‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 582 sur 764 · B. 19(18 et uf>ij · texte numérisé non relu

B. 19(18 et uf>ij

10. I^a I !•> indicliou correspond à 923, la 28" année du rèijne à 920, et la 32'' ileim s la réinléqration de (Iliarles dans ses droits, à 929. Ces chiIVres sont empruntés au Cartulaire (le l'ènéi-liè d'Arras, fo f)3 (Paris, Bibl. Nal., fonds latin, ms. n" 9930). Boi'çukt, /(. //. Fr., t. I.\, p. .')28, lu; donne qw l'indiction et l'année du rècjne avec le chilTrc XXIV.

LA CHANCELLERIE LORRAINE. LE TITRE RcX FranCOriim. 699

Lorraine. On s'explique ainsi qu'il soit souscrit au nom d'Hérivée et non pas à celui de l'archevêque de Trêves. A partir de 92 1 ou de la fin de 920 S ce dernier resta seul archichancelier pour la France comme pour la Lorraine. Charles s'était brouillé pour des motifs mal connus avec l'archevêque de Reims 2, jusqu'alors le plus dévoué de ses partisans, et lui avait retiré les fonctions d'archichancelier. Le premier diplôme français au bas duquel figure le nom de Roger est du 22 avril 921, pour l'abbaye Saint- Maur-des-Fossés 3 .

Quand nous parlons d'une chancellerie française et d'une chancellerie lorraine, nous nous servons de termes presque inexacts. Car, s'il existe deux archichanceliers, il n'y a pas deux groupes de notaires, les uns étant chargés de rédiger les diplômes pour la France, les autres travaillant uniquement pour la Lorraine. Ce sont les mêmes qui préparent indistinctement tous les actes, quel que soit le royaume auquel ils se rapportent, ou, pour préciser davantage, c'est toujours le même notaire, Hugues d'abord jusqu'au 12 avril 912+, puis Gauzlin, du i3 août 918 au 4 mars 922 inclusivement 5, et enfin, quand ce personnage fut devenu évêque de Toul, Haganon, qui conserva ses fonctions jusqu'à la fin du règne de Charles^. Nous devons pourtant signaler l'existence d'un autre notaire, Radbod, contemporain de Gauzlin, qui nous est connu par deux diplômes du 19 janvier 916 et du i3 juin 919?. Étant donné d'une part le fait que ces deux actes sont relatifs à la Lorraine, d'une autre le nom du notaire, celui-ci devait être Lorrain lui-même et avoir, dans l'intervalle compris entre le 19 janvier 916 et le i3 juin 919, fonctionné pour la Lorraine.

Charles, nous l'avons déjà dit, ajouta, du jour oii il fut devenu roi de Lorraine, une nouvelle indication chronologique à celles que portaient déjà ses diplômes. Elle était ainsi formulée : {Aiino)... largiore vero hereditate indeptà {N°). C'est de cette façon qu'il compte ses années de règne en Lorraine ^. Une autre addition très importante à signaler est celle qui concerne la suscription. Jusqu'à la fin de 911, Charles s'intitulait simplement rex. Depuis le 20 décembre 911, il prend le titre de rejc Francorum dans tous ses actes, français ou lorrains. Ainsi, dans l'opi-

1. Le diplôme du 20 janvier 920 pour l'abbaye française de Morienval (B. 1960) ne porle pas le contre-seing du notaire au nom de l'archichancelier, mais bien certainement, à cette date Hérivée occupait encore ses fonctions.

2. Comme nous le verrons en son temps, la prise par Hérivée d'un château qu'Erlebald, comte du p. Castricensis, avait usurpé sur l'éijlise de Reims, et la mort d'Erlebald ont pu irriter le roi contre l'archevêque et provoquer une rupture entre ces deux personnajes.

5. De B. 1941 à B. 1974, sauf les exceptions que nous allons signaler.

7. B. 1949 et B. 1962. Dans ce dernier, Radbod souscrit en son nom personnel ; l'acte est rédigé sous forme de jugement, et comme tel ne porte ni la souscription du roi, ni celle du chef de la chancellerie.

8. Les diplômes français portent cette indication aussi bien que ceux qui concernent la Lorraine.

6oO LE RÈGNE T)E CHARLES LE SIMPLE (911-9^3).

nioii (lu roi, le pays compris entre rivscaiit, la Meuse et Je Hliiii était par excellence la terre IVanipie, piiis([u'il avait attendu (ju'il en fût le maître pour s'appeler roi des Francs. Nous disions que tous les diplômes lorrains et français portaient cette dernière qualification ; la vérité est que, dans quelques-uns, (lliailes n'est traité que de rea:, comme avant l'acquisition de la Lorraine. (]itons«seulement ceux cjui sont relatifs à ce dernier royaume: 12 avril ()i2, pour Stavelot ; 11 juin 918, pour Saint-Mihiel ; lO janvier ()i 5, pour Echternach ; 26 août 916, pour Liège; iq janvier yiO, pour Priim ; un des actes du () janvier 921, pour Maroilles ; 4 mars 922, pour Toul". Nous ne parlons pas du diplôme pour Brogne, qui est faux^. Pourcfuoi dans ces actes est-on revenu à l'ancienne formule? On n'en sait rien, on ne voit k cette anomalie aucune raison. Au début de son règne en Lorraine, la suscription de Charles portait, après rex Franroriim, vir H/nstris ; mais cette dernière addition, qui manque d'ailleurs dans le diplôme du 20 janvier pour Toul 3, se trouve pour la dernière fois dans l'acte du 12 avril 912, en faveur de Stavelot +. (^liarles le Simple avait donc adopté la suscription de son illustre ancêtre (^harlemagne, celle du moins dont ce [)rince faisait usage pendant les premières années de son règne, avant qu'il eût conquis la Lombardie.

Si les diplômes de Charles le Simple ne contiennent pas le mot Lof/tarii regnarn, s'ils n'indiquent que d'une façon indirecte les années de règne de ce prince en Lorraine, par contre diverses chartes en faveur d'abbayes de ce royaume mentionnent expressément qu'elles ont été rendues en telle année du règne de Charles, in regno Lotharii : c'est le cas d'actes concernant Goi'ze, Saint-Mihiel et Saint-Maximin, qui appartiennent respectivement aux années 914, 918 et 9285. Dans une charte pour Saint-Evre, du 5 novembre 91 G, Francla remplace regniini Lotharii^ ; enfin la charte de saint Gérard pour son abbaye de Brogne, charte suspecte, il est vrai, est datée du 2 juin 919 et de la huitième année du règne de Charles très excellent roi des Francs?. Ajoutons que dans les actes privés rendus en Lorraine de 911 k 928, le point de départ des années de règne de Charles est toujours l'avènement de ce prince dans l'ancien royaume de Lothaire *.

1. B. 1939, 1940, MR. un., t. II, no 3i, B. 19AG, 1949, 1909, 1974.

5. Donation de Wigerio à son abbaye de Gorze {Histoire de Metz, t. III, preuves, p. 56); écliaiKje entre Dadon, évèqiie de Verdun, et Uacrin, moine de Saiut-!\liliiel, ilu 24 septembre 918 011919 (Cart'" de Saint-Mihiel, n° 27, p. 84); écluuKje de (îozl)ert avec l'abbaye Sainl-Maximin de juin 923 {MR. Uli., t. 1, n° i()3).

6. La restitution k l'abljaye Saint-Evre de Toul des dîmes de deux villig est datée du 5 novembre 91G, 4° année du n^([ue de Cliailes le Simple (!\I vdii.lon, Ann. O. S. R., t. III, p. G97, col. 2). Celle dernière indication ciironoloyii[ue c-orres])ond à 914 ou j\ 915.

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