Flodoard, Chronicon 928, t. III, p
5. Flodoard, Chronicon 926, t. III, p. 33. Peut-être n'est-ce pas Henri lui-même, mais Barnoin qui expulsa Hugues de Verdun. Peu importe d'ailleurs ; ce qui mérite d'être relevé, c'est que sans autre forme de procès Hugues fut mis à la porle.
6. D'après Laguille, Histoire d'Alsace, t. I, pp. i3o et i3i, et Grandidier, Histoire de Striisbourg, t. II, pp. 284, 288-290, qui n'admettent pas (jue Conrad soit resté maître de l'Alsace, c'est parce que Ricuin, régulièrcmenl élu d'ailleurs, était un partisan de Charles, que Conrad et les évèques allemands lui cherchent ({uerelle ; ils croient que Ricuin se justifia auprès de Jean X, et que le pape le maintint dans son évèché.
royaume de lorraine. 38
HqA 'E règne de t:HARLES LE SIMIM.E (<jii-(ju3).
son neveu. Il n'est d'ailleurs pas question de l'Alsace, liurcliaid réussit où avait échoué Erchanger, mais il n'est dit nulle part (|u'il eut l'Alsace en son pouvoir'. — Le passage du continuateur de llécjinon relatant l'invasion de l'Alsace par Charles en 928 mériterait d'être pris en considération, si cet auteur était mieux informé, s'il ne commettait pas de grossières erreurs, chronolo(ji([ues et autres. Il a dénaturé le caractère de certains événements, du traité de Bonn en particulier, et brouillé l'ordre des faits ; on ne peut donc attacher à son témoignage (ju'une foi médiocre^. Charles a fait, non pas eu 928, mais en 920 probablement, une tentative contre l'Allemagne, il a pénétré dans le juK/iis de Worms, voilà ce que nous apprend Flodoard ; mais nous n'en savons pas davantage. — On ne saurait mettre en doute le siège de Saverne par Raoul et Wiyerlc. Mais l'occupation de Saverne par les Allemands h. cette date ne prouve rien pour l'époque du règne de Charles le Simple. Ce prince était alors prisonnier d'IIéribert à Péronne, la Lorraine n'avait plus de maître, et Henri avait très bien pu, sans manquer aux engagements qu'il avait [)ris à Bonn, faire occuper Saverne par ses soldats.
On le voit, les arguments produits en faveur de l'opinion que nous combattons ne tiennent pas debout, et l'un d'eux même va k l'encontre de celle-ci. Il nous reste maintenant à exposer les motifs pour lesquels nous croyons que l'Alsace demeura finalement sous la domination du roi de Lorraine.
Les événements qui se déroulent à Strasbourg dans le courant de 918 constituent une première preuve. Nous avons parlé des difficultés qu'Odbert avait eues avec ses diocésains au début de son pontificat ; l'intervention de Louis l'Enfant les apaisa'. La lutte reprit en 918 pour des motifs qui nous sont inconnus ; peut-être se rattachait-elle à celle de Conrad et de Charles le Simple, l'évêque ayant pris parti pour l'un des deux princes, les habitants de la ville ou tout au moins un certain nombre d'entre eux pour l'autre. Quoi qu'il en soit, Odbert, chassé de Strasbourg par le peuple, alla se réfugier à Redburg, dans les Vosges. Ses ennemis l'y poursuivirent, l'y assiégèrent, le prirent et le massacrèrent le 3o août 918'^. Odbert avait de gré ou de force, nous ne savons, reconnu l'autorité de (Charles le Simple. Des monnaies frappées à Strasbourg au nom de ce prince nous en fournissent la preuve. L^ne obole de Charles porte au revers : ARENTINA CIVITS, entre un O au-dessus et
1. Sur ces événemcnls, voir Mùiii.bacheh, Reij. Kar., pp. 749-7ÔO, et Dûsimleh, t. III, pp. 590, 594, 597, 611-612.
2. Hahdot, Remarques sur un passage de Hicher, p. 82, n. 2 {Méla/Kjes (Carolingiens, I. VII de la nibliothèque de la faculté des lettres de Lyon), t'ait très justenit'iU oliscrvor que le Go.nt. Reg. fourmille d'erreurs, et il est disposé à croire que quel([ues-unes d'entre elles ne sont pas involontaires.