CHAPITRE II
pRKMltuE RKVOl.TK I>K ClISKI-BEKT («JUj'/). FaVEUR o'HaGANON ; SOULEVEMENT DE
Robert, krère nu roi Eudes et des seigneurs français (920). — Deuxième
RÉVOLTE DE CîlSELBERT, SOUTENU PAR HeNRI l'OiSELEUR (<)20) J AFFAIRE DE l'ÉVI';-
CHÉ DE Liège (920-922). — Campagnes de Charles contre Henri (9^0-921); traité de Bonn (921). — Nouvelle brouille de Charles avec Giselbert (921) ET AVEC Robert (922), qui est élu roi par les seigneurs français (922). — Bataille de Soissons (923). — Charles est fait prisonnier par Héribert de V^ermandois (928). — Jugement sur le règne de Charles en Lorraine.
L'année g 19 allait ramener en Lorraine Charles le Simple. Les événements qui se passaient soit dans ce royaume, soit en Allemagne, le rappelaient entre la Meuse et le Rhin. Parlons d'abord de ces derniers.
Le 28 décembre 918 Conrad était mort ', jeune encore, il n'avait peutêtre pas quarante ans, mais épuisé et découragé par des luttes incessantes et sans succès contre Charles d'abord, puis contre les ducs de Saxe, de Ravière et de Souabe. Malgré son courage et son activité, il n'avait pu réduire ses ennemis ; ils étaient trop nombreux et la besogne dépassait ses foi'ces. Les Francs de l'Est, tout dévoués a sa cause, car ils comprenaient que c'était la leur propre, ne lui avaient pas marchandé leur concours, mais ils avaient succombé à une tâche trop lourde pour eux, La dernière heure de leur suprématie en Allemagne venait de sonner. La nation franque, au temps où elle formait un tout compact, avait possédé assez de vitalité et d'énergie pour fonder et gouverner un grand Etat. Mais elle avait été démembrée en même temps que l'empire carolingien, et ses fractions se trouvaient impuissantes à maintenir leur suprématie sur les royaumes (ju'avait fait naître le traité de Verdun. Ainsi, le partage néfaste de 843 continuait de porter ses fruits.
(Quoique Conrad, qui n'avait pas de fils, laissât un frère, Eberhard, il eut l'abnégation de sacrifier les intérêts de sa famille k ceux du royaume, et il désigna pour son successeur, ou du moins il invita les grands qui l'entouraient à choisir pour souverain le principal de ses adversaires, Henri, duc de Saxe ^. Ce personnage était fils d'Otton et frère d'Oda, qui avait successivement épousé Zwentibold et le comte Cérard. Malgré la désignation faite par Conrad, il s'écoula environ quatre mois avant
1. \'()ir les loxles dans .Ml'hluvciikh, /?('//. Kai-., i>|). 757, 7ri8.
2. Sur le rc(|iie de (lourad cuiisiillcr Stki.n, K(vni(j Konnid I, \\\i. aoO cl suiv., .Mi'iii.- DACiiEU, li.'ij. Kur., pp. 7/i;{-758, DCmmleh, I. 111, pp. iJ7/i-Cao.