‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 586 sur 764 · H. iy · texte numérisé non relu

H. iy

8. Huijues s'intitule « Hikjo dux Francoruui ([ratia Oninipotenlis Dei, necnon et demai^ eus )) dans une cliarle de mai y3y pour Sainl-Julicn de Tours (/{. //. Fr., t. IX, p. 722). Peut-être « deniarcus •) est-il un synonyme de « uiai-chio ».

g. Voir ci-dessus, p. 585 et n. :!.

10. C'est au cil. 11 des Miracula S. .Maccimini (SS., I. IV, pp. u3i-a3u), que Sigkhaho dit (jue le iiiDiiasti-n' eut puur ahUés les dues de Lorraine depuis Meinijand, et indique eu (|u<'llf atiiK'c il r(-(li(|i'ail soti travail.

FONCTIONS DE REGNIER. RICUIN. 6o3

fort bien pu se tromper. II a suffi pour cela que Giselbert, a qui Saint- Maximin échut après la mort de son père, ait été réellement duc de Lorraine, au moins depuis 928, et qu'un autre abbé laïc de ce monastère, Gebhard, ait eu la même dignité. Sigehard a sans doute généralisé et attribué à tous les abbés séculiers qui ont possédé Saint-Maximiu une qualité qui n'avait appartenu qu'à quelques-uns d'entre eux.

Assurément, la donation à Régnier par Charles le Simple d'une abbaye aussi importante que Saint-Maximin est l'indice que le comte jouissait d*un grand crédit'. Une autre preuve incontestable de sa faveur nous est fournie par les diplômes où il figure en qualité d'intercesseur; on en compte jusqu'à cinq. Mais remarquons que deux d'entre eux concernent l'évêché de Liège ^, c'est-à-dire celui où se trouvaient situés ses propres domaines et son ou ses comtés, et que les trois autres ont été rendus en faveur de Saint-Maximin, de Stavelot et d'Echternach 3, c'est-à-dire de trois monastères dont Régnier était l'abbé laïc. Par contre, il n'intervient ni pour Cambrai, ni pour Trêves, ni pour Saint-Mihiel, ni pour Toul, ni pour Andlau ; en un mot le sud et l'est de la Lorraine échappent à son influence. Celle-ci paraît donc restreinte à une région déterminée et, en dehors de cette région, aux abbayes qu'il détient. Comte de Hesbaye probablement, car on n'a pour cette époque, comme pour les précédentes, aucune certitude à cet égard+, peut-être aussi du p. Masau, abbé laïc de Saint-Maximin, d'Echternach, de Stavelot, de Saint-Servais 5 et, on peut le supposer, de Chèvremont^, Régnier avait, en qualité de margrave, sous sa domination la région de la Basse-Meuse, comprise entre ce fleuve et l'Escaut, jusqu'à la Frise exclusivement. Voilà tout ce que nous pouvons admettre, mais nous ne nous croyons pas autorisé par les documents à faire de Régnier un duc de Lorraine.

Après lui, le personnage le plus influent était incontestablement le comte Ricuin, dont nous avons parlé tout à l'heure, et qui avait déjà sous le règne de Zwentibold joui d'un certain crédit, comme le prouve son intercession auprès de ce pi'ince en faveur de Trêves 7. Par contre, il n'est pas une seule fois question de lui durant la domination de Louis

1. C'est en grande partie sur la possession de Saint-Maximin par Régnier et sur le texte de Sigehard que les historiens allemands modernes se fondent pour faire de Régnier un duc de Lorraine.

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