‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 576 sur 764 · Mentionnée dans MuHLBAcnEii, Reg. Kar., pp · texte numérisé non relu

Mentionnée dans MuHLBAcnEii, Reg. Kar., pp

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choses ilev.'iit se inodilicr, [loul-ètio oncoro |)ar suite de la giiene que (lourud eut à soutenir contre Henri de Saxe. A l'époijue du traité de lionn (novembre ()2i), le Rliin servait de limite entre les Etats de Charles et d'Henri, puisque c'est dans un navire ancré au milieu du fleuve qu'eut lieu l'entrevue des deux souverains. Pour ce qui est de (-ologne, on trouve rarclieviMjne de cette ville au plaid tenu à Heristal le iq janvier (jiG'. Il est [»rol)al)le qu'à cette date, no'n seulement le parjus de Coloqne, mais les autres territoires ripiiaires de la rive gauche du Rhin avaient lait leur soumission a Charles le Simple.

Ce que nous avons dit relativement au traité de Bonn montre que VAval(/oioe et {)robal)lement aussi le Turinrhoioe n'appartenaient pas à ce prince. Il n'est pas sûr d'ailleurs qu'ils aient jamais été incorporés à la Lorraine^.

Plus au sud, le/>. Mec/i'nensis dépendait du roi de Lorraine, qui y avait installé comme comte un Bérenger, peut-être le même que le comte du p. Lo/nmensis gendre de Régnier'. Charles avait sans doute jugé nécessaire de mettre un homme sûr à la tête de ce par/us, qui se trouvait à la frontière d'Allemagne. Il était maître de Trêves et, par suite, du p. Bedensis. Nous ne possédons aucun renseignement sur le p. Blesensis.

. Arrivons enfin à l'Alsace, au sujet de laquelle on a beaucoup discuté. Nous avons vu que Charles était venu dans ce pays en février 912, et qu'il y avait rendu un diplôme en faveur d'Andlau. Nous avons parlé également des séjours que Conrad aurait faits à Strasbourg en mars 912 et en mars 918, séjours qui vraisemblablement se réduisent à un seul, se rapportant à l'année 918. Auquel des deux princes l'Alsace est-elle définitivement restée ? Les principaux arguments mis en avant pour démontrer que Conrad en est demeuré le maître sont les suivants 4. 1° LTn concile allemand réuni à Hohenaltheim examina l'afi'aire de Ricuin, usurpateur du siège de Strasbourg, qui, bien que régulièrement cité, n'avait pas comparu, et invita ce prélat a venir se justifier devant un autre concile,

2. Waiïz, Jahrbb. H. I., p. G3, n. i, douto avec raison (iiic les poiji ripiiaircs do la rive droite du Rhin aient appartenu à Cliarles, mais il a tort d'aflirnier (pie jadis ils avaient été rattachés à la Lorraine : rien n'est moins sur.

3. B. 1989. A ])ropos du pajus Mtujinensis, rappelons (pie la charte de Wiltrude du 28 octobre (jof), 2° année du rèrjne d'Arnulf, (pii mentionne Burchard comme comie de ce territoire, est l^rnvrc d'un faussaire. Beykh (Mli. UB., t. I, no i5i) l'avait donnée comme authenli pie, el Stein, op. cit., p. 220, l'accepte pour telle ; mais G(ERZ, Mli. Reg., l. I, p. 234, n» 8i5, la déclare fausse.

4. C'est dans Schckpflin, Als. ill., t. II, p. 2, ([ue se trouvent exposés les ar.pimenls en faveur de la thèse (pii attribue l'Alsace à Conrad. Les historiens postérieurs n'ont fait (pic les reproduire, sans y rien ajouter. Se rangent à celte ojiinion fin\(i:nKU, t. Il, p. 4()2, WiTTKiii, pp. 7C el 88, IliNïKLKN, ai't. cité (F. D. U., t. Ill, p. 330), Darestk, llis'oire de France, t. I, j). Soo, Stkin, op. cit., pp. 2;(3 et 2.^)i-2r)3, GiKSEiniKc.nr, op. cit., t. I, p. i(j3, Bkahant, arl. cité, p. (if), Waitz, Jdlirhh. //. /, p. 49, et /). \'(1., t. V, p|i. .^)7 el 03, Lu'PKiiT, Kteii;/ Htulitl f i<on Frnit/c/ric/i, \k 7, n. ;), Dt)MMLiCK, t. III, p. r)S7, n. 3, el p. 593, el MoNOi», De l' Dpposilion des races, etc., p. m.

CHARLES RESTE MAITRE DE l'aLSACE. ÔqS

que devait présider l'archevêque de Mayence'. — 2° Les Annales Augienses et à leur suite le continuateur de Réginon mentionnant en 917 une invasion hongroise, distinguent l'Alsace de la Lorraine^. — 3° En 916, Conrad aurait placé un duc à la tête de la Souabe et de l'Alsace réunies. — 4° En 920, Charles envahit l'Alsace ; il n'en était donc pas maître auparavant'. — 5° On voit un peu plus tard, après la captivité de Charles, Raoul, roi de France, et Wigeric, évèque de Metz, venir assiéger Saverne occupée par une garnison allemande +.

La plupart de ces raisons n'ont pas grande valeur, comme nous Talions montrer. La première même se retourne contre la thèse à l'appui de laquelle on prétend la faire servir. Si Conrad était redevenu maître de Strasbourg après que Ricuin eut usurpé le siège épiscopal de cette ville, il aurait tout simplement chassé l'intrus. Henri l'Oiseleur n'agit pas autrement en 926, lorsqu'il prit possession de Verdun, où Raoul avait essayé d'implanter une de ses créatures, le prêtre Hugues. Celui-ci fut expulsé sans qu'aucun synode eût été consultés. Ne pouvant employer la force, Conrad a recours à d'autres moyens : le diocèse de Strasbourg appartenant à la province ecclésiastique de Mayence, Conrad fait marcher l'archevêque de cette ville, et Ricuin est invité par ce dernier à comparaître devant le concile de Hoheaaltheim pour justifier sa conduite. A défaut des armes temporelles, on emploie contre l'usurpateur du siège de Strasbourg les spirituelles, sans aucun succès du reste. Ricuin ne comparut ni devant le concile de Hoheaaltheim, ni devant aucun autre, et il resta en possession de l'évêché de Strasbourg^. Rien ne prouve mieux que cette ville n'était pas soumise au roi d'Allemagne. — Le passage des Annales Aiigienses et du continuateur de Réginon, relatif à une invasion hongroise, montre que ces chroniqueurs considéraient l'Alsace comme ne se confondant pas avec la Lorraine, rien de plus, mais nullement que cette province ne fût pas soumise a Charles le Simple. — Il est faux qu'en 916 Conrad ait placé la Souabe et l'Alsace sous l'autorité d'un duc. La vérité est qu'Erchanger avait essayé, avec le secours de son frère Rerthold et de son neveu Liutfrid, de se faire reconnaître duc en Souabe ; mais c'était contre la volonté de Conrad, qui le fit décapiter ainsi que son frère et

1. Synodas altheimensis, ch '>.<;) {LL., t. II, p. SSg). Le pape Jean X avait écrit à Ricuin, pour lui ordonner cl com()araître devant le concile d'AIlheim ; sinon le prélat devrait venir à Rome (Syn. alth., ibid.).

2. Ann. Aug. 917 {SS., t. I, p. 68), Cont. Regin. 917, p. i55.

3. Cor<T. Regin. 928, p. 167 ; cf. Flodoard, Chronicon 920, éd. Lejeune, t. III, p. l\.

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