B. 1949, 19GO
II. R. II. Fr., t. IX, p. 521. liouQUKT place à lorl ce diplôme en 914; le 7 juillet 914 Radbod occupait encore le siège de Trêves. L'acte, étant contresiijnc au nom d'Hérivée, doit se placsr en 920 au plus tard, et la mentu)n de lioycr comme arclievè(pie de Tri-ves indi([ue d'autre part (pi'il n'est pas anl(''rieur à 91.').
i3. Nous n'avons aucun diplôme royal de cetle |)erio<le pour les f(jlises de C.oloyne et de Me z. On comprend (pie l'évùcpie d'LJlreclit, ([ui a\ ail tout d'aliord reconnu Conrad, n'ait ensuite olitenu île Cliarles le Simple ancime laveur. Nous avons parlé précédeuuuenl du privili-ije d'im:uunité (pi' lui octroya Conrad.
SÉJOURS DE CHARLES EN LORR^VINE (giS-giS). 607
paré l'ancienne abbaye '. Deux mois plus tard, nous trouvons Charles à Thionville ; Radbod, archevêque de Trêves, vint l'y prier d'accorder au clergé et au peuple de sa ville épiscopale le droit d'élire leur chef spirituel, conformément aux règles canoniques. Charles fît droit à la demande du prélat, qui avait repris, comme le prouve le diplôme rendu à cette occasion, sa charge d'archichancelier, et que de plus le roi avait élevé à la dignité d'archichapelain^. Cette dernière fonction avait été exercée par Herimann de Cologne sous le règne de Zwentibold; nous ignorons d'ailleurs s'il l'avait conservée a l'époque de Louis l'Enfant.
C'est pendant les cinq derniers mois de l'année 918 que se passèrent à Strasbourg les événements dont nous avons parlé plus haut ; meurtre d'Odbert, élévation successive sur le siège de cette ville, de Godefroy, neveu de Charles, et du Lorrain Ricuin. Nous ne savons pas si le roi se rendit lui-même en Alsace, mais l'on peut affirmer que Godefroy et Ricuin étaient ses créatures, et que, s'il ne les avait pas nommés lui-même, il avait soutenu leur candidature 3.
Aucun diplôme ne signale la présence de Charles en Lorraine dans le courant de 914, et il semble être resté en France jusqu'au mois de juillet 9i5+. C'est en août seulement qu'on le retrouve sur les bords de la Moselle. Radbod archevêque de Trêves et archichancelier du royaume de Lorraine était mort le 3o mars gi5 5. Nous ignorons si Charles respecta le privilège qu'il avait concédé au clergé et au peuple de la ville deux ans auparavant, les conditions dans lesquelles Roger succéda à Radbod nous étant tout à fait inconnues. Nous ne savons rien sur le passé de Roger, ni sur l'époque à laquelle il monta sur le siège de Trêves. Comme nous l'avons dit plus haut, sa nomination se place entre le 26 août 91 5 et le i" janvier 916^. Roger joignit, comme son prédécesseur, la dignité d'archichancelier pour la Lorraine à celle d'archevêque de Trêves, mais aucun document ne nous dit s'il fut en outre archichapelain. A partir de
1. B. 1940, R. H. Fr., t. IX, p. 617. Ce diplôme est la confirmation de celui rendu par Louis l'Enfant le 26 novembre go4 (B. M. 1970) qu'il rappelle expressément, et qu'il reproduit en grande partie.
2. B. 1941, MR. UB., t. I, n" 167. Par cet acte, Charles accorde au clerqé et au peuple de Trêves le droit d'élire leur archevêque parmi les enfants de l'église de Trêves. Us devront, s'il ne se trouve dans leur église personne qui soit digne de revêtir cette dignité, demander au roi l'autorisation de prendre ailleurs leur chef spirituel. Dans le cas oii les électeurs se diviseraient, le roi devrait approuver le choix fait par la partie la plus recommandable des clercs et des laies. On voit par là quel champ d'action restait ouvert à l'autorité royale, qui conservait toujours un moyen indirect de faire monter sur le siège de Trêves qui bon lui plaisait.
3. Se reporter à ce que nous avons dit précédemment, pp. Sgô-Sgô.
4. On n'a conservé de Charles le Simi)le que trois diplômes de l'année 914, deux du 19 juin rendus à Rueil, le troisième du 21 juin, daté de villa Collerja (B. 1942-1944)- Le i5 janvier giB, le roi se trouvait à Attigny. Ce jour-là, à la prière du comte Régnier, il confirma l'afTectalion que ce dernier avait faite à l'entretien des moines d'Echternach, de divers domaines appartenant à cette abbaye et situés sur la Moselle et en Toxandrie (MR. UB., t. H, n" 3i). On se rappelle que Régnier était abbé d'Echternach.