‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 611 sur 764 · Flodoahi), Chronicon 922, t. III, p · texte numérisé non relu

Flodoahi), Chronicon 922, t. III, p

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son l'avori, le relus ((u'il opposei-a aux (jr;uul.s de renvoyer celui-ci, la guerre qu'il supportera plutôt (jue de s'en séparer, témoignent hautement de l'afTection proCoiide tpie Charles avait pour cet homme de petite condition, dont le crédit oll'us(pi;iit les seijjncnis. Plusieurs historiens modernes ont cru tpi'llaganon avait été un nùnistre énergique, qui aurait essayé de mater les grands et île restaurer l'autorité royale". Sans nier ahsolumcnt la chose, nous devons déclarer ([ue les documents ne disent rien de pareil, (le (pii mécontente les grands, c'est de voir un homme de basse naissance devenir leur égal, marcher de pair avec cu.v; et jouir d'un crédit plus grand que celui (pi'ils possî'dent*. Si l'on se rappelle les reproches qu'adresse Régi non à Zwentibold, coupable de préférer les conseils de gens de petite condition ;i ceux des nobles 3, on ne peut qu'être frappé de l'esprit de caste cpii anime déjii les grands.

La seule chose que l'on puisse affirmer sur le cai'actère d'Haganon, c'est que le personnage devait être avide et intéressé, c'est qu'il exploitait la faveur que lui accordait le roi, soit en se faisant concéder par celui-ci des terres et des abbayes, soit en obligeant les solliciteurs qui s'adressaient à lui de rémunérer ses bons offices. Les trésors que, d'après Flodoard, Haganon avait amassés, n'ont probablement pas d'autre origine +.

Y avait-il eu, avant 920, comme l'avance Richer, une démarche faite auprès de Charles par les grands de la France, qui l'auraient prié de renvoyer Haganon 5 ? Flodoard n'en dit rien. En tout cas, c'est à Soissons, au début de 920, que se produisit la rupture dans des conditions que nous connaissons mal, le récit de Richer ne méritant qu'une confiance médiocre. Le roi avait convoqué à Soissons, pour le mois de janvier, une assemblée des grands de la France. Le conflit ne se produisit pas tout de suite, car on trouve Robei't margrave de Neustrie, qui va devenir le principal chef de la révolte, intercesseur dans un diplôme pour l'abbaye de Morienval, rendu le 20 janvier 920*. Haganon commit-il quelque insolence à l'égard de Robert lui-même ou de l'un des seigneurs ? Charles lui donna-t-il une marque nouvelle de sa faveur, et ce au détriment de l'un de ceux-ci ? Nous ne savons. Toujours est-il que, pour un motif ou pour un autre, le mécontentement des grands finit par éclater : ils sommèrent le roi de renvoyer Haganon. Charles s'y étant refusé, ils l'abandonnèrent. Seul, l'archevêque de Reims, son archichanceliei- pour le royaume de France, lui resta fidèle. Prenant le loi avec

1. Voir Hk.vri Mmiti.n, Histoire de France, t. H, p. So'), et Mol'hi.n, Les Comtes de Paris, pp. 118 et siiiv.

2. Flodoard, Chro/iicun yao, t. III, p. 3, et JI. /{. K., liv. IV, cli. 1.'), t. Il, p. î^i\ ; cf. KiciiKR, Ilisloriie, liv. I, ch. if», i(i et ai, pp. la, i3 cl 16-17, FoLi:ui.\, Geslii tib/i. Sith., ch. (j(j, Afin. S. Quint. Veroni. 920, Ekkkiiaud u'.Vura, (!/ironicun (SS., t. Xill, p. G25, t. X.VI, p. r>o-], et t. VI, p. 181).

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