‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 594 sur 764 · Flodoard, (Ui onicon 924, t. III, p · texte numérisé non relu

Flodoard, (Ui onicon 924, t. III, p

5. SiGEHARD, Miracula S. Maximini, ch. ii-iO {SS., t. IV, pp. 232-233); chartes de Sainl-Maximin de 92G et de 929 {MR. UB., t. I, n"* i65, 167 et 170). Remarquons pourtant que dans l'échanije conchi en juin 928 entre Saint-Maximin et Gozbert, il n'est pas question de Giselbert. Ou pourrait donc se demander si le fils de Réqnier avait eu cette abbaye après la mort de son père ; peut-être l'avait-il j)erdue à la suite de sa révolte contre Charles le Simple.

6. Les deux Catalogi (ihh. Ëplci-n. ne font commencer l'abbaliat de Giselbert, le premier qu'en 924, le second qu'a])rès celui de Berengaud, ([ui aurait duré de 910 à 928; seulement ils se trompent urossièrement en disant (pie tii>elberl conserva Echlernach 28 ans (i'"' cataIo([ue) ou 24 ans (2" cataloque) [SS., t. XIII, pp. 789 et 741, t. XXIII, pp. 82-33]. Quelle était au juste la situation de Hereuqaud ? Lui-même se (pialifie de (( reclor » de l'abbaye dans une donation (pi'il fait à celle-ci {Lib. aiir. Ept. de Golha, f" 89 recto) et qui est datée de la 8" année du rèqne d'Henri ; deux chartes, l'une de IJuovon, l'autre d'Humber.', rendues éijalement pendant le rèijne de ce ])riuce, ne mentionnent pas l'abbé. On remarque la même omission dans celle de lîeretriuh', de \\'inimann et de IJruotberl, (pii appar ieunenl aux rèqnes d'.\rnulf et de Louis l'Enfant (.)//{. UB., t, II, n" 3o, Lib. aur. Ept. de Golha, i^^ qq verso et gCt).

7. Séries abbatnm Stabulennium (SS., I. XllI, ]i. 293); chartes de Stavelot de ()\^i ('.') à fj8(J(?)[RiTZ, iV/i. UB., n"' 10, 12, i4, 21, et Martèxk, Amp. Coll., t. II, col. 4i'j. Une de ces chartes, donation et ])récaire de Gérard et de sa femme Freduide, est ainsi datée : (( suh die XVIII kal. maii, anno IIII reqni Karoli qloriosi re(jis »; cela ferait le i4 avril 915, or, à cette date, Récjnier vivait encore, .\vait-il cédé celte abbaye i\ son lils aîné avant de mourir, ou y a-t-il une erreur dans le clnifre des années de rèijne? Il est diflicile de se prononcer ; remarquons (pie nous n'avons pas rori(|inal de ce docuinenL

8. M. 19^2 et i(j04. Gharlcs restitua, en 919, Sainl-Servais jl l'éqlise de Trêves, ooninie en ténioi(jnent ces deux di|>l(iin('s, mais Giselbert se lit céder à nouveau l'abbaye par l'ai-cbevêquc R()(|er en 928 (,l//^ /'/.'., I. I, n" iCnj). Cf. Joco.mu:, TriinslaHo S. Semitii, ch. 40-42 (SS., l. XII, p. lof.).

GISELBERT, FILS ET SUCCESSEUR DE REGNIER, 6l3

et de Chèvreinoiit ' ; on le trouve aussi en possession de divers domaines : Harburc, Angleur, Jupille, Heristal, Clummen, Herten, Meerssen et Lith, qui faisaient partie des /ja^/ de Liège ou de Masau^. Sigard avait toujours le premier de ces territoires 3, mais Giselbert hérita vraisemblablement de l'autre, si son père en avait été comte, ainsi que de. la Hesbaye +. Eut-il en outre le titre et les fonctions de margrave ? Riclier dit que Charles accorda à Giselbert les honneurs de son père>, mais nous n'attachons à son témoignage qu'une valeur médiocre. Il est a remarquer que Giselbert n'est traité de marchio dans aucun des actes qui furent rendus §ous le règne de Charles le Simple ; le seul qui lui donne cette qualité, appartient, nous le verrons un peu plus loin, à l'époque où Henri l'Oiseleur gouvernait la Lorraine.

N'ayant pas admis que Régnier eut été duc de Lorraine, nous ne croyons pas davantage que son fils ait tout de suite possédé cette charge. Le diplôme par lequel Charles restitue à Prûm l'abbaye de Siisteren, contient l'énumération des grands qui ont décidé cette restitution ^. Giselbei't y figure sans aucun titre, mais s'il avait été duc, il serait nommé le premier; or, il ne vient qu'après Wigeric, comte du palais, et le comte Ricuin. Ce document nous paraît absolument décisif, étant donné qu'il est postérieur à la mort de Régnier. Nous ne croyons pas d'ailleurs que Gis;dbert soit devenu régulièrement duc de Lorraine avant le règne d'Henri l'Oiseleur ; ce fut ce prince qui l'éleva a cette dignité, en même temps ou un peu avant qu'il lui donnât sa fille en mariage 7. Auparavant, il avait essayé de l'usurper, ses révoltes contre Charles le Simple en font fol ; peut-être même visait-il plus haut. Mais certainement Charles ne l'a pas institué duc de Lorraine.

L'examen des diplômes royaux, des chartes et des chroniqueurs contemporains nous amène aux conclusions que nous venons de formuler.

Page 1