Se reporter à ce qui a été dit plus haut, p
2. L'alliance de Charles et d'Henri a été admise par Eckhart, Commentarii de rébus Francise orientulis, t. II, p. 843, Gfrœrek, t. II, pp. 4/^-478, Henri .Martin, Histoire de France, t. II, p. 5o5, Lœher, Kœnig Konrad I und Ilerzog Heinrich von Sac/isen (^Abhandlungen der liistoriscken Klasse der buijerischen Akademie der Wissenschajten, t. VIII, pp. 576-577 et 6o4), Zeller, Histoire d'Allemagne, t. II, p. 221. GrRŒREii et Martin croient même que Charles alla lui-même ou envoya une armée lorraine débloquer Grona, oîi Henri était assiéqé par Conrad. Leib.mz, Ann. imp. occ, t. II, pp. 276, 291, et Kalckstein, op. cit., p. i44, n- 3, rejettent tous deux l'alliance du roi de Lorraine et du duc de Saxe; Wittk.ii, Hicher, etc. (F. D. G., t. III, pp. i34 et suiv.), Stein, op. cit., pp. 241-242, et Waitz, Jahrbb. H. /., p. 27, ne se prononcent pas d'une façon caté(jorique.
3. RicHER, Historite, liv. I, ch. \t\, 20-24, pp. 12 et 16-20. Gfrœrer et Lœher croient qu'Henri a reconnu Charles pour souverain. Wittich rejette l'opinion de Lœher, il admet seulement (p. i4o), et Steln avec lui (p. 241), <pie le duc de Saxe a rendu hommaye à Cliarles pour les domaines qu'il possédait en Lorraine, rien de plus.
4. B. 1946, Curtulnire de Sain'-Lainbert, t. I, n" 10. Il est dit dans l'acte «pie la Ibrèt dépendait autrefois de la villa royale de Theux, et que Zwenlihold l'avait conservée en donnant Theux à l'éiflise de Lièqe (B. M. 1927). Comme nous l'avons déjà relevé, c'est ce diplôme ijui nous l'ait connaître la parenté du roi et d'Etienne, évôipie de Liè(je. On peut avec beaucoup de vraisemblance placer à ce moment un diplôme non daté |)our l'église de Liège ; du moins le lait (jue Ilégnier et Robert y figurent comme intercesseurs, ainsi ([ue dans B. 1946, le donne à supposer. Par cet acte, renilu !\ la prière de Régnier et de Robert, comtes et démarques, et d'un autre Robert, le roi concède à l'église de Liège avec le consentement et sur la demande du comte Windric (W'igeric) l'abbaye d'Hastières sur la Meuse, dans le p. Lotnacciisis, k condition ipie W'igeric, sa lemuie Cunégonde et son lils Ailalbéron, neveu du roi, conservent leur vie durant la jouissance d'Hastières et d'une autre abbaye, situés dans le p. Heiiis, dépcudjinl d'Elienne, évùque de Liège, qui cousent il'ailleurs à celle IransaL-liou (CUirtutui/r de Saint-Liinibert, t. I, 11» ii).
MORT DE RADBOD ET DE REGNIER (giâ). 609
Tournus'; enfin, le 24 novembre, il est revenu vers le nord à Tliionville, où il confirme aux moines de Saint-Mihiel la jouissance d'une partie des biens de l'abbaje que leur avait jadis donnée Lothaire P"" ; les comtes Ricuin et Erlebald, l'abbé de Saint-Mihiel Rodolphe, figurent comme intercesseurs^. La présence autour du roi des premiers personnages de France et de Lorraine, de Robert, de Richard, de Régnier, de Ricuin, d'Erlebald', serait peut-être le seul indice que le roi eût fait ou préparé une diversion en faveur du duc de Saxe et obligé le roi d'Allemagne à lever le siège de Grona+. Mais, s'il n'est pas certain que Charles se soit directement mêlé à la querelle de Conrad et d'Henri, nous admettons sans peine qu'il en a profité, et que de ce moment date la soumission de la Frise et peut-être d'autres territoires lorrains sur lesquels Conrad avait maintenu son autorité. La lutte qui affaiblissait le roi de Germanie ne pouvait que fortifier Charles et consolider sa domination en Lorraine. Charles en tirait parti tout naturellement, sans avoir besoin de s'v mêler.
L'année 91 5, qui avait vu la mort de Radbod, allait, avant de se terminer, en voir une autr<^, dont les conséquences furent importantes pour la Lorraine et pour Charles le Simple. Le 26 août, Régnier intervenait encore dans un diplôme pour Liège 5 ; quelques mois plus tard il avait cessé de vivre. Aucun document ne nous fait connaître le jour ni le mois de son décès. Celui-ci est antérieur au 19 janvier 916^, car on ne trouve pas Régnier parmi les grands qui prennent part à l'assemblée d'Heristal ; seuls ses deux fils y assistent. Mais les catalogues des abbés d'Echternach nous permettent de préciser davantage. Ils font mourir Régnier après un abbatiat de dix-neuf ans, qui aurait duré de la troisième année du règne de Zwentibold jusqu'à la quatrième de celui de Charles? ; or, la troisième année de Zwentibold commence à la fin de mai 897 et la quatrième de Charles se termine en novembre 916 à peu près. Ce serait donc
2. B. 1948, R. H. Fi\, t. IX, p. 525). Ce diplôme reproduit très probablement le texte d'un acte perdu de Lothaire I^'", qu'il ne fait que confirmer. Il est rédigé en efl'ct dans les mêmes termes que le privilège de Charles le Chauve du 24 juin 877 (B. 1816}, qui se réfère, lui aussi, au diplôme de Lothaire l^''.
3. Robert et Régnier sont nommés par B. 194O, Robert et Richard par B. 1947, Erlebald et Ricuin par B. 1948.
4. Voir ci-dessus les noms des auteurs qui croient à cette diversion.
7. Catalogi abbatum Epternacensium I et II, SS.-, t. XIII, pp. 789 et 741, t. XXIII, pp. 32 et 33). Nous avons adopté le calcul du Père Brabant, art. cité, p. 66 et n. i. Wittich, Die Entstehuriff des Hers. Lotli., p. 89, n. 6, et Kalckstein, op. cit., p. i43, placent la mort de Régnier entre le 26 août 916 et le 16 janvier 916. Calmet, t. I, col. 834, et EarvsT, art. cité, p. 428, ne font mourir le comte ({u'en 916, et le second ajoute (p. 482) que l'événement est postérieur au 18 (sic) janvier de cette année. Giselbert n'est mentionné en ellet qu'après deux comtes parmi les grands qui assistèrent au plaid tenu ce jour-là ; il aurait été nommé le premier, s'il avait élé alors duc de Lorraine ; Régnier occupait donc encore cette dignité. — Ces arguments n'ont aucune valeur j)Our nous, qui croyont, que Régnier n'était pas duc de Lorraine et que son fils ne le devint que vers 928.
ROYAUME DE LORRAI.NE. Sg
ClO LE RÈGNE DE CHARLES LE SIMPLE (ijii-yaS).
ilaiis le i-ourniit de ce dernier mois au plus tard, niais après le 20 août cependant, (jue Récjnier aurait ([uitt6 ce inonde. l)'a[)rès Hiclier, le margrave serait mort ii Meerssen et (lluirles aurait assisté h ses funérailles'. Nous ne pouvons ni alïirmer ni contester l'exactitude de ces deux assertions.
Il est inutile, après ce que nous avons dit précédemment, de revenir sur la situation et sur les domaines de Régnier. Les historiens modernes se sont livrés sur le compte de ce personnage aux appréciations les plus fantaisistes. Un des plus récents s'exprime ainsi : « 11 était un vrai Lorrain, courageux, entreprenant, mais aussi rasé, sans conscience, faisant des alliances qu'il rompait au gré de ses intérêts '. » Ne dirait-on pas vraiment, à entendre M. Favre, d'ordinaire plus sérieux, que le manque de scrupules et de bonne foi était l'apanage des Lorrains ? Il nous semble ce[)endant que ni Baudoin de Flandre, ni Héribert de Vermandois, qui traliirent Charles, le premier on 8()5, le second en 928, n'étaient Lorrains. Il serait temps d'en finir avec des jugements du genre de celui que nous venons de rapporter, et qui ont pour fondement unique quelques lignes d'écrivains aussi décriés que Richer et Widukind. La conduite de Régnier en 895 n'est pas exempte de tout blâme, mais il ne faut pas oublier qu'il était d'abord et avant tout le fidèle de Zwentibold. Quant aux événements de 898, nous ne pouvons les apprécier en connaissance de cause, ni dire qui eut tort, du roi ou de Régnier. Celui-ci paraît avoir servi fidèlement Louis l'Enfant d'abord, puis Charles le Simple. Nous ne croyons pas qu'il ait, quelques mois avant la mort de Louis, retiré son obéissance à ce prince pour la porter à Charles. Et une fois le jeune fils d'Arnulf décédé, Régnier et les Lorrains avaient le droit, on pourrait presque dire le devoir, de reconnaître pour souverain Charles, héritier légitime de son cousin. Régnier a pu être ambitieux, désirer augmenter ses domaines, ses dignités, sa puissance ; mais tous, souverains ou seigneurs, étaient animés des mêmes convoitises. En définitive , on a à signaler dans l'existence de Régnier bien moins d'actes de violence ou de mauvaise foi ' que dans celle de beaucoup de ses contemporains ; il eut d'autre part le mérite de défendre le pays contre les Normands ; on peut donc lui donner une place honorable parmi les Lorrains des ix^ et x*^ siècles.
Nous n'avons pas encore parlé du sohri({uet qu'on accole d'habitude à son nom; mais on peut douter qu'il l'ait réellement reçu, car aucun écrivain contemporain ne le lui donne. Richer+, Folcuin >, Dudon*',