et Ida ; du moins, on peut le supposer par les domaines qu'il y possédait, et par ce fait que son fils Radbod fut comte du premier de ces pagi^. C'est le pagus Kinneni ÇKennenierland) ciue son frère Thierry gouvernait, à ce qu'il semble?. L'influence et l'autorité des deux frères s'étendait-elle plus loin, sur les deux régions frisonnes situées entre le
1. Du moins Waldfjer avait eu dans le /)aijus Lake et Isln des bénéfices royaux ; son fils Radbod les posséda après lui (diplôme d'OUon !<"■ du 17 juillet y44, O'. 58, DD., t. I, p. i4o). Des actes d'Olton I" cl d'Otlon II pour UlreclU du 21 avril cjôS et du 6 juin 97.5 (O". io4 et 0". 107, DD., t. I, p. i4o, et t. II, p. 121), nous apprennent qu'Olton \^^ avait concédé à Waldger le tonlieu de Muiden. Un des fils de ^^'aldfJer, Radbod, fut comte du p. Instarlake, c'est ce ([ue nous apj)rend un di])lomc d'Otton II du G juin 1)75 (O". 107, DD., t. II, p. 121), pour l'église d'Utrecbt. Outre ce fils, Waldger en eut deux autres, Hatton, mentionné, ainsi que Radbod, par un acte d'Olton I''^ du 20 avril yrio, en faveur d'Utrecbt (M. O. 188, O'. 124, DD., t. I, p. ao6), et Poppon (diplôme rendu le u avril gyg pour Utrecht j)ar Otlon III, St. 1177, O"'. 3i2, DD., t. II, p. 738). Waldger aurait eu pour femme Alberade, si c'est lui ([ui fonda et dota l'abbaye Saiute-Vaubourg de Tiel, qui fut eu iot)6 pillée par les Normands (Alpekt, De diuersitate temporum, liv. I, cb. 8, SS., t. VI, p. 704). On peut se demander si Waldger n'était pas un parent de l'évèque d'I'lrecht; il intervient pour lui auprès de Conrad et il a un fils appelé Radljod, comme le prélat.
2. Voir WiTTic.H, p. 76, Stki.n pp. 228, a30, Dûmmi.kk, t. III, p. 087 et n. 3. Le Père Brabant, art. cité, p. 03, dit (jue la situation de la Frise ne se dessine pas nettement tout d'abord, mais (pie le pays retomba au jjouvoir de Charles après la mort de Conrad au plus lard.
4. J'dchiin Bunnense , Mon. Geriii. Con.s-tilutione.s et aciu pulilica imperatoriun et regain, t. 1, p. i.